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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

Haïti

Le Centre de spiritualité Pedro-Arrupe
à Port-au-Prince

Le BRIGAND fait régulièrement entendre des échos d'Haïti, plus spécifiquement de la vie de nos communautés et de nos ouvres là-bas. On a pu ainsi mieux comprendre, par exemple, le travail à la frontière nord-est du pays, à Ouanaminthe, où notre équipe de Solidarite Fwontalye s'occupe des questions de migration et travaille à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs haïtiens souvent expulsés du pays voisin, la République Dominicaine. On sait aussi que, depuis presque deux ans maintenant, la Compagnie en Haïti a lancé un projet d'éducation d'avant-garde par l'ouverture d'écoles Foi et Joie . De temps à autre, on a des nouvelles des communautés jésuites, en particulier du noviciat ou des jésuites haïtiens en formation. Il y a pourtant un aspect de la présence jésuite en Haïti qui revêt une importance capitale et dont on parle peu, c'est l'apostolat spirituel, plus particulièrement celui de l'accompagnement spirituel dans la tradition ignatienne.

  Depuis une douzaine d'année maintenant, cette présence a une adresse, celle du Centre de spiritualité Pedro-Arrupe. Son directeur, le père André Charbonneau, nous résume son histoire; il décrit aussi la signification et la pertinence des services que ce centre offre à l'Église d'Haïti. Découvrez avec nous cette ouvre bien modeste mais combien valable. 1

Recherche, réflexion, exégèse parfois : diverses dimensions du Centre spirituel

Naissance d'un projet

La vie du Centre a commencé en septembre 1995 à Manrèse, cette maison construite par les jésuites canadiens lors de leur premier séjour en Haïti à la fin des années 50. Après entente avec le Père Supérieur des Clercs de Saint-Viateur, qui ont pris charge du bâtiment quand les jésuites ont été expulsés du pays, la Compagnie de Jésus y a loué trois petits bureaux, situés en dessous de la chapelle. Logés modestement, nous avons commencé pour ainsi dire «grandement» : nous étions trois jésuites à temps plein au Centre. Le P. Bernard Bélair vivait déjà en Haïti depuis quelques années et c'est en lui que l'idée du Centre a germé; le P. Donald Maldari, jésuite américain, sortait du Troisième An et s'offrait à notre Province pour travailler en Haïti; enfin moi-même, je venais de quitter l'Université du Québec à Trois-Rivières et je commençais une seconde carrière en Haïti. Nous étions heureux de commencer quelque chose de neuf et de prometteur au point de vue apostolique.

Comme beaucoup de communautés religieuses espéraient voir l'ouverture du Centre de spiritualité, la réponse de certaines communautés a été, on peut vraiment le dire, «enthousiaste». Comme principale activité de la première année, nous avons offert la possibilité, pour toutes personnes intéressé(e)s, de faire les Exercices Spirituels de saint Ignace dans la vie courante. Beaucoup de religieux et religieuses se sont présenté(e)s. La rotonde de Manrèse était tout à fait pleine. Cela a duré un an. Nous rencontrions les exercitants à tous les 15 jours pour donner les explications nécessaires en vue de la bonne marche des Exercices ainsi que pour l'accompagnement spirituel. Évidemment, comme les Exercices dans la vie courante sont extrêmement exigeants, il y a eu beaucoup de démissions. C'était à prévoir! Tout de même 26 personnes ont persévéré. Le projet était ambitieux, mais il en a valu la peine pour ceux et celles qui ont tenu jusqu'au bout.

Nous ne manquions pas d'optimisme ni de souffle. ni de projets! En plus des Exercices Spirituels , nous offrions au temps de Noël et à la fin de l'année scolaire, des sessions intensives de trois jours. Une clientèle nombreuse répondait. C'était très encourageant et très stimulant. En janvier 1996, il a été décidé de commencer une petite revue qu'on appellerait le Bulletin de Liaison . Rapidement, le P. Maldari, directeur fondateur de la revue, a réuni quelques articles qui ont été envoyés à un grand nombre de communautés religieuses d'Haïti.

Le Centre était lancé et, avec la grâce de Dieu, il fonctionnait bien. Rapidement, il a été question de la construction d'un Centre de Spiritualité. On nous avait même encouragés à trouver des fonds pour la construction. Une généreuse bienfaitrice, une Portoricaine, nous avait donné 16,000$ U.S. pour l'aménagement du futur terrain.

