On peut trouver d'autres renseignements sur la Congrégation générale sur le site officiel de la Compagnie de Jésus (Rome) : www.sjweb.info/35 |
Congrégation générale des jésuites
Un nouveau supérieur général élu en janvier 2008
Un événement majeur dans la vie de la Compagnie de Jésus : des représentants des jésuites de toutes les parties du monde se réunissent à Rome de janvier à mars 2008
- Pour élire un nouveau supérieur, en remplacement du P. Peter-Hans Kolvenbach, qui démissionne1
- Pour tracer des voies d'orientation pour la Companie et ses jésuites pour les années à venir.
Il y a plusieurs moyens de se tenir au courant des nouvelles de la Congrégation.
Les communiqués officiels de la Curie, à Rome, sont disponibles sur le site du Bureau de presse de la Compagnie, à Rome. Voir www.sjweb.info . Certains de ces communiqués sont repris ci-dessous.
Le site de la Province de France donne de l'information en français ; voir le www.jesuites.com
Le site de la Compagnie, www.sjweb.info , offre toutes sortes de renseignements. À partir du lundi 20 (après l'élection du nouveau Supérieur général prévue pour le samedi 19), l'équipe de José de Vera, Pierre Bélanger et Daniel Villanueva, offrira sur ce site non seulement de l'info, mais de la communication interactive !
En anglais, on pourra entre autres sites consulter :
Dossier de presse, photos et liens, à www.sjweb.info/35/index.cfm
The Jesuit Conference (les jésuites des États-Unis) offer bon nombre de documents sur son site : www.jesuit.org/AboutJesuitConference/gc35/default.aspx. On y trouve 6 sections: nouvelles, photos, entrevues dans des délégués et des responsables jésuites, une chronographie de la Congrégation à Rome, des questions souvent posées et des liens.
www.creighton.edu/CollaborativeMinistry/GC35/. L'université Creighton présente bien ce qu'est une Congrégation générale, sa preparation, ses étapes. Le site inclut un blogue et des photos en provenance de Rome.
Le P. Tom Rochford, SJ, Secrétaire de la Compagnie de Jésus pour les communications, à Rome, anime aussi un « weblog » à l'adresse www.sjweb.info/jescom/romeblog.cfm .
Le P.Don Doll, SJ, photographe professionnel connu (de l'Université Creighton) affichera régulièrement ses photos de la Congrégation sur son propre site: magis.creighton.edu/. Sur la page d'accueil, on clique sur "The View From Rome" pour voir les diaporamas et entendre des clips audio.
Enfin, un article publié en 1994 par le P. John Padberg, SJ, spécialiste de l'histoire des jésuites, offer un regard general sur l'histoire des Congrégations générales. On peut lire cet article, présenté par le magazine jésuite COMPANY, à www.companymagazine.org/GC35/ .
Photos de la Congrégation
La vie des délégués
Dans cette section, on pourra jeter un oil (photos) et goûter au climat (texte) dans lequel travaille les membres de la Congrégation, en particulier notre Provincial Daniel LeBlond et notre délégué Jean-Marc Biron.
L'eucharistie
Si le travail de la Congrégation est intense et souvent aride - travail en groupe sur des thèmes spécifiques en vue de déterminer s'il faut préparer un décret pour la Compagnie universelle - des aspect humains et spirituels compensent ce contexte quelque peu académique et ajoutent de l'humanité.
Ainsi, l'eucharistie est habituellement célébrée par groupes linguistiques, à la fin de la journée de travail, à 18h30. Voici quelques images de la messe du groupe francophone, dans une très belle chapelle récemment rénovée de la Maison Canisius (là où est située l'infirmerie et où logent les jésuites qui travaillent à Radio Vatican).
Merci, encore une fois, de vous unir à la prière de nos délégués.
(Un reportage de Pierre Bélanger, SJ)
Les groupes de travail
Durant la 2e phase de la Congrégation générale, les délégués doivent discuter un certain nombre de thèmes importants pour l'avenir de la Compagnie de Jésus, pour l'avenir de ses services aux hommes et aux femmes de notre temps, pour l'avenir du service qu'elle veut rendre à l'Église aussi.
Comme les membres de la Congrégation sont plus de 220, il est normal que des groupes de travail soient créés pour faire l'analyse préliminaire des différents thèmes. Sur le site de la Compagnie
( www.sjweb.info/35 ) apparaissent au jour le jour les thèmes qui sont traités en assemblée plénière, dans l'aula . Pourtant, une bonne partie des heures de travail est fait dans des petits groupes linguistiques.
Ces jours-ci (ce reportage est écrit le lundi 28 janvier), Daniel LeBLond travaille dans un groupe francophone sur la COMMUNICATION. Sur la photo on retrouve: John Dardis, Provincial d'Irlande, qui préside le comité, Albert Longchamp, Provincial de Suisse, Daniel LeBlond, Tomasz Kot, de Pologne et Federico Lombardi, d'Italie, bien connu comme responsable de la salle de Presse du Vatican, comme directeur de Radio-Vatican et de la télévision vaticane.
Jean-Marc Biron, quant à lui, travaille dans un groupe anglophone sur les questions de MIGRATIONS; son expérience dans ce domaine au Centre justice et foi peut ainsi être mise à contribution. La majorité des membres de son atelier sont des jésuites indiens (on se souviendra que c'est en Inde que vit le groupe national de jésuites le plus nombreux).
On a ajouté une photo du reporter, au travail au bureau de JESCOM; son compagnon de travail est Daniel Villanueva, jésuite espagnol.
(Un reportage de Pierre Bélanger, SJ)
Notre délégué à Rome : JEAN-MARC BIRON
Le délégué élu par la Province du Canada français et d'Haïti, Jean-Marc Biron, a sa chambre à la Curie générale de la Compagnie, rue Borgo Santo Spirito, à deux pas de la Place Saint-Pierre. [Sur la photo 1 : Jean-Marc, à la porte de la curie, avec notre correspondant à la Congrégation, Pierre Bélanger.]
C'est évidemment très commode puisque les sessions de travail de la Congrégation, aussi bien en plénière qu'en ateliers, ont toutes lieu dans cet édifice. Moins de la moitié des membres de la Congrégation demeurent à la Curie, les autres ayant élu domicile dans les diverses maisons jésuites de Rome : la résidence Canisius (adjacente à la Curie), la résidence du Gesù, le Bellarmino (un scolasticat), et l'Université Grégorienne (là où est logé notre Provincial Daniel LeBLond). Quelques chambres ont aussi été réservées dans des pensions qui accueillent des pèlerins.
Le travail comme tel des délégués se divise en deux parties : les sessions communes dans l' aula, la salle des délibérations (photo 2), et le travail en comités, commissions ou ateliers qui font le travail préliminaire à la rédaction de documents qui seront discutés en plénière (photo 3). Pour certains sujets majeurs, on fait des réunions selon les divisions géographiques de la Compagnie (les « Assistances »). Une partie du travail se fait de manière informelle, dans des rencontres avec les délégués de divers pays qu'on apprend à connaître au long des jours (photo 4).
Il faut aussi du temps pour réfléchir, pour se préparer aux échanges. Ainsi, de temps à autre, on donne quelques heures aux délégués pour qu'ils lisent des documents préparatoires ou les décrets de congrégations précédentes. On voit ici Jean-Marc dans sa chambre (photos 5 et 6), au 5 e étage de la curie. La vue n'est pas banale. on peut espérer qu'elle soit inspirante!
Une partie importante des rencontres informelles se fait bien sûr durant les repas. Le midi, tous ceux qui vivent à la Curie prennent leur repas en même temps à 13h. On change de compagnons de table à tous les repas et on navigue d'une langue à l'autre. Pour le déjeuner et le souper, c'est une formule libre-service. Chacun vient au moment qui lui convient. On peut alors se retrouver tout naturellement à table avec le nouveau Général (photo 7). Le matin et le soir, Jean-Marc passe par la salle des ordinateurs pour vérifier son courriel et la page web de la Congrégation (photo 8).
En somme, des journées bien remplies; la sensation de participer à une expérience communautaire fantastique; le plaisir aussi de passer quelques semaines dans une des belles villes du monde !
Par Pierre Bélanger, SJ



Notre Provincial à Rome : Daniel LeBlond
Si les activités de la Congrégation générale se tiennent à la curie générale de la Compagnie, rue du Borgo Santo Spirito, tout près du Vatican, la majorité des membres de l'assemblée vivent dans d'autres maisons jésuites de Rome. Notre Provincial est logé à l'Université grégorienne, une institution de grande réputation dans le monde catholique, que la Compagnie de Jésus dirige depuis ses débuts au temps de saint Ignace, en 1551 (photos 1-2). C'est un endroit vénérable, mais c'est tout de même la résidence la plus éloignée de la curie, ce qui permet à Daniel LeBlond de se garder en forme : en effet, il doit faire les quelque 30 minutes de trajet qui sépare son lieu de séjour du lieu de travail quatre fois par jour.
Le trajet n'est tout de même pas trop éprouvant. Comme l'illustrent les photos ci-jointes, il permet de marcher dans la vieille Rome, de passer par ces mêmes rues où saint Ignace et ses premiers compagnons ont eux-mêmes cheminé aux tout débuts de l'entreprise humaine et spirituelle qu'ils mettaient sur pied (photos 3-4). La 35 e Congrégation générale, organisée dans cette même ville de Rome, continue l'ouvre d'Ignace en cherchant pour l'époque actuelle les directions à prendre pour un meilleur service. Comme les rues de la Rome d'autrefois, les chemins de l'engagement pour la foi et la justice sont souvent étroits et pas toujours en ligne droite! Daniel marche sur les pas des premiers compagnons quand, chaque matin, il s'arrête à l'église Saint-Ignace (photo 5), quand il passe devant le Bellarmino ou près du Gesù, où Ignace a vécu.
Notre Provincial, beaucoup le savent, est « aussi » artiste-peintre. Les petites rues romaines regorgent de boutiques d'antiquités; on y trouve aussi bon nombre de galeries où des artistes exposent leurs ouvres. Grâce à sa manière chaleureuse d'entrer en contact avec les gens, en dépassant facilement les barrières de langue, il s'est lié d'amitié avec les propriétaires d'une de ces galeries qui lui ont offert d'exposer ses ouvres. La chance ou la Providence ont fait que certains tableaux de Daniel qui avaient été exposés en Belgique et en France l'an dernier étaient encore en sol européen. D'autres liens d'amitié ont permis qu'en quelques jours seulement les tableaux soient livrés à la galerie; ils sont déjà bien en vue et un vernissage est prévu pour la semaine du 17 février (photos 6-7).
Daniel LeBLond est tout de même à Rome pour la Congrégation générale, ce qui l'occupe pour la très grande partie de son temps. On le voit ici en réunion avec ses confrères de l'Assistance (division géographique dans la Compagnie de Jésus) à laquelle le Canada appartient (photo 8). De longues heures sont aussi dédiées aux réunions en plénière, alors que les quelques 230 membres de l'assemblée délibèrent à partir de textes préparés par des groupes de travail. Les sujets discutés sont annoncés chaque jour sur le site web de la Congrégation (www.sjweb.info/35).
Visite à Radio Vatican
Durant leur séjour à Rome, les membres de la Congrégation peuvent profiter de leur séjour pour mieux connaître certaines institutions jésuites de Rome. Dans ce cadre, Radio Vatican a organisé des visites (linguistiques). Dimanche le 3 février, un groupe francophone a passé trois heures dans les locaux de la célèbre radio, qui avait été confiée par Pie XI à la Compagnie. Marconi lui-même, inventeur de la radio, était de l'équipe originale.
Le directeur de la programmation, le père Andrej Koproswki, a reçu le groupe et le responsable du programme francophone pour l'Afrique, Joseph Ballong, SJ, a animé la visite. Un travail colossal est réalisé par une équipe d'environ 380 professionnels : 40 salles de rédaction qui travaillent en 36 langues et qui, à cause de l'importance qu'a prise la page web et l'internet, utilisent 14 alphabets! RV offre chaque jour 54 heures de diffusion (selon les fuseaux horaires) et produit plus de 20 heures d'émissions originales.
