DOSSIER ÉTHIOPIE
Monseigneur Rodrigo Mejía
Jésuite et évêque
Comme nous l'avions annoncé dans le numéro précédent, Le BRIGAND est heureux de vous proposer une série sur la présence des jésuites en Éthiopie. On se souviendra que ce sont les jésuites du Canada français qui, à la demande de l'empereur Hailé Sélassié, avaient ouvert, à partir de 1945, une mission dédiée à renforcer le système d'éducation éthiopien. Les quelques jésuites actuellement présents en Éthiopie ont des activités bien diversifiées et nos reportages veulent faire écho à cette présence jésuite d'aujourd'hui dans ce pays souvent méconnu ou mal connu.
Dans l'édition précédente, on a parlé du centre spirituel, le Centre Galilée, où ouvre le P. Roland Turenne, dernier jésuite canadien en sol éthiopien. Cette fois-ci, nous vous invitons à rencontrer monseigneur Rodrigo Mejía, jésuite colombien, à qui l'on a demandé d'animer un diocèse très pauvre au sud de l'Éthiopie, celui de Soddo-Hosanna.
Le père Jacques Levac, l'an dernier, nous avait déjà présenté ce jésuite colombien1 : il l'avait connu et apprécié lors d'une session sur la spiritualité ignatienne que le « futur évêque » était venu suivre au Québec. Le P. Levac s'était souvenu de son ami Rodrigo quand il avait appris sa nomination comme évêque.
Nous avons eu la chance de suivre Monseigneur Rodrigo durant quelques jours, dans son ministère épiscopal. C'est donc l'occasion d'offrir à nos lecteurs - comme cadeau de Noël, en quelque sorte - un « diaporama » sur la vie d'un évêque jésuite, le premier latino-américain à devenir évêque en Afrique, de fait. On peut voir là une confirmation du caractère véritablement universel de la Compagnie de Jésus.

Le Brigand : P. Rodrigo - ou Mgr Mejía - vous êtes Colombien et vous vivez et ouvrez en Éthiopie. Parlez-nous un peu de votre vocation missionnaire: Êtes-vous entré chez les jésuites avec l'intention d'être missionnaire en Afrique?
J'étais attiré par l'Afrique dès mon enfance: Quand j'avais à peine cinq ans, j'ai quitté ma maison, en plein cour de la ville de Medellin, habillé d'un uniforme de louveteau dont on m'avait fait cadeau. J'avais demandé la permission à maman d'aller en Afrique ; elle me l'a accordé en pensant que c'était un jeu d'enfant. Quelques rues plus loin, je me suis trouvé sur un boulevard flanqué de beaux palmiers royaux et je me suis convaincu que cela devait être l'Afrique. Deux heures plus tard, une voiture de gens de ma famille partis à ma recherche a retrouvé l'enfant perdu. au grand soulagement de maman. L'Afrique m'a attiré d'abord, la mission plus tard, pendant ma jeunesse, en lisant les lettres du P. Segundo Llorente, S.J., missionnaire en Alaska, qui avait une chronique intitulée « Des terres lointaines » dans une revue jésuite espagnole. Au noviciat, j'ai lu « Jésuites de la Nouvelle France » et j'ai alors voulu devenir missionnaire. Ma vocation grandit toujours mais je pense qu'elle ne vieillit pas.
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| Avant d'être évêque, le P. Rodrigo était membre de la communauté jésuite d'Addis Abeba. On le voit ici avec les pères Amédée Payeur et Gérard Gagnon. |
Rodrigo Mejía, SJ : Quelques mots peut-être de votre formation jésuite, en nous disant ce que vous avez spécialement retenu de votre passage au Québec.
Je suis allé au Québec pour un cours de formation aux Exercices spirituels dans la vie courante, un cours dirigé par le cher père Gilles Cusson. J'ai suivi toute ma formation comme jésuite en Colombie, sauf pour mon doctorat à la Grégorienne de Rome où j'ai eu l'occasion de rencontrer le P: Cusson. Comme je m'intéressais à la spiritualité, le P. Cusson m'invita à participer à ce cours d'un mois à la maison de Nominingue. Ce cours m'orienta vers le ministère des Exercices pour le reste de ma vie. J'ai donné les Exercices spirituels dans plusieurs pays d'Afrique et surtout en Éthiopie, évidemment. Ils font partie essentielle de ma mission. Le P. Cusson, de son côté, apprécia ma thèse doctorale « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » et en publia une version «de poche» dans les Cahiers de Spiritualité Ignatienne.2 Ma thèse fut connue d'abord en français au Québec et seulement ensuite en Espagnol!
