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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

Reportage - Afrique

La lutte jésuite contre le SIDA

Un entretien avec Michael Czerny, S.J.

LE BRIGAND a déjà fait écho à l'engagement des jésuites - des jésuites africains d'abord et avant tout - contre la pandémie du SIDA en Afrique. Un concours de circonstances et le sens de l'obéissance jésuite ont fait que c'est le P. Michael Czerny, un jésuite de la Province du Canada anglais, qui a été choisi pour coordonner cet apostolat important. Les efforts des institutions jésuites pour lutter contre le SIDA sont très diversifiés, mais ce ne sont pas les cliniques médicales qui sont au premier rang. Bien souvent, en lien avec sa tradition, la Compagnie de Jésus fait un travail d'éducation qui, espère-t-on, aura un effet durable chez les populations atteintes par le virus du VIH. Notre reporter a rencontré le père Czerny à Kangemi, tout près de Nairobi au Kenya, à AJAN House 1, siège de la coordination de cet engagement jésuite.

Le P. Michael Czerny, S.J., coordonnateur de AJAN

Pierre Bélanger : Père Michael, pourriez-vous nous rappeler brièvement dans quelles circonstances AJAN (le Réseau jésuite africain contre le SIDA) a été mis sur pied et, plus important encore, pourquoi cela a-t-il été considéré comme nécessaire? Les jésuites ne sont pas spécialistes des questions médicales.

Michael Czerny : La vision et l'expression de la pastorale jésuite du SIDA en Afrique doivent beaucoup aux pionniers, par exemple le P. Édouard Trudeau (1917-2003) du Canada français. Ces gens ont lancé les premières initiatives à partir de la fin des années 80. En répondant à travers leurs ouvres apostoliques, ou en s'engageant pour soutenir et mettre en place de nouveaux projets, ils ont agi à une époque où peu de gens, dans la Compagnie de Jésus et dans l'Église, reconnaissaient l'impact et l'urgence de cette maladie. Les pionniers ont façonné la réponse jésuite d'une manière unique et dévouée. Ils ont permis de prendre conscience de l'importance d'une réponse concertée et renforcée de la Compagnie à la pandémie du SIDA en Afrique.

PB : Vous avez été ici, comme coordonnateur du Réseau jésuite contre le SIDA en Afrique, depuis six ans; quelles sont vos sentiments après ces années d'engagement?

MC : Je me sens très heureux car j'ai le sentiment que ce que nous avons accompli de plus important - et qui peut facilement nous échapper au premier coup d'oil - c'est d'avoir pu impliquer les jésuites de partout en Afrique. En cela, nous avons eu du succès. Si vous vous dites au point de départ que votre but c'est d'enrayer le SIDA, alors vous vous sentez dépassés. Mais si vous vous dites que votre objectif n'est pas de faire disparaître le SIDA mais plutôt que les jésuites reconnaissant l'importance du SIDA et l'affrontent pour inclure la lutte contre le SIDA dans leurs ministères, alors je dirais que nous avons eu pas mal de succès.

À AJAN House , la beauté a sa place. pour contrer l'image négative du SIDA

Si vous comparez par exemple cette problématique avec celle de l'écologie, qui nous affecte tous d'une manière ou d'une autre, je crois tout de même que ça ne nous atteint pas aussi profondément que la question du SIDA. Alors, si vous vous dites "je veux que tous les jésuites s'impliquent sur le plan écologique, vous faites de votre mieux, vous atteignez certains résultats et vous êtes satisfaits. Mais avec le SIDA, vous demandez aux jésuites africains de s'impliquer dans quelque chose qui les touche, qui touche leur famille, leur communauté, leur pays. C'est profond, mystérieux, angoissant; c'est une question de vie ou de mort. Alors donc, d'avoir réussi à impliquer quelque 200 jésuites, ça n'est pas simplement une bonne chose, mais c'est une implication sérieuse qui rejoint la vie de leurs peuples dans ce qu'elle a d'essentiel.