Les visiteurs ont pu aussi passer un bon moment avec le directeur (lui-même d'ailleurs membre de la Congrégation), le P. Federico Lombardi. À la fin, le P. Koprowski a souligné les défis auxquels lui et Radio Vatican sont confrontés. Il a redit l'espoir qu'il avait que plus de jésuites, de différentes parties du monde, puissent participer au travail de RV pour qu'elle reflète la réalité actuelle du monde catholique.
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Curia Generalizia della Compagnia di Gesù
Borgo S. Spirito, 4
C.P. 6139 / 00195 ROMA-PRATI (Italia)
Tel . 06/689.771 - Fax 06/686.8214 |
Message du Saint Père au Père Kolvenbach
2008/03
A TOUTE LA COMPAGNIE
Chers Pères et Frères,
La Paix du Christ.
Veuillez trouver ci-joint le message du Saint Père, le Pape Benoît XVI, au Père Kolvenbach et à la Congrégation générale, ainsi qu'une copie de la réponse du Père Kolvenbach au Saint Père, le remerciant et l'assurant de la réception chaleureuse de son message, et de ses mots de soutien et d'estime pour le travail de la Congrégation Générale.
Un résumé des deux documents paraîtra prochainement dans un bulletin électronique du Bureau de Presse et d'Information de la Compagnie, et sera mis à la disposition de la presse.
Nous apprécions et même sentons l'effet profond de vos prières sur le travail de la Congrégation. En union avec toute la Compagnie, nous prions l'Esprit de continuer à nous guider.
En union dans le Seigneur,
Frank E. Case, S.J.
Secrétaire de la Compagnie
Rome, 17 janvier 2008
Annexes : 2
Au Révérend Père
PETER-HANS KOLVENBACH, SJ
Préposé Général de la Compagnie de Jésus
A l'occasion de la 35 ème Congrégation Générale de la Compagnie de Jésus, je souhaite vivement vous adresser, à vous-même et à tous ceux qui prendront part à cette Congrégation, mes cordiales salutations, jointes à l'assurance de mon affection et de ma constante proximité spirituelle. Je sais quelle importance revêt pour la vie de la Compagnie l'événement que vous célébrez, et je sais aussi que, pour cette raison, il a été préparé avec grand soin. Vous avez là une occasion providentielle d'imprimer à la Compagnie de Jésus la nouvelle impulsion ascétique et apostolique que tous souhaitent, pour que les Jésuites puissent accomplir pleinement leur mission et affronter les défis du monde moderne avec cette fidélité au Christ et à l'Eglise qui a caractérisé l'action prophétique de Saint Ignace de Loyola et de ses premiers compagnons.
Aux fidèles de Thessalonique, l'Apôtre écrit qu'il leur a annoncé l'évangile de Dieu, « vous encourageant et vous adjurant -précise-t-il- de vous comporter d'une manière digne de Dieu qui vous appelle à son royaume et à sa gloire » (1 Th 2,12). Et il ajoute : « Voici pourquoi, de notre côté, nous rendons sans cesse grâce à Dieu : quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'homme, mais comme ce qu'elle est réellement, la parole de Dieu, qui est aussi à l'ouvre en vous, les croyants » (1 Th 2,13). La parole de Dieu est donc d'abord « reçue », c'est-à-dire écoutée, puis, pénétrant jusqu'au cour, elle est « accueillie », et qui la reçoit reconnaît que Dieu parle à travers son envoyé : ainsi la parole agit dans les croyants. Comme au temps de Paul, aujourd'hui encore l'évangélisation exige une adhésion totale et fidèle à la parole de Dieu : adhésion avant tout au Christ, et écoute attentive de son Esprit qui guide l'Eglise, obéissance docile aux Pasteurs que Dieu a placés comme guides de son peuple, et dialogue prudent et franc avec les requêtes sociales, culturelles et religieuses de notre temps. Tout cela suppose, nous le savons bien, une communion intime avec Celui qui nous appelle à être ses amis et ses disciples, une unité de vie et d'action qui se nourrit de l'écoute de sa parole, de contemplation et de prière, de détachement de la mentalité du monde, et d'une conversion incessante à son amour, pour que ce soit Lui, le Christ, qui vive et agisse en chacun de nous. Là est le secret de l'engagement apostolique et missionnaire de tout chrétien, et plus encore de ceux qui sont appelés à un service plus direct de l'Evangile.
Ceux qui prendront part à la Congrégation Générale sont bien conscients de tout cela, et je tiens à rendre hommage à l'important travail déjà accompli par la commission préparatoire qui, pendant l'année 2007, a examiné les postulats reçus des Provinces et indiqué les questions à aborder. Je voudrais adresser mes pensées de gratitude en premier lieu à Vous, cher et vénéré Père Préposé Général, qui guidez la Compagnie de Jésus depuis 1983 de façon éclairée, sage et prudente, cherchant toujours à la maintenir sur la voie du charisme originel. Vous avez demandé plusieurs fois, pour des raisons objectives, à être relevé d'une charge aussi lourde, assumée avec un grand sens de votre responsabilité à un moment nullement facile de l'histoire de votre Ordre. Je vous exprime mes vifs remerciements pour le service rendu à la Compagnie de Jésus, et plus généralement à l'Eglise. Mes sentiments de reconnaissance s'étendent à vos collaborateurs plus directs, aux participants à la Congrégation Générale, et à tous les Jésuites présents dans les différentes parties de la planète. Que parvienne à tous et à chacun, le salut du Successeur de Pierre, qui suit avec affection et estime les travaux apostoliques multiples et appréciés des Jésuites, et les encourage tous à continuer sur le chemin ouvert par leur saint Fondateur et parcouru par d'innombrables frères, dévoués à la cause du Christ, et dont beaucoup ont été inscrits par l'Eglise sur le livre des saints et des bienheureux. Que du ciel, ceux-ci protègent et soutiennent la Compagnie de Jésus dans la mission qu'elle remplit en notre époque, marquée par tant de défis complexes, sociaux, culturels et religieux.
A ce propos, comment ne pas reconnaître la contribution de valeur que la Compagnie apporte à l'action de l'Eglise en divers domaines et de différentes manières ? Contribution réellement importante et digne de louange, que seul le Seigneur pourra récompenser comme il se doit. Comme mes vénérés prédécesseurs, les serviteurs de Dieu Paul VI et Jean Paul II, je saisis moi aussi volontiers l'occasion de cette Congrégation Générale pour mettre en lumière tout cet apport, et pour offrir en même temps à votre réflexion quelques considérations qui vous encouragent et vous stimulent à réaliser toujours mieux l'idéal de la Compagnie, tel qu'il est décrit dans ces paroles qui vous sont familières : « combattre pour Dieu sous l'étendard de la Croix et servir le Seigneur seul et l'Eglise son Epouse sous le Pontife Romain, vicaire du Christ sur la terre » ( Exposcit debitum , 21 juillet 1550). Il s'agit d'une fidélité « particulière », sanctionnée pour beaucoup parmi vous par un vou d'obéissance directe au Successeur de Pierre, « perinde ac cadaver ». De cette fidélité, qui constitue le signe distinctif de votre Ordre, l'Eglise a encore plus besoin aujourd'hui, à une époque où se ressent l'urgence de transmettre de manière intégrale à nos contemporains, distraits par tant de voix discordantes, le message unique et inchangé de salut qu'est l'Evangile, « non comme une parole d'homme mais comme ce qu'il est réellement, la parole de Dieu », qui opère en ceux qui croient.
Pour cela, il est indispensable, comme le rappelait déjà notre bien-aimé Jean Paul II aux participants à la 34 ème Congrégation Générale, que la vie des membres de la Compagnie de Jésus, ainsi que leur recherche doctrinale, soient toujours animées par un vrai esprit de foi et de communion « en harmonie avec les indications du Magistère » (Discours de Jean-Paul II, 5 janvier 1995, n.5). Je souhaite vivement que la présente Congrégation réaffirme clairement le charisme authentique de votre Fondateur, pour encourager tous les Jésuites à promouvoir la vraie et saine doctrine catholique. Comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j'ai pu apprécier la précieuse collaboration de consulteurs et d'experts jésuites, qui en pleine fidélité à leur charisme, ont considérablement contribué à la promotion et la réception fidèle du Magistère. Ce n'est certes pas un engagement simple, spécialement quand on est appelé à annoncer l'Evangile dans des contextes sociaux et culturels très divers et qu'il faut affronter des mentalités différentes. J'apprécie donc sincèrement toute la peine prise ainsi au service du Christ, une peine qui est fructueuse pour le bien même des âmes, dans la mesure où l'on se laisse guider par l'Esprit Saint et demeure docile aux enseignements du Magistère, se référant aux principes de base de la vocation ecclésiale du théologien présentés dans l'Instruction Donum veritatis.
L'ouvre évangélisatrice de l'Eglise compte donc beaucoup sur la responsabilité formatrice qu'a la Compagnie dans les domaines de la théologie, de la spiritualité et de la mission. Pour offrir à l'entière Compagnie de Jésus une orientation claire qui soit un soutien pour un dévouement apostolique généreux et fidèle, il pourrait donc être fort utile que la Congrégation Générale réaffirme, dans l'esprit de saint Ignace, son adhésion totale à la doctrine catholique, en particulier sur des points névralgiques fortement attaqués aujourd'hui dans la culture séculière, comme par exemple le rapport entre le Christ et les religions, certains aspects de la théologie de la libération, et divers points de la morale sexuelle, surtout pour ce qui regarde l'indissolubilité du mariage et la pastorale des personnes homosexuelles.
Révérend et cher Père, je suis persuadé que la Compagnie perçoit l'importance historique de cette Congrégation Générale et que, guidée par l'Esprit Saint, elle voudra encore une fois, comme le disait le bien-aimé Jean-Paul II en janvier 1995, « réaffirmer sans équivoque et sans hésitation, son chemin vers Dieu si spécifique, que saint Ignace a tracé dans la Formula Instituti : la fidélité aimante à votre charisme sera la source assurée d'une fécondité renouvelée » (op.cit., n.3). Les paroles que mon vénéré prédécesseur Paul VI vous a adressées dans une autre circonstance analogue, sont elles aussi particulièrement actuelles : « nous devons tous veiller afin que l'adaptation nécessaire ne soit pas faite au détriment de l'identité fondamentale, de l'essence de la figure du Jésuite, telle qu'elle est décrite dans la Formula Instituti , telle que l'histoire et la spiritualité propre de l'Ordre la proposent, et telle que l'interprétation authentique des besoins mêmes des temps semble encore la réclamer aujourd'hui. Cette image ne doit pas être altérée, elle ne doit pas être défigurée » (Discours de Paul VI, 3 décembre 1974, II).
Les enseignements des successeurs de Pierre manifestent de façon continue leur grande attention envers les Jésuites, leur estime pour vous et leur désir de pouvoir compter toujours sur le précieux apport de la Compagnie à la vie de l'Eglise et à l'évangélisation du monde. Je confie la Congrégation Générale et l'entière Compagnie de Jésus à l'intercession de votre saint Fondateur et des saints de votre Ordre et à la protection maternelle de Marie, pour que chaque fils spirituel de saint Ignace puisse tenir le regard fixé « d'abord sur Dieu, ensuite sur la nature de son Institut » ( Formula Instituti,1 ).
Vous assurant de ma prière, je vous accorde de grand cour, à vous-même, Révérend Père , aux membres de la Congrégation Générale et à toute la Compagnie de Jésus, une bénédiction apostolique spéciale.
Au Vatican, 10 janvier 2008
Benoît XVI, Pape
(Original: italien)
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A SA SAINTETE, LE PAPE BENOIT XVI
Cité du Vatican
Rome, le 15 janvier 2008
Très Saint-Père,
La Congrégation Générale a reçu avec une attention profonde et gratitude le message que Sa Sainteté, le Pape Benoît XVI, a adressé au Père Général - et à travers lui - à toute la Compagnie de Jésus, en ce moment si significatif et important pour la vie de notre Ordre.
Le Saint-Père a encore une fois manifesté l'affection, la proximité spirituelle, l'estime et la gratitude que les Successeurs de Pierre ont témoigné et témoignent encore à la Compagnie de Jésus, en continuant à en attendre un service fidèle pour annoncer intégralement et résolument l'Évangile à notre temps. Tout en rappelant que l'union intime avec Christ doit être le secret de notre vie apostolique et missionnaire, il réaffirme le charisme originaire de la Compagnie de Jésus tel que défini dans la Formule de fondation de l'Institut : "Combattre pour Dieu sous l'étendard de la Croix et servir le Seigneur seul et l'Église son Epouse, sous le Pontife Romain, Vicaire du Christ sur la terre."