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| Le 4 mars 2007, Mgr Rodrigo Mej ía, S.J., est consacré évêque pour le vicariat apostolique de Soddo-Hosanna, au sud de l'Éthiopie. |
B : Parlez-nous plus précisément de ce qui vous a amené en Afrique de l'Est? Est-ce que ce sont des besoins spécifiques qui ont attiré votre attention? Votre Province jésuite était-elle déjà engagée dans cette partie du monde?
RM : Quand je suis entré dans la Compagnie de Jésus en 1956, la Province de Colombie venait de quitter la mission de la Chine parce que nos missionnaires avaient été expulsés de ce pays-là. Quelques-uns étaient allés à Formose (Taiwan) et d'autres au Japon qui était une mission internationale pour la Compagnie. Par contre, moi j'avais de l'intérêt pour le «Congo Belge» que je connaissais à travers la revue «Vivante Afrique». Une conjoncture historico-politique se révéla providentielle: l'indépendance du Congo, le 30 Juin 1960, alors que j'étais en philosophie. Le Père Général Jean-Baptiste Janssens, voulant rendre la mission du Congo plus internationale fit appel, entre autres, à la Province de Colombie. Au début de 1964, je fus donc envoyé au Congo pour y faire ma «régence» pendant trois ans. Je retournai au Congo après mon ordination sacerdotale et je devins un membre de la Province d'Afrique centrale pendant 20 ans. La Compagnie ouvrit son premier théologat à Nairobi, au Kenya, et comme on avait besoin de jésuites ayant un doctorat en théologie, on m'envoya au Kenya en 1984 à Hekima College dont je suis fier d'avoir été un des membres fondateurs.
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| Les armoiries de Mgr Mejía qui comprennent des symboles africains et jésuite. Sa devise, en amarique : Aimez-vous les uns les autres . |
Les années passaient et comme je me rendais compte que la Province d'Afrique centrale était riche en vocations autochtones et que, par contre, la Province d'Afrique de l'Est était jeune et avait cinq pays à desservir, je m'offris pour en devenir membre à part entière. Je fus même Provincial de cette Province pendant trois ans mais le P. Général Peter Hans Kolvenbach m'a libéré des trois autres années que durent normalement un terme de Provincial - je blague en disant que c'était «pour bonne conduite » - afin de pouvoir venir en Éthiopie où il me semblait qu'il y avait «le plus grand besoin», comme le disent nos Constitutions. C'est ainsi que je fus envoyé en Éthiopie en mai 1998, il y a tout juste dix ans. J'avais accepté d'avance tout ce qui pourrait m'arriver dans ce pays, sauf la demande de devenir évêque en Éthiopie. je comprends maintenant mieux pourquoi on dit que «Dieu écrit droit avec des lignes croches»!
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| Lors de sa consécration, les fidèles apportent des cadeaux au nouvel évêque, y compris des animaux vivants. |
B : Quels ont été vos ministères et vos engagements depuis que vous êtes arrivé en Afrique de l'Est et plus spécialement en Éthiopie, au cours des dix dernières années ?
Quand je suis arrivé en Éthiopie en 1998, j'étais dans ma soixantième année. Tout d'abord j'ai dû consacrer une année entière à l'étude de la langue amharique qui est la plus répandue en Éthiopie. Ce n'est pas une langue bantoue comme le kikongo, le lingala ou le swahili que j'ai du apprendre au Congo et au Kenya. C'est une langue sémitique comme l'hébreu et l'arabe. Ensuite j'ai servi comme Secrétaire général de l'archidiocèse d'Addis Abeba pendant deux ans après quoi j'ai été directeur de notre centre de spiritualité, le «Centre Galilée» pendant six ans au cours desquels je me suis donné entièrement au ministère des Exercices spirituels . Le 4 mars 2007, le pape Benoit XVI m'a nommé évêque dans un Vicariat Apostolique pauvre et surpeuplé au milieu d'une multitude de tribus et de langues que je ne connais pas.