Hélas!, la situation a changé rapidement : après deux ans, le P. Maldari est retourné dans son pays pour enseigner la Théologie à l'Université Le Moyne de Syracuse et, quelque temps après, le P. Bélair, fondateur du Centre, est rentré au Canada.

Le Centre devait continuer. Mais il fallait être réaliste. Il ne pouvait continuer comme avant. On a pu maintenir les sessions de Noël et de Pâques pendant quelques années. Toutefois, la situation difficile du pays nous a en quelque sorte obligé de laisser tomber les sessions, car les religieuses et les religieux, travaillant hors de Port-au-Prince, ne rentraient plus dans la Capitale, et même, pour certaines religieuses de Port-au-Prince, il n'était pas prudent de sortir de leur quartier pour venir participer aux sessions. Toutefois, le travail ne manquait pas : accompagnement spirituel, récollections et retraites dans les communautés religieuses. Mais on était loin des grands projets du début. On ne faisait que répondre à des demandes. Le Centre cherchait sa voie.

 

La construction du Noviciat, en 2001

La Villa Manrèse de Port-au-Prince, où a débuté le Centre spirituel

Une nouvelle piste s'est ouverte lorsqu'il a été question de la construction du Noviciat, à Cazeau, un quartier situé dans la section nord de Port-au-Prince. Dans un premier temps, le P. Général ne voulait pas donner le feu vert pour cette construction : il trouvait qu'on n'avait pas le personnel requis pour ouvrir un Noviciat; il tenait beaucoup à ce qu'une communauté d'accompagnement soit présente au Noviciat. Il ne fallait pas, selon lui, que le Maître des novices demeure avec un seul compagnon, le Socius. À ce moment-là, on s'est tourné vers le Centre et on m'a demandé ce que je penserais d'une construction du Centre intégrée à la construction du Noviciat. Le projet me paraissait intéressant et permettait, dans une situation où je me trouvais pratiquement seul, d'avoir un lieu pour faire fonctionner le Centre et aussi, peut-être, un lieu où je trouverais quelques compagnons pour collaborer à la vie du Centre.

Depuis le printemps 2002, c'est à Cazeau que le Centre de spiritualité trouve son siège : une aile modeste mais très agréable, face à l'aile du Noviciat. De fait, c'est dans ce lieu qu'une nouvelle équipe s'est reconstituée : le P. Gontrand Décoste est devenu co-directeur du Centre et plusieurs autres pères sont devenus collaborateurs, sans préjudice de leurs autres fonctions : les PP. Godefroy Midy, Gilles Beauchemin, Dérino Sainfariste et Miller Lamothe, supérieur de Cazeau. L'équipe, constituée d'hommes bien occupés à toutes sortes d'autres fonctions, était en partie refaite, mais la mission propre du Centre était loin d'être évidente.

Rencontre avec les évêques d'Haïti, le 27 septembre 2002, à Lilavois

L'aile du Centre spirituel, au noviciat de Caseau

J'en viens maintenant à ce qui a été un tournant majeur pour l'orientation du Centre. Puisque le Centre de spiritualité Pedro-Arrupe n'est pas le seul en Haïti, puisque certains Centres fonctionnent très bien, ont une bonne clientèle et répondent très bien aux besoins de la population du pays, nous avons cru qu'il n'était pas bon apostoliquement d'ajouter un autre Centre qui s'adresserait à la même clientèle. Tenant compte de cette réalité, nous nous sommes demandés où nous pourrions rendre le meilleur service. Nous avons cru, après réflexion, que nous pourrions apporter une aide au clergé d'Haïti. Profitant d'une assemblée des évêques à Lilavois, nous avons pris rendez-vous avec eux. Nous étions trois jésuites, le P. Gilles Chaussé, à l'époque délégué du P. Provincial, le P. Gontrand Décoste (Co-Directeur) et le P. André Charbonneau (Directeur). Il faut bien le dire, pour nous, le moment avait beaucoup d'importance, mais cachait un certain mystère. Nous ne savions pas comment allait être accueillie notre offre. C'est par ces paroles que s'est ouverte la rencontre avec les évêques :

«Après avoir réfléchi, prié, consulté, les Pères travaillant au Centre Pedro-Arrupe ont voulu renouer avec l'histoire. Lorsque Pie XII, en 1953, a demandé aux jésuites de venir travailler en Haïti, leur priorité apostolique devait être le travail auprès des prêtres : la formation des prêtres au Grand Séminaire Notre-Dame. Pour des raisons historiques, sans doute aussi providentielles, d'autres font aujourd'hui ce travail et le font très bien.