Plus concrètement peut-être, je répèterais que la petite équipe de la Maison AJAN, ici à Nairobi, est là pour soutenir les actions et les projets des jésuites qui, au cour de leurs ministères divers, intègrent des activités liées à la lutte contre la pandémie. Ainsi, les activités principales des membres du réseau incluent beaucoup d'activités de prévention et d'éducation fondées sur des valeurs auxquelles nous croyons, du counselling, du dépistage, de la pastorale et des soins médicaux dans nos centres paroissiaux, du soutien aux orphelins, aux enfants à risque, aux veuves et aux familles affectées. Des membres ont aussi des activités de plaidoyer ( advocacy ), de recherche, par exemple en théologie et en spiritualité. Encore une fois dans la vaste majorité des cas, l'apostolat du SIDA est intégré dans les activités quotidiennes et habituelles des jésuites que AJAN regroupe.

Michael Czerny, S.J., avec trois de ses collaborateurs jésuites

Succès et obstacles

PB : Depuis le début du projet, il y a plus de cinq ans maintenant, qu'est-ce que vous considérez comme des « réussites » dans votre travail? 2

MC : Quelques chiffres parlent assez bien du succès de l'organisation de notre réseau: en 2002 on comptait 25 initiatives jésuites liées au SIDA dans 10 pays de l'Afrique sub-saharienne. Aujourd'hui il y a quelque 200 projets en cours dans 25 pays. Selon le P. Peter-Hans Kolvenbach, notre ancien supérieur général, le Réseau jésuite africain contre le sida a été capable de coordonner et de renforcer les efforts de nombreuses personnes qui se trouvaient isolées; le réseau a contribué à faire reconnaître l'engagement de l'Église catholique contre la propagation du VIH et, surtout, d'accompagner avec dignité beaucoup de personnes souffrant de ses effets.

PB : Par ailleurs, vous avez déjà dit que la plus grande difficulté que vous avez rencontrée dans la mise sur pied de AJAN, ça avait été de faire accepter l'idée qu'un réseau était nécessaire. Pourquoi était-ce difficile?

MC : C'est probablement en raison du fait que les jésuites sont souvent bien pragmatiques. Les jésuites africains avaient appris que le projet commençait en 2002. Ils savaient que j'étais arrivé en 2003 et je faisais de la collecte de fonds. qui servaient apparemment à mes voyages d'un endroit à l'autre en Afrique. Mais où étaient les résultats? Combien d'orphelins, de veuves étaient soulagés?

PB : C'est que vous ne mettiez pas sur pied des cliniques.

MC : Exactement... Nous travaillons un peu comme les Nations Unies, pour l'ensemble du continent. Et en ce sens, il a fallu faire comprendre l'intérêt de notre travail de coordination qui n'est pas un travail d'attention médicale ou sociale aux gens touchés par le SIDA. Prenez nos gardes, ici à la porte durant le jour: nous les engageons non pas parce qu'ils sont des hommes forts, mais pour qu'ils puissent faire un travail de relations publiques pour expliquer aux gens qui viennent ce que nous faisons. Ça n'est pas si facile à comprendre pour les gens du voisinage, spécialement dans un quartier pauvre. Nous devons faire comprendre que nous aidons d'autres personnes dans leur travail auprès de ceux et celles qui sont atteints par la maladie.

Nous avons été incompris même par certains Provinciaux jésuites, parce qu'apparemment il n'y avait pas de « résultats » de ce que nous faisions. Ça nous a pris un certain temps... En janvier 2007, quand nous avons commencé l'évaluation de ce que nous avions fait jusque là, nous avons pu conclure que c'était pas mal. En particulier parce qu'enfin, après cinq ans, nous n'avions plus à nous excuser d'être un organisme de réseautage, nous n'avions plus à expliquer le réseau. Et surtout, les membres du réseau avaient commencé à dire : « AJAN, c'est nous! Ça n'est pas la maison à Nairobi. » AJAN, ce sont tous ces gens qui travaillent sur le terrain, ça n'est pas un « bureau ». C'est d'ailleurs pourquoi nous avons tenu à garder le AJAN House petit, sans l'aura d'un milieu bureaucratique professionnel.

PB : Voilà, vous animez un réseau et des personnes qui ont divers projets. Mais n'avez-vous pas été tenté de lancer votre propre « grand projet », qui pourrait vous servir de vitrine?

MC : Oui, la tentation est venue mais, heureusement, Dieu nous a permis d'y résister! AJAN réunit et appuie les projets mis sur pied par les Provinces jésuites, des grands et des petits. Nous ne prenons pas l'initiative. Je n'ai pas charge d'aucun projet, si ce n'est de faire fonctionner cette maison. Je soutiens, j'appuie, j'évalue au besoin. Il y a un projet du Service jésuite pour les réfugiés que j'ai été tenté de prendre, mais là encore, avec la grâce de Dieu, j'ai résisté à la tentation et c'est maintenant un projet qui est sous la responsabilité de la région.