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| Mgr Rodrigo Mejía avec des confrères évêques éthiopiens |
RM : Et comment donc avez-vous été «repéré» pour devenir évêque? Peut-être pourriez-vous rappeler à nos lecteurs et lectrices que les jésuites font un «vou spécial» de ne pas chercher ou accepter des «charges, honneurs ou rangs ecclésiastiques». Comment se fait-il que vous soyez évêque aujourd'hui?
Oui, c'est exactement ce que j'ai rappelé au Nonce apostolique quand il m'a demandé d'accepter d'être évêque, mais il m'a tranquillement répondu: « De ma part je vous rappelle que vous faites aussi un vou spécial d'obéissance au pape et que c'est justement le pape qui vous demande ce service: Ce n'est pas vous qui l'avez cherché ou brigandé. » Je voyais qu'il s'était bien préparé et il ajouta: « Saint Ignace envoya le Père Andrés de Oviedo comme patriarche catholique en Ethiopie...donc vous ne serez pas le premier évêque jésuite dans ce pays...» Je dois aussi ajouter que l'on cherchait un évêque pour ce Vicariat Apostolique depuis cinq ans sans succès. Donc, après avoir consulté des personnes pleines de sagesse, entre elles le P. Général, je me suis rendu compte que c'était un service que l'Église me demandait et, conscient de tous les défis et des difficultés plutôt que de la dite «dignité» épiscopale, j'ai accepté. J'espère pouvoir devenir un bon évêque par la grâce de Dieu et non pas pour la disgrâce des autres...
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| L'humble cathédrale de Soddo, où on voit Mgr Rodrigo présider avec à ses côtés le supérieur jésuite de l'Éthiopie, le P. Groum Tesfaye . |
B : Décrivez-nous votre travail comme évêque à Soddo-Hosanna; comment pouvez-vous nous parler de ce diocèse, sa situation géographique, ses gens; le nombre et le pourcentage de chrétiens et des catholiques, les relations que vous entretenez avec ceux et celles qui sont d'autres religions, etc.?
Notre vicariat comprend un territoire d'environ 57.000 kilomètres carrés. Il est situé au sud de l'Ethiopie, il est limitrophe avec le Soudan et le Kenya. La population est de 7,150.000 habitants ce qui donne une densité de population de 125 habitants par kilomètre carré, une des plus hautes en Éthiopie. Ceci est une des principales causes de la pauvreté de cette région car la terre, bien que fertile, ne parvient pas à nourrir la population. C'est une région qui a été toujours un peu marginalisée. Dans ce territoire se trouve toute une mosaïque de groupes ethniques différents, chacun avec sa propre culture et sa propre langue. La langue amharique, que je connais passablement, n'est pas une langue très commune ici. Moi qui me vantais de connaître quatre langues africaines, je dois maintenant humblement apprendre à lire, plus ou moins correctement, le texte de la messe, sans rien y comprendre, en au moins trois langues principales de la région, selon la paroisse dans laquelle je me trouve. Pour moi la messe est doublement le mystère de la foi. Heureusement que le Bon Dieu comprend toutes les langues!
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| Visite à l'orphelinat, à Dubbo, ouvert par son prédécesseur et dirigé par les sours Missionnaires franciscaines du Sacré Cour. |
Nous sommes fiers d'avoir la plus grande concentration de catholiques en Éthiopie: 204,000 ce qui représente 40% du nombre total de catholiques du pays. Mais ce motif de joie est en même temps un grand défi pastoral pour le nombre de prêtres que nous avons (60 au total en comptant le clergé diocésain et les prêtres religieux).
Avec les autres chrétiens (orthodoxes et protestants) nous avons de bons rapports de respect mutuel mais je ne pourrais pas dire que nous entretenons de vraies relations ocuméniques. Il semble que la mémoire des tensions du passé est encore fraîche et que le moment favorable n'est pas encore arrivé; nous prions pour qu'il arrive.
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| Visite d'une paroisse. Mgr Rodrigo échange avec le curé, un capucin et le P. Groum Tesfaye, supérieur jésuite de l'Éthiopie. |
RM : Quels sont les plus grands défis auxquels vous êtes confrontés?
