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Les jésuites au Canada anglais

Mission nouvelle

 

Pour que les chrétiens du Moyen-Orient puissent vivre leur foi en pleine liberté et être instruments de réconciliation et de paix.

Je m'adresse avec affection aux communautés qui sont et se sentent un "petit troupeau" que ce soit à cause du nombre réduit de frères et de soeurs (cf. Lc 12,32), ou parce qu'elles vivent dans des sociétés composées d'une large majorité de croyants d'autres religions, ou bien encore en raison des circonstances présentes, où certaines de vos nations d'appartenance traversent de sérieux problèmes et difficultés. Je pense avant tout aux pays marqués par de fortes tensions et souvent soumis à des épisodes d'une terrible violence qui, en plus de causer de graves destructions, frappent sans pitié des personnes sans défense et innocentes. Les nouvelles quotidiennes qui arrivent du Moyen-Orient ne font que montrer une aggravation de situations dramatiques, presque sans issue. Ce sont des événements qui suscitent naturellement chez ceux qui s'y trouvent impliqués de la protestation et de la colère et qui prédisposent les âmes à une volonté de revanche et de vengeance. Nous savons que ce ne sont pas là des sentiments chrétiens; y céder rend intérieurement durs et rancuniers, bien loin de cette "douceur et humilité" dont le Christ s'est voulu le modèle (cf. Mt 11,29). L'on perdrait ainsi l'occasion d'offrir une contribution proprement chrétienne à la solution des très graves problèmes de notre époque. Il ne serait en aucun cas raisonnable, en particulier en ce moment, de perdre du temps à s'interroger sur qui a le plus souffert ou de vouloir présenter le compte des torts subis, en énumérant les raisons qui militent en faveur de la thèse de chacun. Cela a souvent été fait par le passé, avec des résultats pour le moins décevants. La souffrance, au fond, est commune à tous, et lorsque quelqu'un souffre, il doit ressentir avant tout le désir de comprendre combien peut souffrir l'autre qui se trouve dans une situation analogue. Le dialogue patient et humble, fait d'écoute réciproque et visant à la compréhension de la situation d'autrui a déjà porté des fruits de bien dans des pays précédemment dévastés par la violence et par les vengeances. Un peu plus de confiance dans l'humanité de l'autre, en particulier s'il souffre, ne peut que donner de bons résultats. Cette disposition intérieure est aujourd'hui invoquée avec raison de nombreuses parts.

A vous, chers frères et sours, [...] j'exprime avec affection ma proximité personnelle dans la situation d'insécurité humaine, de souffrance quotidienne, de peur et d'espérance que vous êtes en train de vivre. Avant tout, je répète à vos communautés les paroles du Rédempteur: "Sois sans crainte, petit troupeau, car votre père s'est complu à vous donner le royaume" (Lc 12,32). Vous pouvez compter sur ma totale solidarité dans les circonstances actuelles. Je sais pouvoir également me faire le porte-parole de la solidarité de l'Église universelle. Qu'aucun fidèle catholique du Moyen-Orient, avec sa communauté d'appartenance, ne se sente donc seul et abandonné. Vos Églises sont accompagnées dans leur chemin difficile par la prière et par le soutien caritatif des Églises particulières du monde entier, à l'exemple et selon l'esprit de l'Église naissante (cf. Ac 11,29-30).

Dans les circonstances actuelles, marquées par peu de lumières et par trop d'ombres, c'est pour moi un motif de réconfort et d'espérance de savoir que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient, dont les souffrances intenses sont bien présentes à mon esprit, continuent à être des communautés vivantes et actives, décidées à témoigner de leur foi avec leur identité spécifique dans les sociétés qui les entourent. Elles désirent pouvoir contribuer de manière constructives à soulager les nécessités urgentes de leurs sociétés respectives et de toute la région. Dans sa première Lettre, écrivant à des communautés plutôt pauvres et laissés-pour-compte, qui ne comptaient pas beaucoup dans la société de l'époque et étaient également persécutées, saint Pierre n'hésitait pas à dire que leur situation difficile devait être considérée comme une "grâce" (cf. 1,7-11). En effet, n'est-ce pas une grâce de pouvoir participer aux souffrances du Christ, en s'unissant à l'action avec laquelle Il a pris sur Lui nos péchés pour les expier? Que les communautés catholiques, qui vivent souvent dans des situations difficiles soient conscientes de la puissante force qui provient de leur souffrance acceptée avec amour. C'est une souffrance qui peut changer le cour de l'autre et le cour du monde. J'encourage donc chacun à poursuivre avec persévérance sur son chemin, soutenu par la conscience du "prix" par lequel le Christ l'a racheté (cf. 1Co 6,20).