AJAN publie des ouvrages de toutes sortes sur le SIDA en Afrique

Une dimension importante : les publications

PB : Les activités des jésuites en Afrique sont diversifiées, mais il y a une forte présence dans le monde académique, dans diverses universités par exemple. Est-ce qu'une partie du travail de AJAN se fait dans les cercles académiques?

MC : Je dirais plutôt dans le monde intellectuel plutôt que dans l'univers académique. Nous avons mis un fort accent sur la publication de livres et en ce sens nous pensons faire une contribution significative du point de vue de la réflexion. Sur les campus universitaires, nous sommes impliqués par un bon nombre d'aumôniers. Dans le rapport que nous avons fait à l'occasion de notre 5 e anniversaire, nous avons mentionné l'importance des aumôniers. Nous avons une option préférentielle pour les jeunes, les jeunes adultes surtout. Et nos livres - nous en publions deux ou trois par année - ont souvent ce public-là en tête. Ils s'ajoutent donc au travail pastoral, au ministère de compassion que nous faisons.

PB : Quels sont les sujets traités dans ces livres?

MC : Il n'y a qu'un seul thème: le SIDA! Mais chacun des auteurs est invité à traiter de ce sujet à partir de sa propre activité. Un l'a fait à partir de son travail de peintre, un autre à partir de la musique.

PB : AJAN est-il plus présent dans certaines régions que dans d'autres, en Afrique?

MC : Pas vraiment. En parcourant notre rapport, vous voyez que nous avons des collaborateurs, jésuites et non-jésuites, partout. Le poids de notre présence est souvent proportionnel au poids de la présence jésuite dans les différents pays.

Le scolastique Marcel Uwineza, S.J., est chargé de la bibliothèque.

PB : On a constaté qu'en Afrique francophone la pandémie était jusqu'à un certain point moins virulente; sait-on pourquoi?

MC : Il y a plusieurs éléments. Tout d'abord, le virus se présente sous différentes formes. Deuxièmement, il semble y avoir des facteurs environnementaux; par exemple le Sénégal a une forte proportion de sélénium dans son sol, ce qui contribue à contrer le virus du VIH. Troisièmement - et cela est donc source de confusion quant aux statistiques - les taux d'infection semblent proportionnels à la capacité du pays de traiter les informations statistiques. Ainsi vous pouvez dire que si l'Afrique du Sud a une plus grande proportion de gens atteints du VIH c'est peut-être parce qu'il y a là de meilleurs infrastructures médicales qui repèrent les cas, alors qu'en Guinée-Bissau on n'arrive pas à bien identifier les porteurs du virus.

AJAN est « reconnu ». par certains

PB : Quelle sorte de reconnaissance le réseau AJAN reçoit-il, de fait? Votre travail est-il bien reçu?

MC : Je dirais que l'aspect le plus significatif, au départ, c'est que les jésuites africains, dans l'ensemble, sont jeunes. Ainsi, nous sommes reconnus au sein de la Compagnie de Jésus d'abord par les jeunes jésuites, ceux qui représentent l'avenir : ça assure le long terme de notre engagement. Soyons honnêtes : nous sommes au début d'un projet qui durera 100 ans! En dehors de la Compagnie, ce dont je suis le plus fier au niveau de la pertinence qu'on donne à notre travail, c'est que bon nombre d'évêques en Afrique - pas tous mais un nombre significatif - reconnaissent que notre travail les aide. On s'entend bien avec eux et on collabore, alors qu'ils auraient pu avoir l'impression qu'on s'immisçait dans leurs plates-bandes. C'est une belle réussite, car, avec un peu d'humour, on peut dire que ça n'est pas toujours facile pour les jésuites de s'entendre avec les évêques. ou mieux encore, qu'il nous arrive d'être arrogants ou de ne pas porter suffisamment d'attention à leurs plans pastoraux!

PB : Et comment êtes-vous perçus en dehors des cercles ecclésiaux?