Aujourd'hui, nous nous demandons, et c'est là la raison de notre présence parmi vous, si nous ne pourrions pas offrir aux futurs prêtres et aux prêtres déjà à l'ouvre dans leur ministère un service d'ordre spirituel, sachant que ce que l'on demande aux prêtres est extrêmement difficile et exige souvent un appui fraternel. Il est clair qu'un tel travail ne pourrait être entrepris ni accompli sans votre approbation.

Puisque les Pères travaillant au Centre ont déjà une lourde tâche et qu'il importe de ne pas les surcharger, voici ce que nous vous proposons pour cette année 2002-2003».

Le père Charbonneau en session avec les novices

Voici brièvement le contenu de nos offres. Elles n'avaient rien de sensationnel : 1) accompagnement spirituel de séminaristes (nous étions prêts à accompagner dix séminaristes); 2) quatre récollections au Grand Séminaire; 3) mise à la disposition des prêtres des deux chambres du Centre pour des pasteurs désireux de faire une retraite accompagnée de quelques jours. 4) Enfin, étaient ouvertes pour les prêtres, les deux sessions intensives, une donnée par le P. Claude Flipo (Qu'est-ce que la vie spirituelle? Repères et attitudes fondamentales) et l'autre par le P. Gontrand Décoste (Croissance humaine et spirituelle dans le contexte haïtien).

Les évêques, ne connaissant pas à l'avance l'objet de la rencontre, étaient fort heureux de ce que nous leur proposions, mais ils nous dirent, en toute simplicité, que c'était trop peu! Ils nous firent dix demandes. J'en énumère quelques-unes : 1) accompagnement des jeunes prêtres au cours de leur cinq premières années de sacerdoce et sessions d'intériorisation spirituelle et théologique; 2) formation permanente des prêtres; 3) prédication des retraites annuelles du presbyterium ; 4) accompagnement spirituel des séminaristes (aux deux institutions de Cazeau et de Turgeau : offrir une aide plus intensive dans ce domaine et en prendre plus que dix).

Le champ pour le travail apostolique était donc largement ouvert et il était très vaste! Nous ne pouvions que nous en réjouir. Mais, nos moyens d'action étaient fort réduits.

 

La rencontre avec les évêques a-t-elle eu un suivi?

Cette rencontre n'est pas resté lettre morte. Elle a eu des effets qui durent jusqu'à maintenant.

Tenant compte de la demande des évêques, le P. Midy a fait le tour de tous les diocèses du pays : en janvier, le père faisait sa malle et allait prêcher la retraite des prêtres, qui était toujours fort appréciée. Encore aujourd'hui, la tradition continue. Le P. Gontrand Décoste, bien que débordé par le travail, n'a pas refusé de se rendre au diocèse de Fort Liberté pour la retraite des prêtres en janvier 2008.

Aussi longtemps que le P. Gontrand Décoste est demeuré au Noviciat, les évêques, tous amis du père depuis longtemps, communiquaient fréquemment avec lui. On lui envoyait des jeunes prêtres et des grands séminaristes, pour des récollections, des retraites ou pour des séjours. Le Centre ne manquait pas de vie. On avait là un homme bien précieux.

Mais, à nouveau, le Centre a connu un autre tournant. Au printemps 2005, le P. Décoste partait pour le Troisième An, pour ne plus revenir au Noviciat. Il allait consacrer le meilleur de son temps à l'enseignement de la Théologie au Grand Séminaire Notre-Dame. C'est là qu'on le voulait! Qu'allait devenir le Centre?

 

Le fonctionnement actuel du Centre Pedro-Arrupe

L'eucharistie est au centre de la vie du Centre; des retraitants s'y nourrissent

Que fait-on au Centre? Le Centre est-il vivant? Est-ce qu'on parle du Centre?

