Pour nous joindre
siteglc@jesuites.org

Participez à notre LISTE d'ENVOIS pour être informés des nouveautés et des activités. Inscrivez votre adresse de courriel et cliquez le bouton inscription.

Votre adresse E-Mail :

Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

Haïti

Camp d'été au Collège
St-Ignace de Croix-des-Bouquets

Haïti est un des pays des Caraïbes qui compte le plus grand nombre d'enfants privés d'accès à l'éducation. En effet, s'il est vrai que l'école en Haïti est obligatoire, elle n'est pas gratuite pour autant. Elle devient même de moins en moins publique. Quant aux installations, la majorité de ces écoles de fortune sont improvisées dans des bâtiments qui n'ont pas été conçus à cette fin. Si on relevait le nombre d'écoles dans les rues de Port-au-Prince, on pourrait croire qu'on a résolu définitivement le problème d'alphabétisation en Haïti. L'éducation est devenue une entreprise très lucrative et très luxueuse. Un luxe que la grande majorité des familles haïtiennes, dont les revenus sont si faibles, qu'elles ne peuvent assumer le coût exorbitant de l'éducation de leurs enfants.

Bénédict Dorcy, S.J. auteur de l'article

À Croix-des-Bouquets, par exemple, ville située à proximité de Port-au-Prince, dont la superficie est de 456,9 km² environ et dont la population est estimée à plus de 180,000 habitants, il existe plus d'une centaine d'écoles. Parmi ces écoles, on compte un Lycée, une école nationale et une école communale. Toutes les autres sont privées ou semi-privées. Quant aux écoles professionnelles et universités, elles sont inexistantes. C'est la raison pour laquelle les jeunes sont obligés de se diriger vers Port-au-Prince. Pour les écoles privées, nous pouvons dire que la plupart d'entre elles ne répondent pas aux normes du Ministère de l'Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Dans le but d'apporter une réponse à cette carence scolaire dans cette région, le père Claude Souffrant a pris l'initiative d'ouvrir un collège dans la localité de Noille, en septembre 2003. C'est ainsi que le Collège Saint-Ignace-de-Loyola a pris naissance, avec seulement 36 élèves en septième année fondamentale.

En 2004, ils étaient déjà plus de 130 élèves. Durant l'année académique 2004-2005, on a pu organiser plusieurs activités artistiques, sportives et culturelles: la danse, le théâtre, le petit Génie, la célébration des anniversaires, etc. Mais l'activité qui a connu le plus grand succès, à mon avis, a été le camp organisé durant l'été 2005.

Le lundi 13 juin 2005, aux environs de 8h30, le camp d'été est ouvert par une prière de circonstance. Après la prière, les élèves se sont inscrits dans les disciplines qui les intéressaient (football, danse, chant, poésie). Au lendemain de la première journée, certains élèves ont commencé à amener avec eux, qui son petit frère, qui sa petite sour, parfois des cousins et des cousines et même des amis. Au bout de quelques jours on constata qu'il y avait plus de spectateurs que de participants, car les activités étaient réservées aux élèves du collège. Pour remédier à ce problème, on a demandé à l'un des nôtres, Nono , de nous prêter son projecteur pour organiser une section de cinéma.

Pour le mini-championnat de football, les maîtres Samuel et Odes furent chargés d'organiser le calendrier des rencontres et de veiller á la bonne marche de l'événement. Chaque équipe regroupait cinq joueurs. Durant la première semaine, toutes les équipes s'affrontaient suivant un processus d'élimination. Finalement, les quatre meilleures équipes ont disputé la semi-finale les 20 et 21 juin. Le mercredi 22 juin, c'était la grande finale au cours de laquelle l'équipe PA SOU SA , a été consacrée championne du tournoi. Pour le lendemain, on avait invité la sélection junior de ZEALOUS Football Club - une école de football qui évolue à Santo - pour disputer une partie amicale, ainsi que la Radio Ginen pour couvrir l'événement. Au début les nôtres, étaient un peu craintifs face à l'autre équipe qui démontrait une plus grande expérience. Tout le monde pensait qu'on allait se faire massacrer. Aucun de nos meilleurs joueurs n'a voulu débuter le match. Mais, après un quart d'heure de jeu, tous ont fini par avoir plus confiance en eux-mêmes et ils ont réussi à montrer leur talent, à un point tel qu'ils ont entièrement dominé la seconde partie du match. Après les 90 minutes de jeu, le pointage était toujours à égalité, zéro but partout. Pour déterminer un vainqueur, on est allé au tir au but et c'est là que notre équipe a perdu quatre buts à deux (4-2).

Claude Souffrant, S.J. Fondateur du collège Saint-Ignace

Personnellement, je pense que ces jeunes, par leur conduite et leur exploit, ont vraiment fait preuve d'héroïsme. D'abord, ils ont dû non seulement faire face à une équipe expérimentée, mais surtout parce qu'ils ont eu à supporter les quolibets et les insultes de certaines personnes de la localité, venues assister à la rencontre. Mais, en fin de compte, ils ont réussi à tourner la situation à leur avantage, en gagnant la sympathie de la population par la qualité du football qu'ils ont joué, et par leur esprit d'équipe. À la fin de la rencontre, les dirigeants de l'équipe victorieuse furent forcés de reconnaître que nos joueurs avaient du talent et que tout ce qui leur manquait, c'était un peu plus de discipline dans leurs jeux.

Pour le concours de poésie, on avait demandé aux participants de se présenter à 9 h. On leur donnait un thème sur lequel ils devaient travailler. Les thèmes étaient centrés généralement sur la famille, l'environnement, Haïti, etc. Mais, pour clôturer le concours on leur a permis d'écrire sur un thème de leur choix. À la fin, c'est un élève de 15 ans, Jean-Marie Carmel , qui a remporté le premier prix, une bourse d'étude complète pour l'année académique 2005-2006.

Pour le volet danse, on n'a pas eu beaucoup de soucis à se faire. Professeurs et élèves s'y connaissaient déjà, grâce aux cours de danse qui se donnent à l'école les jeudi et vendredi. C'était en somme des retrouvailles. Ce sont eux d'ailleurs qui ont organisé la petite fête pour clôturer le camp en beauté.

Enfin, il y avait une dernière activité qui regroupait des élèves du collège avec leurs proches, pour visionner quelques films pendant la journée. On commença avec des films étrangers ( S.W.A.T - RUSH HOUR - I SPY ), mais on a constaté que l'intérêt était plus grand avec des films haïtiens. Fort heureusement, on n'a eu aucune difficulté pour en trouver.

Le Père Souffrant à l'entrée du collège

Il fallait bien nourrir tous les participants. La nourriture arrivait toujours entre 11h30 et midi. Une fois arrivée, un comité formé de parents, de professeurs et d'élèves, se chargeait de faire la distribution. Le même comité était aussi responsable de nettoyer les lieux, une fois les activées de la journée terminées.

Si le camp a été une réussite, c'est grâce à la collaboration et aux efforts de chacun. Et j'en profite ici pour remercier tous ceux et celles qui, d'une façon ou d'une autre, m'ont aidé dans cette tâche. Mais le plus important dans ce camp, c'est qu'il nous a permis de découvrir et de promouvoir les talents cachés et extraordinaires de nos jeunes élèves. Aujourd'hui, le Collège Saint Ignace compte 153 élèves: soit 61 en septième, 60 en huitième et 32 en neuvième année fondamentale ( l'équivalent des années de secondaires 1, 2 et 3 au Québec)

Bénédict DORCY, S.J.

benedictsj@hotmail.com

 
Sommaire