MC : Les responsables de la lutte contre le SIDA nous apprécient, de même que les agences catholiques de financement... mais on arrive vite à la fin de la liste de ceux qui reconnaissent notre ouvre. Bien des gens, quand ils se rendent compte que nous sommes catholiques - et à cause de la manière de l'Église catholique de faire la lutte contre le SIDA sans accepter des méthodes que nous jugeons imparfaites - ne nous considèrent pas beaucoup : nous souffrons de notre appartenance à l'Église catholique.

Activité avec des jeunes du primaire à Dodoma, en Tanzanie

PB : Votre travail a-t-il permis de faire reconnaître le travail de l'Église dans le champ du VIH-SIDA?

MC : Je le notais tout à l'heure, c'est notre ancien supérieur général, le P. Kolvenbach, qui a dit que AJAN avait suscité de la « respectabilité » au travail dans ce domaine - et c'est intéressant que ce soit lui qui l'ait fait puisqu'il regardait ça de l'extérieur. De quoi s'agit-il? J'ai l'impression que cet apostolat de lutte contre le SIDA souffre d'être stigmatisé comme le SIDA lui-même l'est. En d'autres mots, si vous demandez à un jésuite ce qu'il fait et qu'il vous dit qu'il donne les Exercices spirituels, vous serez tous deux très fiers de son engagement. Mais s'il vous dit « je travaille dans le domaine du SIDA », peut-être serez-vous fier de lui parce que vous êtes Québécois et que vous savez l'importance que ça a, mais lui-même peut ne pas être très fier, et si son interlocuteur est un Africain, il est possible qu'il ne mentionne même pas cet engagement de peur que vous pensiez que ça n'est pas un « vrai » ministère.

C'est ce qui me fait dire que l'apostolat du SIDA n'a pas une image très positive. Et donc notre père Général, finement, avait souligné que par nos publications, par nos interventions, par notre soutien, nous apportions peu à peu une reconnaissance, une image respectable à cet apostolat.

Kevin Devota anime un atelier de AJAN à Nairobi

Église et SIDA. un sujet qui demeure sensible

PB : À propos des relations entre l'Église et le SIDA, vous avez mentionné que les médias concentrent leur attention sur certains aspects de la lutte contre le SIDA qui ne sont pas les premières préoccupations de l'Église. Cherchez-vous à équilibrer le message - souvent négatif - que les médias présentent des points de vue de l'Église dans ce domaine?

MC : C'est difficile parce que la présentation d'un point de vue équilibré demande du temps et que les médias n'ont pas de temps! Je ne pense pas que nous avons beaucoup de succès avec les médias sur leur propre terrain et ça nous peine. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas préparés. Il faut dire que sur le continuum de l'histoire de l'Église, le SIDA est quelque chose de très nouveau et que c'est encore un choc. Peu à peu, nous nous ressaisissons et nous rendons compte des dimensions du problème et de l'importance d'y répondre. Alors, je ne dis pas que nous avons bien fait jusqu'ici, mais, par ailleurs, je ne dis pas que nous devons abandonner notre tradition et proposer quelque chose qui soit simplement au goût du jour. Dans ce contexte, je ne vais pas discuter avec les médias de changements qui pourraient être nécessaires dans les positions de l'Église.

Mais j'ajoute que les jésuites africains sont généralement unanimes à croire que l'enseignement, l'éthique, la spiritualité et la pratique catholiques sont les meilleurs réponses aux défis du VIH et du SIDA, ce qui inclut une réponse équilibrée et pastorale aux quelques questions de prévention sur lesquelles les médias reviennent continuellement, comme celle du condom.

Pierre Bélanger et Michael Czerny, durant l'interview

L'accès difficile aux fonds de lutte contre le SIDA

PB : Vous avez noté qu'il n'y a pas tellement de fonds disponibles dans les cercles catholiques, en Afrique, pour le travail lié au VIH-SIDA. Pourquoi, par exemple, ne trouvez-vous pas d'argent dans les programmes des grandes agences internationales qui sont impliquées dans la lutte contre le SIDA? Est-ce que l'image de l'Église catholique dans ce domaine vous nuit?