Pour être honnête, je crois qu'on parle peu du Centre. Bien des gens ignorent même que nous existons! Dans la lettre de charge que je dois envoyer au P. Général, à tous les deux ans, je lui disais : «Le Centre est un peu un être de raison»! Autrefois, les sessions intensives nous faisaient connaître et attiraient un auditoire nombreux et de qualité. Maintenant, il serait difficile de revenir à ce qui était bon, puisque la situation a changé. Je suis devenu le Socius du Père Maître, je donne des cours aux novices, je m'occupe des stagiaires chaque fin de semaine, je ne suis vraiment plus à temps plein au Centre. Heureusement que le P. Miller Lamothe, maintenant Délégué du provincial à la vie communautaire et à la formation, est toujours collaborateur au Centre. Alors le Centre, qu'est-il donc devenu? Est-ce que la rencontre avec les évêques est devenue un autre événement qui a connu une fin rapide? Il semble que non!

À l'automne 2006, Mgr Péan, évêque des Gonaïves, est venu et nous a fait une demande fort exigeante : il désirait que nous fassions l'accompagnement spirituel de ses douze séminaristes, étudiants en Philosophie à Cazeau, et que nous donnions deux retraites d'une semaine à ses sept stagiaires ouvrant aux Gonaïves. Ce que nous avons fait.

Le 4 octobre 2007, Mgr Péan est revenu à nouveau au Centre. Il nous a remercié de notre travail et nous a demandé de renouveler le même service que celui rendu en 2006-2007. Puis, il a ajouté qu'il aimerait bien qu'on donne une retraite à ses cinq séminaristes avant leur ordination (diaconat et presbytérat) en décembre. Voyant que la rencontre avec les évêques continuait de porter du fruit, nous avons accepté les demandes de Mgr Péan avec plaisir.

Récemment, le P. Gontrand me disait, à propos de l'accompagnement des grands séminaristes : «Je n'arrête plus! J'accompagne au moins 20 séminaristes». La rencontre avec les évêques, vendredi le 27 septembre 2002, continue de porter des fruits!

Il y a aussi d'autres clientèles qui viennent frapper à notre porte, mais toujours dans la ligne de l'accompagnement. Depuis quelques années, les Pères de Scheut nous demandent d'accompagner leurs stagiaires pendant leurs études de philosophie. Le P. Miller et moi, nous nous partageons cette besogne. À cela s'ajoute aussi quelques séminaristes de Turgeau, ainsi que quelques religieux et religieuses en formation, qui nous demandent de les accompagner.

On peut encore ajouter que quelques religieux et religieuses viennent faire leur retraite ou des récollections au Centre. Le P. Miller en accompagne beaucoup, surtout les personnes qui viennent en fin de semaine. Pour ma part, j'ai accompagné un religieux pour une retraite de 30 jours et j'ai aussi accompagné quelques jésuites pour retraites ou récollections.

Enfin, dernier événement et pas le moindre. Chaque année, en janvier, le P. Miller Lamothe donne la grande retraite (les 30 jours) aux novices et cette retraite est ouverte aux personnes intéressées. Nous recevons surtout des religieux et des religieuses. Pour cette occasion, le Noviciat et le Centre collaborent intimement : nous nous partageons l'accompagnement et les célébrations eucharistiques. Cette année, ce sera la sixième fois que je participerai à cette activité.

Je crois que l'on peut dire que le Centre est vivant. Toutefois, pour ne pas fausser la réalité, il faut bien affirmer que les chambres ne sont pas toujours pleines et personne ne fait la file à la porte! Grâce à Dieu! On ne doit pas oublier que, quand quelqu'un vient frapper à notre porte, il s'agit, pour le P. Miller et moi, d'un surplus ajouté à nos tâches quotidiennes.

Mais on comprendra facilement qu'un tel travail est extrêmement important, bien qu'il ne provoque pas beaucoup de remous dans la société haïtienne! Personnellement, je crois que nous ne faisons pas d'erreur en conservant une telle orientation pour le Centre. Il s'agit d'un travail clé pour la vie de l'Église. De plus, on peut être assuré, au moins actuellement, que, si nous ne faisons pas ce travail, personne ne le fera!