En continuité avec les interventions de ses prédécesseurs - en particulier Paul VI et Jean Paul II, à l'occasion de précédentes Congrégations Générales - et avec ses précédentes interventions, le Saint-Père rappelle le lien spécial qui lie la Compagnie de Jésus au Successeur de Pierre, lien exprimé par le "quatrième voeu" d'obéissance spéciale au Pape. Il souligne aussi "la responsabilité de la Compagnie pour la formation dans le domaine de la théologie, de la spiritualité et de la mission", et demande "que la Congrégation réaffirme, dans l'esprit de Saint Ignace, son adhésion totale à la doctrine catholique, en particulier sur les points névralgiques fortement attaqués par la culture séculaire contemporaine", qu'il explicite par des exemples.
La Compagnie de Jésus affirme sa volonté de répondre sincèrement aux invitations et aux demandes du Saint-Père, en leur accordant toute l'attention voulue au cours des travaux de la Congrégation Générale. Une part considérable de sa tâche sera consacrée aux sujets concernant l'identité et la mission des jésuites, ainsi que l'obéissance religieuse et apostolique, en particulier l'obéissance au Pape.
La Congrégation s'apprête à affronter sa tâche avec confiance et sérénité, en sachant qu'elle peut toujours compter sur l'affection et sur la prière du Saint-Père, et sur sa compréhension profonde de la difficulté "d'annoncer l'Évangile dans des contextes sociaux et culturels très divers, en se confrontant avec des mentalités différentes", comme le demande aujourd'hui la mission de la Compagnie de Jésus au service de l'Eglise.
Avec ma profonde gratitude,
Votre tout dévoué dans le Seigneur,
Peter-Hans Kolvenbach, S.J.
COMMUNIQUÉS OFFICIELS :
UFFICIO STAMPA E INFORMAZIONE
PRESS AND INFORMATION OFFICE
OFICINA DE PRENSA E INFORMACION
BUREAU DE PRESSE ET D'INFORMATION
Borgo S. Spirito, 4, C.P. 6139, 00195 Roma Prati
Tel. (+39) 06.689.77.289 - Fax (+39) 06.689.77.280
E-mail: infosj@sjcuria.org
Communiqué de Presse
La Curie Généralice de la Compagnie de Jésus informe que la Congrégation Générale commencera lundi, le 7 janvier 2008. Il s'agit de la 35 ième Congrégation Générale depuis la fondation de la Compagnie en 1540.
Plus de 220 jésuites du monde entier se réuniront à Borgo Santo Spirito à Rome pour élire le nouveau Supérieur Général et pour discuter des défis apostoliques (« discernement » dans le langage de saint Ignace, fondateur de la Compagnie) de la Compagnie dans les années à venir.
Le Supérieur Général actuel, le Père Peter-Hans Kolvenbach, 28 ième successeur de saint Ignace, aura bientôt 80 ans et a été Général de la Compagnie pendant plus de 24 ans. Après avoir obtenu une réponse favorable de ses conseillers et l'agrément du Saint Père, le Père Kolvenbach présentera sa renonciation à la Congrégation Générale.
Après l'élection du nouveau Supérieur Général, la Congrégation procèdera avec la discussion de thèmes suggérés par la Commission Préparatoire.
Début janvier, la nouvelle page Web du Bureau de Presse et d'Information de la Curie offrira des chroniques à des intervalles de temps réguliers.
20 décembre 2007
Bureau de Presse et d'Information
Congrégation Générale 35 |
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S.J.Bureau de Presse, Rome, Italie, Tel. +39-06-68977.289, infosj@sjcuria.org
Rome, le 7 janvier 2008
OUVERTURE DE LA 35 ème CONGRÉGATION GÉNÉRALE
Avec une cérémonie solennelle, soigneusement préparée, qui a duré deux heures, la 35 ème Congrégation Générale a été inaugurée, dans l'Église du Gesù, Église Mère de la Compagnie.
Le Cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, a présidé la concélébration. Au presbytère, il y avaient également le Père Général, les Conseillers et le Secrétaire de la Compagnie. Les trois cardinaux jésuites, résidents à Rome, se trouvaient à droite de l'autel : les cardinaux Roberto Tucci, Thomas Spidlik et Urbano Navarrete. Dans l'Église étaient présents également les membres de la Congrégation et quelques religieux d'autres congrégations de spiritualité ignatienne.
Dans son homélie, le cardinal a dédié quelques mots affectueux au Père Kolvenbach : Je désire, Révérend Père Kolvenbach, vous apporter, au nom de l'Église et en mon nom personnel, des vifs remerciements pour votre fidélité, votre sagesse, votre rectitude, votre exemple d'humilité et de pauvreté. La suite de l'homélie - qui a durée presque une demi heure - le cardinal l'a consacrée aux textes des Constitutions et des Exercices Spirituels de Saint Ignace qui parlent du charisme apostolique, l'obéissance au Saint Père, et le sentire cum ecclesia qui constituent la base de la spiritualité de la Compagnie. Le cardinal a exprimé sa tristesse et son inquiétude en constatant que « même chez plusieurs membres de Familles religieuses le « sentire cum Ecclesia », [.] est en baisse.
Ensuite il s'est adressé directement aux jésuites : Ils sont nombreux les Instituts de vie consacrée qui, participant à la spiritualité ignatienne, regardent avec attention vos choix ; ils sont nombreux les futurs prêtres, dans vos universités et facultés [.] ; elles sont nombreuses les personnes qui, dans ou hors de l'Église, fréquentent vos centres d'enseignement avec le désir de trouver une réponse aux défis que la science, la mondialisation [.] posent à l'humanité, [.] avec l'espérance de recevoir une formation qui les rendent capables de construire un monde de vérité et de liberté, de justice et de paix.
À la fin de la célébration, le cardinal s'est dirigé avec le Père Général vers l'autel de Saint Ignace, où est située la statue du Saint couverte de la peinture restaurée récemment. Andrea Pozzo avait conçu l'autel comme une scène théâtrale - comme il était d'usage à l'époque - composée en deux scènes : la peinture et la statue dévoilée uniquement en des occasions spéciales.
Devant la statue du Saint, le Père Général a allumé une lumière qui restera allumée tout au long de la Congrégation Générale - symbolisant la prière de toute la Compagnie dans le monde entier - et a récité la prière envoyée à toutes les Provinces le 4 janvier.
A trois heures, dans l'après-midi, les Assistances se sont réunies en groupes séparés pour préparer l'ouverture officielle qui était prévue pour le soir.
Les médias italiens suivent avec beaucoup d'intérêt le développement de la Congrégation. Des nouvelles semblables nous arrivent de toute l'Europe.
Voici donc les premiers pas de la Congrégation Générale suivie avec intérêt et en union de prière par de nombreuses personnes, dans et hors de la Compagnie.
ÉLECTIONS
L'ouverture officielle de la Congrégation a eu lieu, sous la présidence du Père Général, le 7 janvier à 16:30. Conformément à la Formule de la Congrégation Générale, les délégués décident par scrutin non secret et à la majorité, si la Congrégation doit être considérée comme complète et légitime. Après le scrutin positif, le Père Général est passé au point suivant : l'élection du Secrétaire et de son Assistant, pour être au service de la Congrégation pour tout ce qui concerne l'élection du Préposé Général :
1.) Le Père Luis Orlando Torres (Puerto Rico) a été élu comme secrétaire et le Père Ignacio Echarte (Loyola) comme son Assistant.
2.) Membres de la Commission chargée de juger si quelqu'un a brigué le Généralat. Conformément à la Formule, la Commission est composée des membres les plus anciens en religion des dix Assistances. Les Pères Augustin Karekezi (Afrique), Ramon Alaix (Amérique Latine Méridionale), Jorge Ambert (Amérique Latine Septentrionale), Jose Changanacherry (Asie Méridionale), Adolfo Nicolás (Asie Orientale et Océanie), Wendelin Köster (Europe Centrale), Elías Royón (Europe Méridionale), Peter-Hans Kolvenbach (Europe Occidentale), Adam Zak (Europe Orientale) et Vincent Cooke (États-Unis d'Amérique).
3.) Députés pour recueillir des informations et soumettre un rapport sur « les ombres et les lumières » dans la Compagnie (De statu Societatis) : E. Goussikindey (Afrique), A. Palacio (Amérique Latine Méridionale), J. Morales (Amérique Latine Septentrionale), M. Devadoss (Asie Méridionale), B. Nebres (Asie Orientale et Océanie), S. Dartmann (Europe Centrale), E. Royón (Europe Méridionale), M. Rotsaert (Europe Occidentale), A. Zak (Europe Orientale), B. Schaeffer (États-Unis d'Amérique).
NOTE sur les communications précédentes :
Rapport n. 1 du 4 janvier 2008 : Prière pendant l'allumage de la lumière.
Rapport n. 2 du 7 janvier 2008 : Homélie du Cardinal Rodé.
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Roma, 19 gennaio, 2008
COMUNICATO STAMPA
Oggi sabato 19 gennaio la 35ª Congregazione Generale della Compagnia di Gesù ha eletto il Padre Adolfo Nicolás, S.J., Preposito Generale. E' il 29° successore di Sant'Ignazio di Loyola alla guida della Compagnia.
Qui di seguito un breve profilo biografico del nuovo Padre Generale:
ADOLFO NICOLÁS, SJ.
29 avril 1936 - naissance à Palencia, Espagne
15 septembre 1953 - entrée au noviciat de la Province de Tolède (Espagne)
1958-60: licence en philosophie (Alcala, Madri)
1964-68: Théologie à Tokyo, Japon
17 mars 1967: ordonné prêtre à Tokyo, Japon
1968-71: licence en théologie de l'Université Grégorienne, Rome
1971: Professeur de théologie systématique à l'Université Sophia de Tokyo
1978-84: Directeur de l'Institut de pastorale de Manille
1991-93: Recteur du scolasticat de Tokyo
1993-99: Provincial de la Province du Japon
2004-2007: Modérateur de la Conférence des provinciaux jésuites de l'Asie Orientale et de l'Océanie
Lors de la 34e Congrégation générale, il avait été élu secrétaire de la Congrégation; Pierre Bélanger était assistant secrétaire.
Langues: Espagnol, Japonais, Anglais, Français, Italien
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Rome, le 23 janvier 2008, n. 7
22 JANVIER 2008
Comme décrit dans la Formule de la Congrégation Générale, une fois l'élection du nouveau Général terminée, la Congrégation passe à la deuxième partie de ses devoirs : questions liées au gouvernement de la Compagnie et aux postulations proposées et d'autres. La Congrégation a commencé par l'élection d'un Secrétaire et de deux Assistants. Le Père Mark Rotsaert (de la Province de Belgique septentrionale) fut élu Secrétaire et les Pères Ignacio Echarte (de la Province de Loyola) et Thomas Smolich (de la Province de Californie) furent élus Assistants de la Congrégation.
La députation au traitement des affaires (Deputatio ad negotia) compte 10 membres représentant les dix Assistances et fut élue pendant la séance du matin. Les députés élus sont les Pères Jean-Roger Pascal Ndombi (Afrique de l'Ouest), Ernesto Cavassa (Pérou), Arturo Sosa (Venezuela), Georges Pattery (Calcutta), Daniel P. Huang (Philippines), János Lukács (Hongrie), Lluís Magriña (Tarraconense), François-Xavier Dumortier (France), Frantisek Hylmar (Bohême) et Thomas H. Smolich (Californie).
Bien que le rapport sur De statu Societatis soit conclu, le Père Général a annoncé que la Députation responsable du rapport n'est pas dissoute, même si elle ne se réunira qu'en cas de nécessité. Cette Députation avait rédigé le rapport sur l'état de la Compagnie de Jésus pour la Congrégation.
Pendant cette matinée chargée, dédiée aux différentes élections, le Père Général a nommé les membres du comité organisateur et les trois modérateurs des séances générales. Membres du comité organisateur : Ernesto Cavassa (Pérou), Francis-Xavier Dumortier (France), George Pattery (Calcutta) et Thomas Smolich (Californie).
Modérateurs des séances générales : Luis Magriña (Tarraconense), Daniel P. Huang (Philippines) et Jean-Roger Pascal Ndombi (Afrique de l'Ouest).