MC : Je ne puis qu'espérer que les choses changent, mais, depuis cinq ans, je me rends compte que les préjugés sont plus forts que la bonne volonté. Ainsi, les responsables des grands organismes vont nous dire de belles paroles, en partie parce qu'ils sont sincères et en partie parce que c'est la rectitude politique qui le demande, mais ils ne s'attaquent pas aux préjugés anti-catholiques de leurs employés. Ils nous incitent à présenter des projets... mais ceux-ci ne sont pas acceptés. Dans le concret, les projets ne sont pas présentés aux « patrons », mais à leurs agents. Et alors, après un certain temps, vous vous rendez compte qu'il vous faudrait briser une telle résistance et qu'en préparant des projets pour ces organismes, vous perdez votre temps et votre argent. C'est arrivé malheureusement trop souvent. Le résultat c'est que ça nous attriste et, pire encore, les gens sur le terrain qui ont besoin d'argent sont dans des situations impossibles.

C'est la situation actuelle . Nous tentons quelque chose ici au Kenya; nous ne savons pas encore si ça réussira. Nous aidons l'Église à présenter sa propre politique contre le VIH-SIDA et nous le faisons en deux modules séparés. Nous n'avons pas mis ensemble le message de l'Église qui s'adresse à ses propres membres et le langage de cette politique pour les « agences de financement ». Vous pouvez alors choisir de raconter la même histoire deux fois, de deux façons différentes, l'une avec une clé de lecture catholique, pour les catholiques, l'autre avec une clé de lecture, un vocabulaire, qui correspond aux habitudes des agences. Nous espérons que ça va aider.

Ces deux discours existent, l'un à côté de l'autre. Ils envoient le message suivant aux agences internationales  de financement: nous ne vous demandons pas d'avoir nos croyances ou même d'être d'accord avec les pratiques de nos membres, mais ce que nous attendons de vous, c'est de respecter ce que nous faisons pour aider les gens. Voici ce que nous faisons et ce pour quoi nous aimerions que vous nous accordiez votre aide.

Plus largement, AJAN existe dans un contexte de sous-financement généralisé des efforts catholiques dans la lutte contre le SIDA à travers l'Afrique. Des rapports indépendants provenant de diverses sources ont fait observer que l'Église reçoit une faible fraction du financement public contre le SIDA, aussi faible que 3%. Et pourtant, dans de nombreux pays en développement, ces aides fournissent jusqu'à 40% de l'ensemble des services liés au SIDA, pour atteindre 100% dans de nombreuses zones rurales isolées. Bien que ce déséquilibre injuste ait été maintes fois souligné, il semble qu'il n'y ait pas de volonté véritable de fournir davantage de financement plus proportionné et amplement mérité pour les efforts catholiques. Nous continuons d'espérer un meilleur avenir de ce côté-là.

À AJAN House , la chapelle a une place importante - les intentions de prière sont nombreuses

Il reste beaucoup à faire

PB : Et concrètement, comment voyez-vous l'avenir de AJAN durant les prochaines années?

MC : L'avenir, c'est d'abord de continuer ce que nous faisons de bon. Si une paroisse a un bon programme d'attention à domicile pour les sidéens et leurs familles, on devrait travailler à ce que chaque paroisse en ait un semblable. et on n'en est sans doute pas encore à 10% des paroisses. Chaque paroisse devrait aussi avoir des sessions pour aider les jeunes couples à ne pas attraper le VIH; chaque école devrait avoir de bons programmes éducatifs sur le VIH-SIDA; chaque cours de préparation au mariage devrait traiter de manière intelligente et attentive la question du VIH; chaque université devrait dispenser des cours solides sur le VIH-SIDA. Il y a tant à faire, alors même si on n'ajoute pas de nouvelles idées durant les cinq ou dix prochaines années, on a de quoi s'occuper. Mais j'ai confiance que nous allons découvrir de nouvelles avenues d'intervention parce qu'il y a beaucoup de créativité chez les jeunes et que, comme je dis, le SIDA fait partie de la vie actuelle et que nous, nous travaillons pour la vie! On va trouver encore des moyens d'apporter une contribution significative dans ce domaine.

AJAN House est dans la paroisse St. Joseph the Worker , fondée par le P. Amédée Payeur, S.J.

1 AJAN est un acronyme du nom anglais du Réseau des jésuites africains contre le SIDA : African Jesuits Aids Network
2 Le Réseau a fait paraître récemment un rapport de ses cinq premières années d'activité. On peut le demander en écrivant à Réseau jésuite africain contre le SIDA (AJAN), Box 571, 00606 Nairobi, KENYA - ou par courriel à : aids@jesuits.ca

 
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