 

L'avenir du Centre
Le Bulletin de Liaison

Le Bulletin de liaison est publié quatre fois par année

Le Bulletin existe depuis la fondation du Centre. Il s'agit d'une revue modeste, mais qui ne manque pas de qualité. On s'adresse à des intervenants et intervenantes dans l'Église. C'est à ces personnes que nous désirons apporter une nourriture. Environ 250 personnes reçoivent la revue. Bien que nous n'ayons jamais fait de publicité, la revue s'adressant d'abord aux gens du pays, plusieurs personnes d'autres pays nous ont écrit pour recevoir notre revue. Il me semble que la revue devrait continuer. Elle est une source de rayonnement pour le Centre; enfin, une revue sera toujours un stimulant intellectuel pour les membres du Centre.

Je me dois de signaler ici la présence de collaborateurs bien précieux. Le P. Gilles Beauchemin s'occupe depuis plusieurs années de la publication de la revue, depuis la mise en page jusqu'à l'envoi par la poste. Gilles est l'homme sur qui on peut compter. Le P. Donald Maldari ne nous a pas quittés complètement : il met fidèlement la revue sur internet. Nous avons aussi des collaborateurs, qui, par leurs articles, rendent possible la revue. Je ne pourrais les nommer tous. Mais je dois nommer ici le P. René Latourelle, ancien professeur à la Grégorienne à Rome, qui publie avec plaisir des articles, fruits du travail de sa recherche pendant de longues années. Je me dois de signaler aussi le P. Godefroy Midy qui, avec sa connaissance du pays, donne à notre revue une saveur qui rejoint l'âme haïtienne.

 

La bibliothèque

bibliothèque de spiritualité et de théologie : un outil rare en Haïti

Au Centre, il y a la bibliothèque de théologie qui devient de plus en plus intéressante et qui, chaque année, s'enrichit. On y trouve de grands dictionnaires et aussi quelques revues qui nous permettent de suivre modestement la recherche et de nous garder intellectuellement vivants. Bientôt, la bibliothèque du Centre recevra toute la collection «Sources Chrétiennes», ainsi que la collection complète des «Cahiers Évangile». Ce sont là deux cadeaux de notre Bibliothèque de Saint-Jérôme. Il y a aussi la bibliothèque de philosophie qui sert beaucoup à des professeurs et à des étudiants et étudiantes. Ces bibliothèques sont pour le Centre des sources de rayonnement intellectuel. Il me semble que c'est un service qu'on devrait maintenir.

 

Une construction un peu inévitable

Le Centre actuel n'a que deux chambres! Heureusement, le Noviciat peut offrir deux autres chambres. En mettant deux lits dans la plupart des chambres, nous pouvons recevoir sept retraitants. L'idéal serait que chaque retraitant ait sa chambre. Il est plus difficile de se recueillir quand un ami loge à côté de soi! Nous espérons donc, dans un avenir pas trop éloigné, que nous pourrons avoir environ sept chambres pour recevoir sept retraitants! Ça sera encore bien modeste!

 

La relève

Nous espérons qu'un jeune jésuite s'intéressera au Centre, qu'il aura le désir de faire spécialement de l'accompagnement spirituel et aussi qu'il aimera donner les Exercices . Il faudra qu'il soit bien formé en théologie, en spiritualité et qu'il ait aussi une connaissance solide en psychologie. Un tel jésuite serait bien précieux pour le Centre. Nous espérons le trouver! Peut-être se montre-t-il déjà la tête!

 

Le Centre, un lieu de prière

Le Centre Pedro-Arrupe reçoit aussi sa vie du Noviciat. Il y a là une communauté qui y vit. C'est une maison habitée, il y a un esprit! Les novices ont, bien sûr, leurs moments de détentes, mais la maison demeure plutôt silencieuse. Les grands séminaristes ont souvent fait la remarque que le climat de la maison est tout à fait favorable à la prière et au recueillement. La liturgie, bien que simple, est soignée : il y a du chant, c'est priant et les célébrants ne se présentent jamais sans avoir bien préparé l'homélie. On pourrait rêver que le Centre Pedro-Arrupe devienne de plus en plus un lieu de prière et de discernement recherché.

Il me semble que l'orientation actuelle du Centre est bonne. Le travail demandé est exigeant et urgent. Pour ma part, je souhaite que la Compagnie d'Haïti, avec une équipe élargie, continue ce travail entrepris avec l'assentiment des pasteurs de l'Église d'Haïti, le 27 septembre 2002.

André Charbonneau, S.J.

1 Les photos sont de Jean-Thomas Dabady, scolastique jésuite.

 
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