LA VOIX DE L'HISTOIRE
À combien de tours de scrutin le nouveau Général fut élu ?
- Deux furent élus au quatrième tour de scrutin (Vitelleschi et Roothaan)
- Trois furent élus au troisieme tour de scrutin (González, Wernz, Arrupe)
- Neuf furent élus au deuxième tour de scrutin (Gottifredi, Nickel, Tamburini, Centurione, Ricci, Fortis, Martin, Ledochowski, Nicolás)
- Les autres (quatorze) furent élus au premier tour de scrutin.
Combien de jours à partir du début de la Congrégation le nouveau Général fut élu ?
Information concernant les Congrégations Générales au 20 ème siècle :
- Un Général fut élu après 8 jours (Franz Wernz)
- Deux Généraux furent élus après 10 jours (Wlodomiro Ledochowski et John B. Janssens)
- Un Général fut élu après 12 jours (Peter-Hans Kolvenbach)
- Un Général fut élu après 16 jours (Pedro Arrupe)
Le Père Adolfo Nicolás fut élu après 13 jours (le 19 janvier)
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NOTE À LA GRANDE FAMILLE JÉSUITE
Vous trouverez, attaché à ce rapport, une invitation à participer à la « Salle de prière » virtuelle de la Congrégation Générale. Prière de la diffuser.
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Rome, le 24 janvier 2008, n. 8
23 JANVIER 2008
À neuf heures précises, les premières notes de la clarinette du Père Dufttla Vlastin interrompirent la conversation des délégués déjà arrivés dans l'aula annonçant le début de la prière préliminaire. Des sons purs, perçants invitant à élever l'âme avant de se concentrer sur les faits réels de notre monde.
La prière de la journée était dédiée à notre appel à être des « Serviteurs de la Mission du Christ ». La première lecture de quelques vers extraits de l'Évangile selon Mathieu (Je suis toujours avec vous) était suivie par un texte de la 34 ème CG sur « notre mission ». Beaucoup d'entre nous qui ont entendu souvent la phrase « jesuita non cantat » ont été surpris à l'écoute de l'interprétation harmonieuse de la chanson « Go to the world » lors d'une réunion de plus de 200 jésuites.
Ce matin dans l'aula, il n'y a pas eu de rapports ; seules des instructions sur la manière de procéder avec les groupes linguistiques qui allaient commencer leur travail immédiatement après. Il y a 21 groupes au total : 10 qui s'occuperont de la mission et l'identité , 3 du gouvernement de la Compagnie , 3 de l'obéissance apostolique et 5 de la collaboration avec les autres.
Jeudi, le 24 janvier, les groupes devaient remettre au Secrétaire un rapport écrit indiquant les points principaux relevés dans la discussion, l'ébauche éventuelle d'un document formel sur le thème discuté et la suggestion du « ton », de l'approche appropriée au thème.
L'organisation du travail de la Congrégation procède lentement. Une démarche minutieuse qui permettra probablement une continuation plus rapide d'ici quelques jours.
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Rome, le 28 janvier 2008, n. 9
25-26 JANVIER 2008
Vendredi matin, le 25 janvier, la Congrégation a dédié la discussion aux thèmes attribués 21 groupes linguistiques. Dans l'après-midi l'élection des Assistants ( ad providentiam et régionaux) a commencé. Après avoir rappelé que le but de l'élection est de trouver la manière dont la Congrégation puisse assister le Père Général dans le gouvernement de la Compagnie, le Père Daniel Huang - président de la séance - a annoncé la procédure à suivre.
Le Père Ignacio Echarte a présenté un aperçu historique des débuts et des changements du titre et des charges attribués aux Assistants lors de la 34 ème Congrégation Générale. Le décret 24 de cette Congrégation recommande au Père Général de publier des versions mises à jour des documents concernant la procédure.
Le Père L. D'Souza a continué avec une description des divisions actuelles entre les charges des Assistants ad providentiam , des Assistants régionaux et des Conseillers.
Enfin, le Père F. Case a présenté une évaluation et d'autres Assistants ont contribué avec leurs observations et expériences.
Pour faciliter la discussion et l'élection qui suit, une description sommaire des caractéristiques et du rôle des Conseillers, des Assistants Régionaux et des Assistants ad providentiam a été distribué aux délégués :
Conseillers Généraux : conseiller le Père Général sur des questions de la Compagnie, sa vie et son apostolat. Il y a à présent 12 Conseillers.
Assistants Régionaux : visiter, étudier, approfondir les connaissances de l'Assistance et informer, conseiller et assister le Père Général dans ses affaires.
Assistants ad providentiam : assister le Général en prenant garde de et en surveillant ses capacités pour gouverner la Compagnie. Ils partagent avec le Père Général l'autorité en matière de différentes questions et des nominations et disposent d'une voix délibérative. (Actuellement ils sont quatre, élus par la Congrégation Générale ; ils ont trois rôles : Conseillers généraux, Assistants régionaux et Assistants ad providentiam .)
La Congrégation a accueilli également la proposition de la Province de Chicago - présentée par le Père B. Schaeffer - concernant le moment et l'élection des Assistants Régionaux et des Assistants ad providentiam . Lors de la dernière Congrégation, les Assistants Régionaux étaient nommés par le Père Général après la présentation de trois noms par chaque Assistance. Beaucoup estimaient qu'ainsi on réduit le pouvoir réel de la Congrégation d'élire les quatre Assistants ad providentiam , et proposaient de renverser l'ordre de l'élection.
La suite de la séance était dédiée aux questions de clarification et aux opinions personnelles sur la proposition.
Le président a conclu la séance en renvoyant la décision au lundi 28 janvier quand les délégués disposeront d'informations suffisantes pour passer au vote.
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AUDIENCE PAPALE AU PÈRE GÉNÉRAL
Samedi matin, le 26 janvier, le Saint Père Benoît XVI a reçu le Père Général en audience. C'était une rencontre brève, mais cordiale pendant laquelle le Père Nicolás - selon la coutume de la Compagnie de Jésus - a renouvelé son vou d'obéissance au Saint Père. Le lendemain, les photos de la rencontre ont été publiées par la presse italienne et étrangère.
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RECONTRE DU PÈRE GÉNÉRAL AVEC LA PRESSE
Afin de répondre à la forte demande de la presse pour une interview avec le Père Général, le Père Nicolás a décidé de rencontrer la presse pour un entretien « à moitié ». Le moment n'est pas encore venu pour parler de la Congrégation faute d'indications et de mandats. Ainsi les journalistes ont été invités à une rencontre pendant laquelle le Père Général les saluerait et prononcerait quelques mots. Il ne répondrait pas aux questions. Plus au moins 65 journalistes (trois chaînes de télévision) ont accepté les conditions et sont venus à la rencontre. Le Père Général a tenu un discours d'environ 20 minutes qui a été très bien accueilli. Ensuite les journalistes ont visité l'aula de la Congrégation.
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Rome, le 31 janvier 2008, n. 10
30 JANVIER 2008
La séance plénière commença avec la lecture d'un extrait de l'Évangile selon Mathieu : Vous êtes le sel de la terre [.]. Vous êtes la lumière du monde [.]. (Mt 5 :13-16).
La lecture de quelques extraits de la lettre de Saint Ignace aux jésuites à Louvain, la veille de Noël 1547, fut suivie par un moment de prière silencieuse : Je suis convaincu que vous trouverez une aide agréable dans la vie communautaire.Un compagnon peut relever l'autre lorsqu'il tombe, le soutenir lorsqu'il hésite, l'encourager dans les moments de faiblesse.
Le chant final fit retentir les mots de sainte Thérèse : Que rien ne vous trouble ; que rien ne vous afflige.seul Dieu suffit.
Le père Mark Rotsaert, secrétaire de la Congrégation, invita les représentants des quatre commissions à informer les membres de la Congrégation sur le travail accompli et le résultat de la discussion des thèmes attribués aux commissions. Voici une courte description de chaque présentation :
1. MISSION ET IDENTITÉ
En partant des documents rédigés par les différents groupes, la commission a commencé son travail. A présent, le schéma d'une première ébauche qui sera présenté dans l'aula est presque terminé. Avant de le présenter, la commission a senti le besoin de dédier encore un peu de temps à la prière et à la réflexion afin de trouver l'élément vital qui anime tout le texte.
2. GOUVERNEMENT
Trois thèmes ont déterminé la discussion sur le gouvernement de la Compagnie :
- La pratique de gouvernement du Père Général
- le gouvernement central de la Compagnie : le Père Général et ses conseillers
- le gouvernement local de la Compagnie : Supérieurs locaux et directeurs d'ouvres apostoliques
La commission présume qu'une première ébauche peut être terminée pour la session plénière de la Congrégation du 1 er février.
3. OBÉISSANCE
Le texte rédigé par la Commission préparatoire (Coetus Praevius) fut le point de départ pour la réflexion sur l'obéissance. Le schéma de l'ébauche inclut les points suivants :
- l'expérience d'Ignace et des premiers compagnons
- les aspects théologiques de l'obéissance
- le quatrième vou de l'obéissance au Saint Père
- le défi du contexte culturel actuel
Avant de présenter la première ébauche dans l'aula, la commission examine l'addition éventuelle de quelques recommandations pratiques.
4. COLLABORATION AVEC LES AUTRES
La commission a beaucoup apprécié les rapports et les postulats provenant de différentes sources. Le schéma inclut la possibilité que la Congrégation adopte un décret sur ce thème. Elle accepte les principes du décret n. 13 de la 34 ème Congrégation Générale, mais envisage d'amplifier la collaboration avec les autres par rapport à ce qui était défini par la Congrégation précédente.
La condition indispensable pour une collaboration significative implique la formation des jésuites et des laïcs.
La commission envisage d'examiner les associations laïques existantes lors de la 34 ème Congrégation générale et les aspects juridiques du rapport entre ces associations et la Compagnie de Jésus.
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Rome, le 4 février 2008, n. 11
1-2 FÉVRIER
SESSIONS PLÉNIÈRES
GOUVERNEMENT DES JEUNES
Ceux qui ont participé aux Congrégations Générales précédentes assurent que c'est la première fois qu'on discute des activités apostoliques pour les jeunes dans l'aula.
Les postulats reçus par les Provinces et des jésuites individuels demandaient à la Congrégation de mettre l'accent sur l'importance des jeunes dans notre mission pour la foi et la justice, de dédier une plus grande partie de l'apostolat de la Compagnie aux jeunes et de souligner les caractéristiques de la pastorale des jeunes dans le context actuel.
Les 7 membres de la commission nommés par la 35 ème CG ont présenté en plénière aux délégués leur rapport qui offre une première occasion pour des clarifications et une discussion.
Les caractéristiques des jeunes sont définies par leur environnement culturel et par conséquent il n'est pas facile de décrire les jeunes en termes généraux. Ainsi, la description adoptée par la commission fut critiquée occasionnellement pendant la discussion.
1. POINTS PRINCIPAUX
Voici les points principaux
- « Les jeunes » dépassent les limites traditionnelles de l'âge juvénile.
- Dans de nombreux pays, la structure familiale traditionnelle subit des pressions.
- Les jeunes cherchent des guides, mais souvent ils ne les trouvent pas chez leurs parents et leurs professeurs. Les amis assument souvent ce rôle.
- Les écoles sont plus intéressées à offrir des connaissances qu'une formation intégrale.
- Les jeunes sont très critiques envers l'Église ; néanmoins, dans quelques parties du monde on constate un mouvement de « retour à l'Église ».
- Le langage des jeunes (visuel et verbal) n'est pas facile à comprendre pour beaucoup de jésuites.
- Les jeunes cherchent des « expériences » plutôt que des « instructions ».
2. RÉPONSE AUX DÉFIS
- Présentation du Christ comme le « libérateur » de notre esclavage aux habitudes dominantes et au consumérisme.
- Encouragement et soutien de nouveaux projets apostoliques (centres, réseaux, accompagnement).
- Collaboration avec des mouvements mondiaux dans l'Église et avec les programmes diocésains.
- L'engagement de la Compagnie dans les apostolats éducatifs, sociaux et pastoraux pourraient aider les jeunes.
3. SUGGESTIONS
- Établissement d'un secrétariat pour les jeunes à la Curie.
- Création d'un groupe de spécialistes pour examiner le problème.
- Annonce d'une Année jésuite de la Jeunesse.