Benoît XVI
Message aux catholiques du Moyen-Orient, 21 décembre 2006
© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

 

COMMENTAIRE PASTORAL
Claudio Barriga, S.J.

Avant la conquête arabe et islamique du septième siècle, les chrétiens formaient 95% de la population des côtes du Sud-est méditerranéen. Aujourd'hui, avec 12 millions de fidèles, ils représentent moins de 6% de la population, et le chiffre continue à diminuer. Les conflits successifs à la Première guerre mondiale ont poussé environ 10 millions de chrétiens à émigrer, à la recherche de meilleures perspectives d'avenir ailleurs. Le cas actuel le plus grave est celui qui affecte l'Irak. Du million et demi de chrétiens existant avant la guerre commencée par Bush en 2003, il n'en reste aujourd'hui qu'environ 500.000! La situation en Terre sainte est, elle aussi, alarmante. En 1948, les chrétiens constituaient 85% de la population de Bethléem; aujourd'hui, 12%. A Jérusalem, en 1992, les chrétiens étaient 53%; ils sont aujourd'hui 2%. Au Liban, au moment de l'indépendance, en 1932, les chrétiens étaient 55%; ils sont aujourd'hui 35%. En Syrie, la communauté chrétienne représentait le ¼ de la population, aujourd'hui, ils n'en sont plus que le dixième.

Ces nombres et ces proportions permettent d'imaginer, dans une certaine mesure, les souffrances indicibles, les injustices et les violences que les chrétiens ont dû supporter dans ces régions. Les conflits sanglants, l'intolérance religieuse, les persécutions, l'émigration forcée font partie des abominations qui continuent aujourd'hui encore à plonger des millions de fidèles dans l'accablement et la souffrance. Il s'agit là de réalités d'autant plus dramatiques et choquantes qu'elles touchent des Églises qui sont à l'origine historique de l'expansion du christianisme dans le monde.

Le Saint-Père nous demande donc de prier pour elles, afin qu'elles puissent vivre leur foi en toute liberté et que la réconciliation et la paix deviennent réalité dans les pays concernés.

 

Pour que l'Église soit le germe et le noyau d'une humanité réconciliée et réunie dans l'unique famille de Dieu, grâce au témoignage de tous les fidèles dans chaque pays du monde.

Soyez des hommes et des femmes libres et responsables; faites de la famille un centre rayonnant de paix et de joie; soyez des promoteurs de la vie, de son commencement à son déclin naturel; protégez les personnes âgées, car elles méritent le respect et l'admiration pour le bien qu'elles vous ont fait. Le Pape s'attend également à ce que les jeunes cherchent à sanctifier leur travail, en l'accomplissant avec compétence technique et avec diligence, pour contribuer au progrès de tous leurs frères et pour illuminer avec la lumière du Verbe toutes les activités humaines (cf. Lumen gentium, n. 36).

Mais, surtout, le Pape souhaite qu'ils sachent être les protagonistes d'une société plus juste et plus fraternelle, en remplissant leurs devoirs à l'égard de l'État: en respectant ses lois; en ne se laissant pas emporter par la haine et par la violence; en tentant d'être des exemples de conduite chrétienne dans leur milieu professionnel et social, en se distinguant par l'honnêteté dans les rapports sociaux et professionnels. Qu'ils se souviennent que l'ambition démesurée de richesse et de pouvoir conduit à la corruption de soi et des autres; il n'y a pas de raisons valables qui justifient la tentative de faire prévaloir ses propres aspirations humaines, qu'elles soient économiques ou politiques, à travers la fraude et la tromperie.