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FONDAMENTALISME
- Dans les pays avec un passé colonial ou de dépendance économique se développe souvent un sentiment fondamentaliste national et/ où religieux comme réaction au passé.
- Le fondamentalisme est une excuse pour attaquer la religion. Il y a une sorte de fondamentalisme qui trouve son origine dans des racines sociales et psychologiques qui rend le dialogue difficile.
Recommandation :
L'envoi d'un message d'encouragement aux jésuites engagés dans le dialogue avec les groupes fondamentalistes.
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MISSIONS GÉOGRAPHIQUES PRÉFÉRÉES :
L'AFRIQUE ET MADAGASCAR ; LA CHINE
1. L'AFRIQUE
Une présentation sur un grand écran a montré la vastitude effective du continent et a préparé les membres de la Congrégation à l'écoute de la voix de l'Afrique. Les 52 pays africains comptent 1.430 jésuites dont 570 prêtres, 131 frères et 700 scolastiques), c'est-à-dire 7,5% des membres de la Compagnie de Jésus.
Le rapport rappelle avec gratitude les mots de la dernière Congrégation Générale, en 1995, qui avait reconnu les efforts des jésuites en Afrique engagés dans le défi de la construction d'une Église africaine jeune et vivace enracinée dans la richesse de différentes cultures. Ces efforts ont été accomplis malgré la marginalisation de l'Afrique dans le nouvel ordre du monde. La marginalisation , dit le rapport, continue aujourd'hui.
Evidemment, les ressources de la Compagnie sont tout à fait insuffisantes pour garantir un service général dans toute l'Afrique. La discussion a accentué le progrès dans le domaine de l'éducation, de la formation, de la spiritualité, de l'apostolat paroissial et social. L'AJAN (le réseau africain de la Compagnie pour le SIDA) et le nouveau secrétariat pour l'Apostolat Social qui coordonne 10 centres sociaux de l'Assistance sont des signes de progrès encourageants de l'activité apostolique en Afrique-Madagascar.
Cependant des projets d'éducation technique et supérieure de différentes Provinces ont besoin de la coopération et de l'aide financière des autres Provinces de la Compagnie. L'agenda de la Congrégation Générale prévoit la consultation avec les Provinciaux d'autres parties du monde. Sans oublier l'aide précieuse que l'Afrique-Madagascar a reçu des autres Provinces pour la formation de jeunes jésuites africains, les Provinces africaines attendent de nouveaux modèles d'assistance qui dépassent la forme traditionnelle de « jumelage ».
Il a été dit que peut-être la Compagnie de Jésus n'est pas assez engagée en Afrique par rapport aux autres parties du monde.
2. LA CHINE
La Chine est devenue un pouvoir économique mondial incontestable. Dans le rapport adressé à la Congrégation, des spécialistes ont exprimé leurs visions sur le pouvoir économique en Chine, sa croissance impressionnante et la diminution de la pauvreté, en révélant également les points de tension. Le rapport a reconnu l'amélioration de la liberté religieuse et la contribution que les Chinois de religions différentes offrent à la construction d'un monde meilleur. Enfin le rapport a informé la Congrégation que la lettre du Pape Benoît XVI aux catholiques chinois a été généralement bien accueillie.
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Rome, le 7 février 2008, n. 12
4 février 2008
Le chant d'ouverture de la prière du matin, en portugais, était très bref, mais très approprié au moment actuel de la GC35 : Venir et aller, les ombres et les lumières, tout est grâce, Dieu nous guide.
Le point principal de la discussion était Les oeuvres internationales confiées à la Compagnie de Jésus par le Saint Siège. La 34 ème Congrégation Générale avait chargé le Père Général Kolvenbach de créer une Commission interprovinciale permanente (CIP) composée de Supérieurs majeurs pour aider le délégué du Père Général avec la gestion des maisons et des ouvres interprovinciales à Rome. Ces ouvres trouvent leur origine à l'époque de saint Ignace lui-même et sont considérées comme un service très important à toute l'Église. C'est également l'expression claire du rapport particulier qui existe entre la Compagnie, l'Église et le Saint Père et du vou d'obéissance au Pape concernant les missions. Benoît XVI a récemment confirmé ses attentes à ce propos.
Le délégué du Père Général pour les Maisons interprovinciales à Rome, le père Ignacio Echarte (de la Province de Loyola) a fait rapport sur les programmes académiques, la situation financière, la stratégie et les difficultés que les différentes institutions doivent affronter. Parmi les difficultés, le délégué a mentionné avec insistance le recrutement de professeurs et d'étudiants.
La structure de la Délégation est complexe : pas toutes les Institutions à Rome sont dirigées par la Délégation. Quelques Collèges pontificaux (les Collèges brésilien, latin-américain et polonais) ne font pas partie de la Délégation, bien qu'ils soient dirigés par des jésuites. Deux autres délégués du Père Général dirigent le Collège pontifical germano-hongrois (le père Wendelin Köster) et le Collège pontifical russe (le père Adam Zak). Voici la liste complète des institutions qui font partie de la Délégation même : l'Université pontificale grégorienne, l'Institut biblique, l'Institut oriental, le Collège international du Gesù, le Collège Roberto Bellarmino et l'Observatoire astronomique du Vatican (à Castelgandolfo et à Tucson).
La présentation mit l'accent sur la nécessité que les Provinces soient conscientes du fait que les ouvres de Rome sont la responsabilité de toute la Compagnie de Jésus. Pour cela une communication continue permanente entre la Délégation et les Provinces est indispensable. La Commission interprovinciale permanente (CIP) est censée se réunir régulièrement et les Provinces sont encouragées à considérer Rome comme un endroit approprié pour la formation de scolastiques et de jeunes prêtres.
5 février 2008
Le jour de l'anniversaire de la mort du père Arrupe, la prière d'ouverture s'inspirait des célèbres mots du père Arrupe prononcés au moment de sa renonciation comme Général de la Compagnie.
- Le rapport présenté par le père Carlo Carneiro (de la Province du Portugal) et le frère James Boynton (de la Province de Detroit), était introduit par quelques citations du Saint Père et du Père Kolvenbach :
Il y a des personnes qui nous montrent le chemin : Ignace de Loyola, François Xavier. (paroles de Benoît XVI aux jeunes en Allemagne).
La gestion de la promotion des vocations est indispensable et sera déterminante pour le futur de la Compagnie de Jésus et le service qu'elle doit rendre à l'Église. (paroles du Père Général Kolvenbach dans une lettre à toute la Compagnie, en septembre 1997).
- La situation des vocations dans la Compagnie est bien connue : elle compte environ 500 nouveaux novices chaque année, mais le nombre total des membres de la Compagnie continue de diminuer. Au début de l'année 2007, il y avait 19.216 jésuites, une baisse de 364 membres par rapport à l'année précédente.
- La baisse et ses origines sont une réalité pour la majorité des congrégations religieuses et elle est souvent mentionnée. Une question à laquelle on n'a pas donné de réponse convaincante est le fait que de moins en moins de vocations viennent des collèges et des institutions de la Compagnie.
- Devant cette situation les jésuites se divisent en deux courants : certains croient que nous ne devons pas nous engager dans la promotion des vocations car la vocation est un don de Dieu. Il est clair - disent les présentateurs du rapport - que la promotion des vocations n'est pas une priorité pour tous les jésuites. Ce ne sont pas tous les jésuites qui contribuent à donner de la visibilité à la Compagnie en portant des habits religieux, ou en ajoutant S.J. à leur nom, ou en se présentant en public comme membres de la Compagnie.
- Etant donné que l'assemblée comprend un nombre important de Provinciaux actuels et anciens, la nécessité de promotion des vocations n'a pas été mise en doute. Ils souhaitaient plutôt s'informer davantage sur l'expérience de la promotion des vocations dans les différentes Provinces et se sont interrogées sur des alternatives à la nomination à temps plein ou à temps partiel des promoteurs - une seule personne ou une équipe - des moyens et des projets concrets.
- La présence de jeunes jésuites dans les institutions de la Compagnie qui s'adressent aux jeunes fut jugée importante pour la promotion des vocations.
- Avec la promotion des vocations, on a relevé la question de la « qualité » des candidats à la Compagnie. On estimait que, dans certaines limites, la « qualité » a un sens différent selon le pays d'origine ou l'environnement culturel.
******************************
- À la fin de la séance, le Secrétaire de la Congrégation, le Père Rotsaert, a exprimé son enthousiasme sur l'efficacité et la rapidité avec lesquelles la Congrégation procède. Si nous continuons à travailler de cette façon - dit-il - nous pourrions terminer notre travail vers le 1 er mars. Ses commentaires ont été accueillis avec des murmures interprétés par certains comme un signe d'accord, par d'autres comme un bel espoir.
- On a demandé aux Assistances de préparer la « terna » , la proposition de 3 candidats comme Assistants régionaux. Le Père Général a annoncé que les nominations suivront peu après qu'il ait reçu les propositions. Ensuite la Congrégation procédera à l'élection des Assistants généraux (ad providentiam) .
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Rome, le 11 février 2008, n. 13
8 FÉVRIER 2008
SÉANCE DU MATIN
Selon le calendrier liturgique, le 8 février est le jour de la fête de sainte Joséphine Bakhita. Enfant, elle fut enlevée et vendue comme esclave dans son pays natal, le Soudan. Elle se convertit au christianisme, fut libérée et choisit la vie religieuse en Italie. Elle fut canonisée par le pape Jean Paul II en 2000. Dans l'introduction de la prière du matin dans l'aula, on a mentionné le décret 14 de la 34 ème CG qui réfère à la « situation injuste et à l'exploitation dont les femmes sont victimes », une situation à laquelle « les jésuites étaient appelés à répondre dans l'accomplissement de leur mission. »
La séance du matin était dédiée à la collaboration avec les autres .
La commission qui avait préparé le rapport était composé de 5 membres :
Les pères Guillermo Baranda (Chili),
Renzo de Luca (Japon),
John P. Fitzgibbons (Wisconsin),
Thierry Lamboley (France) et
Marc Raper (Australie).
Le Père Lamboley a présenté le rapport dans l'aula au nom de la commission.
Bien que la commission ait basé son rapport sur le décret n. 13 de la 34 ème CG, elle a essayé de considérer les changements arrivés pendant les 13 dernières années. Il y a parmi nos collaborateurs des laïcs non chrétiens, tandis que d'autres devraient être considérées comme des compagnons dans nos propres ouvres apostoliques plutôt que comme des simples collaborateurs. C'est une telle collaboration que l'Église attend de la Compagnie, comme le Saint Père l'a réitéré dans une lettre récente. Nos différentes vocations n'empêchent pas de travailler côte à côte au service du Règne de Dieu. Cependant, une formation ignatienne solide est indispensable pour les jésuites et les non-jésuites afin de s'adapter à de nouvelles situations qui pourraient se présenter, comme par exemple des non-jésuites qui occupent des postes de direction dans nos institutions.
Cette collaboration ne se limite pas aux individus, mais s'étend aux institutions.
Un thème lié à la collaboration avec les autres est la possibilité pour des non-jésuites d'établir un « lien personnel plus étroit avec la Compagnie » . Cette possibilité avait été reconnue officiellement reconnue lors de la 31 ème CG. On pressait le Père Général « d'étudier par quelles voies de tels liens et une collaboration plus stable et plus étroite » pourraient être réalisés. En 1995, la 34 ème CG recommandait dix années d'expérimentation de « lien juridique » avec des individus en demandant à la prochaine Congrégation Générale de faire une évaluation de ces expériences.
La formation d'un réseau apostolique ignatien pourrait être une bonne manière pour une future collaboration efficace.
Après la présentation du rapport plusieurs questions de clarification ont été posées à la commission.
SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI
Migrants, réfugiés, personnes déplacées et personnes exploitées. Réponse de la Compagnie de Jésus.
Cela a été une bénédiction et une consolation d'être témoin du développement positif de cette mission importante de la Compagnie universelle. Aider les réfugiés sera un privilège et en même temps une bénédiction pour nous-mêmes et pour notre Compagnie.
(Extrait d'une lettre du Père Peter Hans Kolvenbach, le 16 janvier 2008)
Les pères Joseph Parakad (Darjeeling) et Paul Pace (Malta) ont présenté le rapport au nom de toute la Commission.
La migration, le déplacement et le trafic des êtres humains sont des thèmes cruciaux qui touchent un grand nombre de personnes et créent une réalité globale, complexe et différente. Afin de répondre à ces thèmes il faut élaborer des stratégies aussi bien individuelles qu'institutionnelles.
Outre les catastrophes naturelles et environnementales, des éléments politiques, culturels, économiques et sociaux sont les raisons principales de cette situation pénible. Les victimes sont exposés à l'insécurité, la violation des droits humains, et le manque de moyens pour couvrir leurs besoins de base humains. Il est difficile de trouver des remédies comme la solidarité, l'accompagnement et l'assistance pour les victimes de ces situations. Le manque de politiques transparentes dans les pays d'origine des migrants et des lois d'immigration rigoureuses dans les pays de destination aggravent la situation. De l'autre côté, l'intégration de migrants dans le nouvel habitat et dans une nouvelle culture est une transition difficile qui exige une prise de conscience majeure de la part de la population locale.
Tout spécialement grâce au Service jésuite pour les réfugiés, aux Services jésuites pour les migrants en Amérique Latine, aux Centre d'action sociale dans plusieurs pays, aux Équipes de recherche et à la création d'une banque de donnée, la Compagnie de Jésus fait un travail louable. Mais la diminution du nombre de jésuites et le manque de ressources financières limitent notre contribution actuelle à la solution des problèmes mentionnés ci-dessus.
La commission examine à présent des formes concrètes pour améliorer la collaboration avec d'autres et soumettra prochainement des recommandations.
9 FÉVRIER 2008
GOUVERNEMENT DANS LA COMPAGNIE
Toute la matinée fut dédiée à la présentation d'une première ébauche d'un décret possible sur le gouvernement de la Compagnie.
L'ébauche était le résultat du travail d'une commission composée de 5 membres :
Les pères Antoine Kerhuel (France)
Geoffrey King (Australie)
Francisco José Ruiz (Bétique)
Bradley Schaeffer (Chicago)
Orlando Torres (Puerto Rico)
Le père Geoffrey King a présenté le rapport dans l'aula au nom de la commission.
Après une introduction, le rapport est en trois parties : le gouvernement général de la Compagnie (Congrégation générale, gouvernement central, conférences des Supérieurs majeurs), le gouvernement provincial et le gouvernement local .
Avant la présentation dans l'aula, le rapport était distribué aux Assistances qui l'ont discuté. Un représentant de chaque Assistance a donné un bref compte-rendu de la discussion. L'opinion commune dominante était que l'ébauche est un instrument valable et utile pour la révision du document sur le gouvernement de la Compagnie à tous les niveaux. Des propositions complémentaires pourraient être élaborées dans une deuxième ébauche.
À la fin de la séance - et en fin de matinée - le père King remercia toutes les Assistances pour leurs contributions, accueillit spontanément la plupart des observations et assura les membres de la Congrégation que les remarques émises dans l'aula seront prises en considération pour une deuxième ébauche.
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CORRECTION
Dans notre dernier bulletin de nouvelles, la liste des institutions appartenant à la Délégation du Père Général était incomplète. Veuillez nous en excuser. Voici la liste correcte :
Les institutions suivantes - même si elles se trouvent en dehors de Rome - appartiennent à la Délégation des Institutions Interprovinciales de Rome ( DIR ) dont le père Ignacio Echarte est le délégué : l'Université grégorienne, l'Institut biblique (à Rome et à Jérusalem), l'Institut oriental, la Résidence Saint Pierre Canisius, le Collège Roberto Bellarmin, le collège international du Gesù, l'Observatoire du Vatican (à Castelgandolfo et à Tucson) et le Centre Aletti.
Les institutions confiées à d'autres délégués : le Collège russe (le père Adam Zak), le Collège germano-hongrois (le père Wendelin Köster), le Collège pontifical latino-américain (le père Valentín Menéndez), le Collège pontifical brésilien (le père Marcos Recolons et la Civiltà Cattolica (le père Francesco Tata).
L'Institut pontifical pour les études ecclésiastiques pour les Polonais est dirigé par deux jésuites, mais n'appartient pas à la Délégation du Père général.
Congrégation Générale 35 |
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Rome, le 12 février 2008, n. 14
FLASH
Pendant la Congrégation Générale sont nommés par le Préposé Général autant des Conseillers Généraux qu'il en est besoin pour les charges d'Assistants Régionaux, chacun d'eux choisi parmi trois noms proposés auparavant par les électeurs de chaque Assistance ( Normes Complémentaire n. 380) .
Au matin du 12 février, pendant la séance plénière de la 35 ème Congrégation Générale, le Père Général a annoncé la nomination des Assistants régionaux.
| P. Jean-Roger NDOMBI (Afrique Occidentale) |
Assistant pour l' Afrique |
| P. Marcos RECOLONS (Bolivie) |
Assistant pour l' Amérique Latine Méridionale |
| P. Gabriel Ign. RODRÍGUEZ (Colombie) |
Assistant pour l' Amérique Latine Septentrionale |
| P. Lisbert D'SOUZA (Bombay) |
Assistant pour l' Asie Méridionale |
| P. Daniel HUANG (Philippines) |
Assistant pour l' Asie Orientale-Océanie |
| P. Adam ZAK (Pologne Méridionale) |
Assistant pour l' Europe Centrale et Orientale |
| P. Joaquín BARRERO (Castille) |
Assistant pour l' Europe Méridionale |
| P. Antoine KERHUEL (France) |
Assistant pour l' Europe Occidentale |
| P. James GRUMMER (Wisconsin) |
Assistant pour les Etats-Unis d'Amérique |
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Rome, le 15 février 2008, n. 15
15 FÉVRIER 2008
Les résultats les plus tangibles du travail de la Congrégation Générale pendant les 6 dernières semaines furent les élections et les nominations. L'élection du Père Général, en premier lieu, et les élections - nominations de plusieurs membres du gouvernement central de la Compagnie.
Avant la Congrégation Générale, il y avait 10 Assistants régionaux. Après avoir considéré les propositions des Assistances, le Père Général a nommé cinq nouveaux Assistants régionaux et confirmé quatre Assistants de l'ancienne équipe. Cependant, le Père Général a introduit quelques nouveautés : parmi les Assistants nouvellement nommés deux (le père Daniel Huang pour l'Asie Orientale - Océanie et le père Joaquin Barrero pour l'Europe Méridionale) ne rejoindront pas immédiatement l'équipe. Ils continueront leur charge comme Provincial de la Province des Philippines et de la Province de Castille respectivement, jusqu'au moment ou ils pourront passer leur charge aux successeurs. On estime que ce passage prendra quelques mois.
Le 14 février, le Père Général a introduit une autre nouveauté : la nomination de deux Conseillers Généraux non résidents à Rome, les pères Mark Rotsaert et Arturo Sosa. Ils seront Conseillers « à distance » , c'est-à-dire qu'ils continueront leur travail actuel, mais qu'ils doivent être prêts à venir à Rome à chaque fois que le Père Général souhaite les consulter sur des thèmes différents. Le père Rotsaert est président de la Conférence des Provinciaux Européens et le père Arturo Sosa est recteur de l'Université Catholique au Venezuela.
Outre les nominations mentionnées ci-dessus, la Congrégation continuera son travail selon un schéma que les membres semblent apprécier. Voici le schéma :
- Formation de différentes commissions.
- Préparation par chaque commission d'une ébauche sur un sujet déterminé.
- Dès qu'une première ébauche est finie, présentation dans l'aula et soumission aux questions de clarification.
- Discussion de l'ébauche dans chaque Assistance et présentation brève des commentaires par un représentant dans l'aula (environ 3 minutes) et/ou réaction plus exhaustive par écrit.
- Évaluation des commentaires et des suggestions par la commission et élaboration d'une deuxième ébauche.
- Vote de la deuxième ébauche dans l'aula.
Cette procédure demande du temps, mais garantit une grande participation.
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Rome, le 20 février 2008, n. 17
NOTE DE CLARIFICATION
Dans le rapport Flash du 18 février, on a utilisé le terme « Assistant Général » . Ce terme n'est plus utilisé par la Compagnie de Jésus.
Par le décret 23 de la 34 ème Congrégation Générale (1995), il a établi que le Père Général aura un Conseil composé d'Assistants Régionaux, quatre Assistants ad providentiam et des Conseillers Généraux chargés d'aspects importants de la vie de la Compagnie universelle. Une même personne peut cumuler différentes fonctions.
Le Père Général peut constituer un groupe restreint au sein du Conseil pour traiter de matières administratives et de questions ordinaires ne requérant pas que le Conseil entier soit réuni en consulte.
Le Secrétaire de la Compagnie participe aux réunions du Conseil, mais n'est pas Conseiller.
Les nominations et les élections récentes terminées, le Conseil du Père Général est composé de la façon suivante :
| Assistants Régionaux |
Assistants
ad providentiam |
Conseillers à distance |
| Jean-Roger Ndombi |
Lisbert D'Souza |
Mark Rotsaert |
| Marcos Recolons |
James Grummer |
Arturo Sosa |
| Gabriel Ign. Rodríguez |
Federico Lombardi |
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| Lisbert D'Souza |
Marcos Recolons ( Admoniteur) |
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| Daniel Huang |
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| Adam Zak |
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| Joaquín Barrero |
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| Antoine Kerhuel |
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| James Grummer |
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Rome, le 21 février 2008, n. 18
21 FÉVRIER
Le 21 février, à 11 :30, les membres de la Congrégation Générale ont été reçus par le Saint Père Benoît XVI en audience spéciale. Avant d'écouter le discours du Pape, le Père Général a adressé les mots suivants de salutation au Saint Père :
Très Saint Père,
Je voudrais que ma première parole soit aujourd'hui, en mon propre nom et au nom de tous ici présents, un chaleureux remerciement à Votre Sainteté qui a bien voulu recevoir avec bienveillance les membres de la Congrégation Générale réunie à Rome, après lui avoir déjà fait le don précieux d'une Lettre qui, par la profondeur de son contenu et par son ton positif, encourageant et affectueux, a sûrement été appréciée par toute la Compagnie de Jésus.
Avec gratitude, oui, et un sens fort de communion, nous nous sentons confirmés dans notre mission aux frontières où se confrontent la foi et la science, la foi et la justice, la foi et le savoir, et dans le domaine stimulant d'une réflexion sérieuse et d'une recherche théologique responsable. Nous sommes reconnaissants à Votre Sainteté, pour nous avoir encore une fois exhortés à suivre notre tradition ignatienne de servir là où l'Evangile et l'Eglise subissent les plus grands défis, un service rendu quelque fois au risque de sa propre tranquillité, réputation et sécurité. Il s'agit pour nous d'un motif de grande consolation, de constater que Votre Sainteté est plus que consciente des dangers auxquels un tel engagement nous expose.
Saint Père, je voudrais encore une fois revenir à la bienveillante et généreuse lettre, adressée à mon prédécesseur, le Père Kolvenbach, et à travers lui à nous tous. Nous l'avons reçue à cour ouvert, nous l'avons méditée, nous y avons réfléchi, nous avons échangé nos réflexions et nous sommes déterminés à porter son message et son accueil inconditionnel à toute la Compagnie de Jésus.
En outre, nous voulons porter l'esprit de ce message à toutes nos structures de formation et créer à partir d'elles des occasions de réflexion et d'échange qui pourront aider nos Compagnons engagés dans la recherche et le service.
Notre Congrégation Générale à laquelle Votre Sainteté a exprimé son encouragement paternel, cherche dans la prière et le discernement, les voies d'un renouvellement de l'engagement de la Compagnie au service de l'Eglise et de l'humanité. Ce qui nous inspire et nous mobilise est l'Evangile et l'Esprit du Christ : sans la centralité du Seigneur Jésus dans notre vie, nos activités apostoliques n'auraient aucun sens, nous n'aurions plus aucune raison d'être. Du Seigneur Jésus nous apprenons à être proches des pauvres, des souffrants, des exclus de ce monde.
La spiritualité de la Compagnie de Jésus puise sa source dans les Exercices de Saint Ignace. C'est à la lumière des Exercices Spirituels, qui à leur tour ont inspiré les Constitutions de la Compagnie, que la Congrégation Générale, en ces jours, aborde les thèmes de notre identité et de notre mission. Les Exercices Spirituels avant d'être un précieux instrument d'apostolat, sont pour le jésuite, la pierre de touche avec laquelle nous jugeons notre propre maturité spirituelle.