Il existe, en dernière analyse, un immense horizon d'action dans lequel les questions d'ordre social, économique et politique acquièrent une importance particulière, à condition que leur source d'inspiration soit l'Évangile et la Doctrine sociale de l'Église. La construction d'une société plus juste et solidaire, réconciliée et pacifique; l'engagement à freiner la violence; les initiatives de promotion d'une vie vécue en plénitude, de l'ordre démocratique et du bien commun, en particulier celles qui visent à éliminer certaines discriminations existant dans les sociétés latino-américaines et qui ne doivent pas êtres des causes d'exclusion, mais plutôt d'enrichissement réciproque.

Benoît XVI
Voyage apostolique au Brésil à l'occasion de la
V conférence Générale de l'Episcopat Latino-Américain
et des Caraïbes, rencontre avec les jeunes
10 mai 2007
© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

COMMENTAIRE PASTORAL

Au lieu du commentaire, nous vous présentons une prière prononcée par Jean Paul II en Colombie, terre d'un peuple qui aspire avec émotion à l'affirmation de cette "humanité réconciliée" pour laquelle nous prions ce mois-ci. « 1. Béni sois-tu, Seigneur et Père qui es au ciel, Origine de tout bien, source de toute consolation, parce que dans ta bonté infinie, Tu nous as réconciliés avec Toi et entre nous, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, ton Fils divin. Aide-nous à accomplir ta volonté pour que ton règne de justice, d'amour et de paix vienne à nous.

Nous te prions en confiance pour que la Mission de réconciliation nationale, promue par les évêques de Colombie, pénètre très profondément dans le coeur de tous les Colombiens, et que ton message de fraternité et de pardon fasse surmonter les différences, les inimitiés, les antagonismes, et renforce la volonté d'entente et de compréhension. Nous te supplions pour qu'avec l'aide de ta grâce, la devise "pour la Réconciliation vers la Paix" devienne vie chez les individus, dans les familles et dans la société.

2. Convertis-nous à Toi, Père de miséricorde. Fais-nous sentir la joie du pardon reçu pour que nous sachions la partager avec les autres. Renouvelle-nous par ton Esprit pour que nous sachions découvrir la nouveauté évangélique: "Heureux les artisans de paix" (Mt 5,9).

Aide-nous à contempler sur la face du Christ, crucifié et ressuscité, le mystère de notre réconciliation, l'amour sans limites qui exclut toute violence, la source vivante d'un pardon qui embrasse aussi les ennemis, pour qu'en tant que fils d'un même Père, nous puissions tous nous reconnaître frères en son nom. Par son sang rédempteur, fais que cessent les violences et les vengeances, qui provoquent des spirales de haine et qui sèment destruction, terreur et mort.

3. Nous te prions pour toutes les familles de Colombie, pour que les funestes heures de douleur et de pleurs une fois surmontées, elles puissent jouir de la paix que Jésus nous a laissée; pour que dans leurs foyers, dans ceux où fleurissent les vertus chrétiennes, les enfants grandissent sans incertitudes ni craintes, en se préparant à contribuer à forger une société plus juste et fraternelle.

Accorde aux dirigeants, responsables d'une nation fière de sa foi chrétienne, les énergies spirituelles et morales nécessaires pour servir la grande cause du bien commun; pour qu'ouverts aux exigences de ta Parole, ils soient toujours sensibles aux aspirations de tout un peuple, qui veut la paix et qui en a besoin. Illumine tous les hommes de bonne volonté, pour que, motivés par ton message de miséricorde et de pardon, ils soient toujours plus convaincus de la stérilité de la violence, qui a produit tant de blessures, et qui n'est pas la voie vers une paix juste et durable.

4. Que les pasteurs de l'Église en Colombie, les prêtres, les religieux, les religieuses et tous les fidèles, soient signe et instrument de réconciliation, pour que l'action évangélisatrice, nouvelle en son ardeur, soit féconde en fruits de pardon et de concorde, de justice et de paix.

Que l'amour de la Vierge Marie, Notre-Dame de Chiquinquirá, Reine et patronne de la Colombie, suscite chez tous les Colombiens des sentiments de fraternité et d'harmonie, afin de consolider la nation comme en une grande famille qui veut vivre, à partir de la foi chrétienne, la civilisation de l'amour.

Nous te le demandons, Père de bonté, avec la force de ton Esprit, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, Prince de la Paix et source de notre réconciliation. Amen. »

Jean Paul II
Prière à l'occasion de la mission de réconciliation nationale
promue par les évêques de Colombie
17 février 1989