En communion avec l'Eglise et guidés par le Magistère, nous cherchons à nous engager en profondeur au service, au discernement, et à la recherche. La générosité avec laquelle tant de jésuites travaillent pour le règne de Dieu, jusqu'à sacrifier leur propre vie pour l'Église, ne diminue pas le sens de responsabilité que la Compagnie sent avoir dans l'Eglise. La responsabilité que Votre Sainteté souligne dans sa lettre quand elle affirme : « l'ouvre évangélisatrice de l'Eglise compte donc beaucoup sur la responsabilité formatrice que la Compagnie a dans le domaine de la théologie, de la spiritualité et de la mission ». Outre ce sens de responsabilité, nous devons être accompagnés par l'humilité, reconnaissant que le mystère de Dieu et de l'homme est plus grand que notre capacité de compréhension.
Nous sommes désolés, Saint Père, que les inévitables insuffisances et superficialités de certains d'entre nous soient utilisées pour dramatiser et présenter comme des conflits et des oppositions qui ne sont souvent que des manifestations des limites et des imperfections humaines ou des inévitables tensions du vécu quotidien. Mais tout cela ne nous décourage pas, ni ne diminue notre passion, non seulement de servir l'Eglise mais de le faire avec une grande radicalité selon l'Esprit et la tradition ignatienne, d'aimer l'Eglise hiérarchique et le Saint Père, le Vicaire du Christ.
« En tout aimer et servir ». Ceci est la devise d'Ignace. Ceci est la carte d'identité d'un vrai jésuite. Et maintenant, Saint Père, nous sommes attentifs, prêts et désireux d'écouter vos paroles.
Nous considérons le jour de notre rencontre avec vous un jour très heureux et significatif, car c'est la veille de la fête de la chaire de saint Pierre, jour de prière et d'union avec le Pape et son plus haut service de magistère universel, pour lequel nous vous présentons nos meilleurs voux.
(version originale en italien)
Discours du Saint Père
Cari Padri della Congregazione Generale
della Compagnia di Gesù,
sono lieto di accogliervi quest'oggi mentre i vostri impegnativi lavori stanno entrando nelle fasi conclusive. Ringrazio il nuovo Preposito Generale, Padre Adolfo Nicolas, per essersi fatto interprete dei vostri sentimenti e del vostro impegno per rispondere alle attese che la Chiesa ripone in voi. Ve ne ho parlato nel messaggio indirizzato al Rev. Padre Kolvenbach e - per suo tramite - a tutta la vostra Congregazione all'inizio dei vostri lavori. Ringrazio ancora una volta il Padre Peter-Hans Kolvenbach per il prezioso servizio di governo da lui reso al vostro Ordine per quasi un quarto di secolo. Saluto anche i membri del nuovo Consiglio Generale e gli Assistenti che aiuteranno il Preposito nel suo delicatissimo compito di guida religiosa e apostolica di tutta la vostra Compagnia.
La vostra Congregazione si svolge in un periodo di grandi cambiamenti sociali, economici, politici; di accentuati problemi etici, culturali ed ambientali, di conflitti di ogni genere; ma anche di comunicazioni più intense fra i popoli, di nuove possibilità di conoscenza e di dialogo, di profonde aspirazioni alla pace. Sono situazioni che interpellano fino in fondo la Chiesa cattolica e la sua capacità di annunciare ai nostri contemporanei la Parola di speranza e di salvezza. Mi auguro perciò vivamente che tutta la Compagnia di Gesù, grazie ai risultati della vostra Congregazione, possa vivere con rinnovato slancio e fervore la missione per cui lo Spirito l'ha suscitata nella Chiesa e da oltre quattro secoli e mezzo l'ha conservata con straordinaria fecondità di frutti apostolici. Voglio oggi incoraggiare voi e i vostri confratelli a continuare sulla strada di questa missione, in piena fedeltà al vostro carisma originario, nel contesto ecclesiale e sociale che caratterizza questo inizio di millennio. Come più volte vi hanno detto i miei Predecessori, la Chiesa ha bisogno di voi, conta su di voi, e continua a rivolgersi a voi con fiducia, in particolare per raggiungere quei luoghi fisici e spirituali dove altri non arrivano o hanno difficoltà ad arrivare. Sono rimaste scolpite nel vostro cuore le parole di Paolo VI: "Ovunque nella Chiesa, anche nei campi più difficili e di punta, nei crocevia delle ideologie, nelle trincee sociali, vi è stato e vi è il confronto tra le esigenze brucianti dell'uomo e il perenne messaggio del Vangelo, là vi sono stati e vi sono i Gesuiti" (3 dicembre 1974, alla 32 a Congregazione Generale).
Come dice la Formula del vostro Istituto, la Compagnia di Gesù è istituita anzitutto "per la difesa e la propagazione della fede". In un tempo in cui si aprivano nuovi orizzonti geografici, i primi compagni di Ignazio si erano messi a disposizione del Papa proprio perché "li impiegasse là dove egli giudicava essere di maggior gloria di Dio e utilità delle anime" (Autobiografia, n. 85). Così essi furono inviati ad annunciare il Signore a popoli e culture che non lo conoscevano ancora. Lo fecero con un coraggio e uno zelo che rimangono di esempio e di ispirazione fino ai nostri giorni: il nome di San Francesco Saverio è il più famoso di tutti, ma quanti altri se ne potrebbero fare! Oggi i nuovi popoli che non conoscono il Signore, o che lo conoscono male, così da non saperlo riconoscere come il Salvatore, sono lontani non tanto dal punto di vista geografico quanto da quello culturale. Non sono i mari o le grandi distanze gli ostacoli che sfidano gli annunciatori del Vangelo, quanto le frontiere che, a seguito di una errata o superficiale visione di Dio e dell'uomo, vengono a frapporsi fra la fede e il sapere umano, la fede e la scienza moderna, la fede e l'impegno per la giustizia.
Perciò la Chiesa ha urgente bisogno di persone di fede solida e profonda, di cultura seria e di genuina sensibilità umana e sociale, di religiosi e sacerdoti che dedichino la loro vita a stare proprio su queste frontiere per testimoniare e aiutare a comprendere che vi è invece un'armonia profonda fra fede e ragione, fra spirito evangelico, sete di giustizia e operosità per la pace. Solo così diventerà possibile far conoscere il vero volto del Signore a tanti a cui oggi rimane nascosto o irriconoscibile. A questo pertanto deve dedicarsi preferenzialmente la Compagnia di Gesù. Fedele alla sua migliore tradizione, essa deve continuare a formare con grande cura i suoi membri nella scienza e nella virtù, senza accontentarsi della mediocrità, perché il compito del confronto e del dialogo con i contesti sociali e culturali molto diversi e le mentalità differenti del mondo di oggi è fra i più difficili e faticosi. E questa ricerca della qualità e della solidità umana, spirituale e culturale, deve caratterizzare anche tutta la molteplice attività formativa ed educativa dei Gesuiti, nei confronti dei più diversi generi di persone ovunque essi si trovino.
Nella sua storia la Compagnia di Gesù ha vissuto esperienze straordinarie di annuncio e di incontro fra il Vangelo e le culture del mondo - basti pensare a Matteo Ricci in Cina, a Roberto De Nobili in India, o alle "Riduzioni" dell'America latina -. Ne siete giustamente fieri. Sento oggi il dovere di esortarvi a mettervi nuovamente sulle tracce dei vostri predecessori con altrettanto coraggio e intelligenza, ma anche con altrettanta profonda motivazione di fede e passione di servire il Signore e la sua Chiesa. Tuttavia, mentre cercate di riconoscere i segni della presenza e dell'opera di Dio in ogni luogo del mondo, anche oltre i confini della Chiesa visibile, mentre vi sforzate di costruire ponti di comprensione e di dialogo con chi non appartiene alla Chiesa o ha difficoltà ad accettarne le posizioni e i messaggi, dovete allo stesso tempo farvi lealmente carico del dovere fondamentale della Chiesa di mantenersi fedele al suo mandato di aderire totalmente alla Parola di Dio, e del compito del Magistero di conservare la verità e l'unità della dottrina cattolica nella sua completezza. Ciò vale non solo per l'impegno personale dei singoli Gesuiti: poiché lavorate come membra di un corpo apostolico, dovete anche essere attenti affinché le vostre opere ed istituzioni conservino sempre una chiara ed esplicita identità, perché il fine della vostra attività apostolica non rimanga ambiguo od oscuro, e perché tante altre persone possano condividere i vostri ideali e unirsi a voi efficacemente e con entusiasmo, collaborando al vostro impegno di servizio di Dio e dell'uomo.
Come voi ben sapete per aver compiuto molte volte sotto la guida di Sant'Ignazio negli Esercizi Spirituali la meditazione "delle due bandiere", il nostro mondo è teatro di una battaglia fra il bene e il male, e vi sono all'opera potenti forze negative, che causano quelle drammatiche situazioni di asservimento spirituale e materiale dei nostri contemporanei contro cui avete più volte dichiarato di voler combattere, impegnandovi per il servizio della fede e la promozione della giustizia. Tali forze si manifestano oggi in molti modi, ma con particolare evidenza attraverso tendenze culturali che spesso diventano dominanti, come il soggettivismo, il relativismo, l'edonismo, il materialismo pratico. Per questo ho chiesto il vostro rinnovato impegno a promuovere e difendere la dottrina cattolica "in particolare sui punti nevralgici oggi fortemente attaccati dalla cultura secolare", alcuni dei quali ho esemplificato nella mia Lettera. I temi, oggi continuamente discussi e messi in questione, della salvezza di tutti gli uomini in Cristo, della morale sessuale, del matrimonio e della famiglia, vanno approfonditi e illuminati nel contesto della realtà contemporanea, ma conservando quella sintonia con il Magistero che evita di provocare confusione e sconcerto nel Popolo di Dio.
So e capisco bene che questo è un punto particolarmente sensibile e impegnativo per voi e per diversi dei vostri confratelli, soprattutto quelli impegnati nella ricerca teologica, nel dialogo interreligioso e nel dialogo con le culture contemporanee. Proprio per questo vi ho invitato e vi invito anche oggi a riflettere per ritrovare il senso più pieno di quel vostro caratteristico "quarto voto" di obbedienza al Successore di Pietro, che non comporta solo la prontezza ad essere inviati in missione in terre lontane, ma anche - nel più genuino spirito ignaziano del "sentire con la Chiesa e nella Chiesa" - ad "amare e servire" il Vicario di Cristo in terra con quella devozione "effettiva ed affettiva" che deve fare di voi dei suoi preziosi e insostituibili collaboratori nel suo servizio per la Chiesa universale.
Allo stesso tempo vi incoraggio a continuare e a rinnovare la vostra missione fra i poveri e con i poveri. Non mancano purtroppo nuove cause di povertà e di emarginazione in un mondo segnato da gravi squilibri economici e ambientali, da processi di globalizzazione guidati dall'egoismo più che dalla solidarietà, da conflitti armati devastanti ed assurdi. Come ho avuto modo di ribadire ai Vescovi latinoamericani riuniti al Santuario di Aparecida, "la opzione preferenziale per i poveri è implicita nella fede cristologica in quel Dio che per noi si è fatto povero, per arricchirci con la sua povertà (2 Cor 8,9)". E' quindi naturale che chi vuol essere veramente compagno di Gesù, ne condivida realmente l'amore per i poveri. Per noi la scelta dei poveri non è ideologica, ma nasce dal Vangelo. Innumerevoli e drammatiche sono le situazioni di ingiustizia e di povertà nel mondo di oggi, e se bisogna impegnarsi a comprenderne e a combatterne la cause strutturali, occorre anche saper scendere a combattere fin nel cuore stesso dell'uomo le radici profonde del male, il peccato che lo separa da Dio, senza dimenticare di venire incontro ai bisogni più urgenti nello spirito della carità di Cristo. Raccogliendo e sviluppando una delle ultime lungimiranti intuizioni del Padre Arrupe, la vostra Compagnia continua a impegnarsi in modo meritorio nel servizio per i rifugiati, che spesso sono i più poveri fra i poveri e che hanno bisogno non solo del soccorso materiale, ma anche di quella più profonda vicinanza spirituale, umana e psicologica che è più propria del vostro servizio.
Un'attenzione specifica vi invito infine a riservare a quel ministero degli Esercizi Spirituali che fin dalle origini è stato caratteristico della vostra Compagnia. Gli Esercizi sono la fonte della vostra spiritualità e la matrice delle vostre Costituzioni, ma sono anche un dono che lo Spirito del Signore ha fatto alla Chiesa intera: sta a voi continuare a farne uno strumento prezioso ed efficace per la crescita spirituale delle anime, per la loro iniziazione alla preghiera, alla meditazione, in questo mondo secolarizzato in cui Dio sembra essere assente. Proprio nella settimana scorsa ho profittato anch'io degli Esercizi Spirituali, insieme con i miei più stretti collaboratori della Curia Romana, sotto la guida di un vostro esimio confratello, il Card. Albert Vanhoye. In un tempo come quello odierno, in cui la confusione e la molteplicità dei messaggi, la rapidità dei cambiamenti e delle situazioni, rende particolarmente difficile ai nostri contemporanei mettere ordine nella propria vita e rispondere con decisione e con gioia alla chiamata che il Signore rivolge a ognuno di noi, gli Esercizi Spirituali rappresentano una via e un metodo particolarmente prezioso per cercare e trovare Dio, in noi, attorno a noi e in ogni cosa, per conoscere la sua volontà e metterla in pratica.
In questo spirito di obbedienza alla volontà di Dio, a Gesù Cristo, che diviene anche umile obbedienza alla Chiesa, vi invito a continuare e a portare a compimento i lavori della vostra Congregazione, e mi unisco a voi nella preghiera insegnataci da Sant'Ignazio al termine degli Esercizi - preghiera che sempre mi appare troppo grande, al punto che quasi non oso dirla e che, tuttavia, dovremmo sempre di nuovo riproporci: "Prendi, Signore, e ricevi tutta la mia libertà, la mia memoria, la mia intelligenza e tutta la mia volontà, tutto ciò che ho e possiedo; tu me l'hai dato, a te, Signore, lo ridòno; tutto è tuo, di tutto disponi secondo ogni tua volontà; dammi soltanto il tuo amore e la tua grazia; questo mi basta" (ES 234).
(Version originale en italien. La version en français sera envoyée dès qu'elle est disponible.)
Le journal LA CROIX (France) a publié cette entrevue du P. Peter-Hans Kolvenbach, le jour de l'ouverture de la Congrégation.
La Croix, no. 37946
Evénement, lundi, 7 janvier 2008
Entretien
Dossier. P. Peter-Hans Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus : « Il revient aux jésuites de rendre plus visible leur vie consacrée »
Isabelle de GAULMYN
Le supérieur général des jésuites démissionne après un quart de siècle à ce poste. 225 délégués du monde entier sont réunis à partir d'aujourd'hui à Rome pour élire son successeur
Après vingt-quatre années comme supérieur général des jésuites, le pape a accepté votre démission : sera-ce désormais une procédure normale pour vos successeurs ?
P. Peter-Hans Kolvenbach : À vrai dire, le Saint-Père n'a pas accepté ma démission, car seule la congrégation générale des jésuites, qui se réunit à partir du 7 janvier, est habilitée à le faire. Il a permis que la Compagnie procède à cette démarche. Une commission juridique a examiné la question de la durée du mandat du supérieur général, actuellement élu à vie : ne serait-il pas plus opportun qu'un généralat se termine à un certain âge, ou bien qu'il se limite à un nombre précis d'années, comme c'est le cas dans d'autres familles religieuses ? L'idée était de disposer d'une norme objective. Après réflexion, le Saint-Père a voulu maintenir la procédure actuelle, plus fidèle à l'intuition de saint Ignace. Être général à vie ne signifie pas mourir dans sa charge ! Il est possible à un supérieur général de demander au Saint-Père de pouvoir présenter sa démission à la congrégation générale, si sa vitalité lui fait défaut pour animer le corps apostolique de la Compagnie de Jésus.
Comment sera élu votre successeur ?
C'est la congrégation générale, avec ses quelques 220 électeurs, qui choisit. Contrairement à ce qui se passe par exemple chez les dominicains, il n'y a pas de présentation, par des candidats, de leur programme de gouvernement. Chacun décide pour qui voter dans un discernement personnel. Mais, à la lumière de l'expérience du conclave, il m'a semblé bon que les jésuites se connaissent mieux entre eux, car la Compagnie est vaste. J'ai donc demandé aux provinces d'organiser un échange préalable d'informations sur des noms, sans vote. Une fois le nouveau général élu, le pape doit être le premier informé, et seulement ensuite la congrégation peut proclamer le nom du nouveau général. Cela laisse au pape la possibilité de refuser le candidat élu, même si cela ne s'est jamais produit.
Vous-même, qu'allez-vous devenir ?
Je reviens sous l'obéissance de mon supérieur provincial. Il m'a dit qu'il serait content que je retourne au Liban. Pour moi, je serais heureux d'avoir encore quelque chose à faire.
En Europe, on note une chute des vocations jésuites. La vie consacrée a-t-elle un avenir en Occident ?
Pour l'ensemble de la Compagnie, en 2006-2007, on comptait 905 novices, dont 130 Européens et 116 Nord-Américains, mais 389 en Asie et Océanie. Il nous faut prier, spécialement en Europe et en Amérique du Nord, pour que le Seigneur envoie des ouvriers dans sa vigne. Nous ne pouvons pas simplement « embaucher » : une vocation à la vie consacrée est un don de Dieu à son Église. Mais il nous revient de rendre plus visibles et explicites notre vie consacrée et notre engagement apostolique au service de l'oeuvre du Seigneur.
De plus en plus de laïcs se réclament de la spiritualité de saint Ignace : ont-ils vocation à prendre la relève ?
Ignace était laïc quand il a fait l'expérience des Exercices spirituels, et a commencé, à partir de cette expérience, à aider les autres. Ses Exercices sont à la disposition de chacun pour trouver son chemin personnel vers Dieu et recevoir de lui le sens de sa vie. Que cette expérience ignatienne aboutisse à une responsabilité dans une oeuvre jésuite, ou même à une entrée dans la Compagnie est une conséquence heureuse, mais nullement indispensable ; elle peut conduire à des engagements hors des organisations jésuites, tout en étant inspirés par l'expérience d'Ignace.
Les jésuites sont un institut missionnaire. Où se trouve aujourd'hui la mission ?
Déjà pour saint Ignace, la « mission » désignait le fait d'être envoyé, davantage qu'un pays précis. Le jésuite se rend disponible pour être envoyé par le Seigneur ou par son vicaire sur terre, le pape. De là l'importance fondamentale, pour la Compagnie, de découvrir, grâce à un discernement priant, comment poursuivre la mission du Christ parmi les hommes et les femmes de notre temps, et d'abord là où le Seigneur et sa Bonne Nouvelle ne sont pas ou mal connus. Les premiers jésuites parcouraient le monde, rendant des services dans les hôpitaux et les prisons. Saint Ignace a découvert que l'éducation de la jeunesse était une dimension cruciale de cette mission, pour lier la foi aux éléments essentiels des cultures et des savoirs.
Même si l'éducation demeure un engagement préférentiel, il existe une grande variété d'activités apostoliques : pastorale et apostolat intellectuel, ministères spirituels et travail dans les médias, etc. Dans ces divers apostolats, la « dimension sociale », la préoccupation pour la promotion de la justice, n'a cessé de grandir, en fidélité aux encouragements des papes. Mais, si 1 000 jésuites sont engagés dans le secteur social, cinq fois plus le sont dans l'éducation. Et le nombre de paroisses confiées à des jésuites dépasse actuellement 2 000. En même temps, il y a toujours des jésuites appelés vers des enjeux nouveaux : ainsi, le dialogue interreligieux, qui exige des hommes bien formés, ou l'univers des nouvelles techniques de communication.
La réception du Concile fait aujourd'hui débat dans l'Église. Et dans la Compagnie ?
Benoît XVI a prôné, pour l'évaluation de Vatican II, une herméneutique de la continuité. La discontinuité et les ruptures n'ont pas de sens dans une Église qui s'enrichit sans cesse d'une tradition vivante dans le Christ. Dans la vie consacrée, chez les jésuites comme ailleurs, le Concile a eu comme fruit un retour aux sources, pour repartir comme à neuf dans une fidélité créatrice. Il ne s'agissait donc pas de rupture, mais de changements permettant de sortir de coutumes périmées et de retrouver l'appel d'origine dans la nouveauté de l'Esprit. Le P. Arrupe (NDLR : préposé général des jésuites de 1965 à 1981) ne cessait de rappeler que ces changements venaient de l'Esprit qui « fait toutes choses nouvelles », s'ils surgissaient d'une conversion des coeurs. Lors du centenaire de sa naissance, beaucoup ont reconnu en lui le « prophète du renouveau conciliaire ».
Des théologiens jésuites ont eu récemment des difficultés avec le Saint-Siège...
L'Église a plus que jamais besoin de théologiens, pour faire face avec compétence et créativité aux défis de notre temps. Ils ont aussi la tâche et la responsabilité de dire la Parole de Dieu de manière qu'elle touche le coeur et éclaire l'intelligence des hommes, dans leur diversité de langues et de cultures. En soulignant tel ou tel aspect de la foi, ou même en innovant carrément, le théologien risque d'être partial ou partiel dans sa pensée. Il revient alors au Magistère d'intégrer sa réflexion dans la plénitude de la foi catholique. C'est ainsi que la préférence théologique donnée aux pauvres par le P. Sobrino avait besoin de se libérer de ce qu'elle pouvait avoir d'exclusif. Ou encore, l'amplitude du salut s'étendant aux religions non chrétiennes, scrutée par le P. Dupuis, avait besoin d'être intégrée dans le mystère de l'unique Sauveur. Le Magistère et le théologien agissent tous deux au service du peuple de Dieu. Mais des tensions, voire des conflits, sont inévitables, et l'histoire de l'Église en est pleine.
L'Asie tient une place importante aujourd'hui dans la Compagnie. Comment se situe le débat de l'inculturation ?
Il y a quelques années, le cardinal Ratzinger introduisait le terme d'« inter-culturation », pour remplacer celui d'« inculturation », plus habituel mais moins juste. Lorsqu'un chrétien annonce la Bonne Nouvelle, il le fait dans la langue et la culture qui sont les siennes. Pour que son message puisse être reçu, il lui faut le traduire dans la langue et la culture de l'autre. Mais cela risque d'être une imposition si l'autre ne participe pas activement dans cette transmission de la foi. Déjà au XVIe siècle, l'activité missionnaire en Chine était marquée par un grand respect mutuel entre les cultures qui se rencontraient. Le P. Matteo Ricci n'imposait pas ses convictions de chrétien, mais proposait l'Évangile aux aspirations religieuses de la Chine, faisant autant qu'il pouvait une lecture chinoise du message du Christ. Il y a aujourd'hui beaucoup de jésuites en Inde : ils doivent avoir le droit de reconnaître dans le visage du Christ les traits de leur propre culture.
Vous-même connaissez bien l'islam, et de nombreux jésuites sont impliqués dans ce dialogue interreligieux.
Il faut faire attention au terme « dialogue », qui revêt plusieurs significations. Si on pense au dialogue de la vie, du vivre ensemble, il est possible et souhaitable : il ne faut pas rester enfermé dans des ghettos. Le dialogue de l'espérance, de l'action pour un monde plus juste, plus fraternel, permet aussi de collaborer avec les musulmans. Nous sommes croyants ensemble dans un monde où la foi ne brille pas tellement, et dans le dialogue de la spiritualité les musulmans et les chrétiens ont aussi quelque chose à se dire. Mais si on pense à un dialogue qui nous mettrait d'accord sur ce qui nous sépare, ce n'est pas possible. Sur ce plan, un dialogue dans la vérité est très difficile : nous parlons tous d'Abraham, mais ce n'est pas le même Abraham. Pour les musulmans, c'est le père des croyants, pour nous chrétiens, il est le père de l'Alliance avec le peuple hébreu : c'est très différent. Nous chrétiens avons une conception de Dieu, les musulmans ont la leur ; il n'est pas possible de mélanger. Mais sur beaucoup de terrains un dialogue est possible et fructueux, et de fait beaucoup de jésuites y sont engagés.
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1 Une entrevue révélatrice du P. Kolvenbach au journal LA CROIX, au moment où il quitte ses fonctions, est disponible ci-dessous.