J'ai déjà fait mention de quelques défis. Je dois ajouter que je me trouve devant une grande chrétienté de type essentiellement rural qui a été évangélisée pendant presque un siècle d'une façon traditionnelle (il n'en pouvait pas être autrement!) et qui trouve difficile de passer d'une mentalité de totale dépendance du missionnaire étranger - et notamment de l'évêque - vers une véritable Église locale avec un laïcat qui prend des initiatives. Ici, tous, y compris les prêtres, se tournent vers l'évêque comme le sauveur qui a la solution à tous les problèmes, spécialement économiques. J'ai beau répéter que je suis un évêque pauvre, que je n'ai pas de liens avec l'Europe, que je viens aussi d'un pays du Tiers Monde avec beaucoup de problèmes... mais ce que les gens pensent, au fond, est sorti de la bouche d'un petit enfant de six ans: «Je ne te crois pas: il n'y a pas des blancs pauvres.. .» La vérité est que notre vicariat vit de la générosité des bienfaiteurs qui viennent nous visiter et restent touchés par la pauvreté des gens et par les efforts que l'Église catholique fait pour promouvoir la population: Nous avons quatre cliniques et un hôpital général, cinq écoles primaires et plus de 40 jardins d'enfance sans compter les sept centres de promotion de la femme. Je n'ai pas ici toutes les statistiques en main mais je puis dire, sans exagération, que notre Église catholique est connue et appréciée à cause de son implication dans le développement et des services sociaux qu'elle promeut. Mais, du point de vue économique, on a de la difficulté à maintenir tous ces engagements.
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| Le stationnement de l'église paroissiale de Waja ! |
Ce que j'ai appris dans ma première année comme évêque? J'ai appris que mes 45 ans d'expérience missionnaire en Afrique ne me dispensent pas d'apprendre chaque jour et d'écouter les gens. Je sens que les situations changent de manière parfois radicale d'un coin à l'autre de l'Afrique et même d'un coin à l'autre de l'Éthiopie. Les expériences du passé sont riches, certes, mais elles ne constituent pas une garantie d'infaillibilité. On a souvent la tentation d'appliquer ici la même méthode pastorale qui avait réussi jadis dans un autre contexte: je pense que j'ai appris à apprendre encore !
B : Le fait d'être jésuite; qu'est-ce que cela change pour vous?
RM : La présence des jésuites en Éthiopie est extrêmement discrète: une petite communauté de cinq prêtres et trois scolastiques en régence. Ceci pour dire que je ne puis pas compter, comme d'autres évêques en Afrique, sur l'aide directe de la Compagnie, soit en personnel ou financièrement. La Compagnie n'est pas présente dans ce vicariat et, vue la situation de notre Province d'Afrique de l'Est, je ne puis pas attendre l'appui structurel de la Compagnie dans notre vicariat bien que jusqu'à présent je dois dire que j'ai reçu des manifestations généreuses d'appui non seulement de notre Province mais de plusieurs autres Provinces où l'on me connaît depuis des années.
Cependant, ce qui fait la différence pour moi c'est la spiritualité que j'ai reçue de la Compagnie et que je considère un trésor bien plus grand que toutes les aides matérielles. L'attitude permanente de discernement spirituel apprise dans les Exercices ainsi que l'engagement apostolique de service dans l'Église pour l'extension du Royaume sont des valeurs typiquement jésuites qui me soutiennent comme évêque.
La vie en communauté jésuite me manque; certainement, mais grâce à Dieu, l'esprit d'Ignace m'accompagne toujours.
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| Procession d'entrée et célébration de confirmation dans la paroisse de Waja, en « banlieue » de Soddo. |
B : En terminant; quels sont les messages principaux que vous proposez dans votre ministère? Et quel message aimeriez-vous laisser aux abonnés du BRIGAND?
RM : Dans mon ministère mon choix a été clair dès le début car j'ai choisi comme devise le commandement nouveau: « Aimez-vous les uns les autres ». Ces mots, tout un programme de vie et d'action pastorale, sont valables partout mais ils le sont d'une manière spéciale pour notre vicariat étant donné la grande diversité de tribus qui vivent ensemble dans notre région. Faire l'unité dans la diversité est notre grand défi pastoral.
Le BRIGAND est une revue que je connais depuis mon inoubliable séjour au Canada. La littérature missionnaire a changé de style et elle ne parle plus des «aventures du missionnaire dans la jungle, encerclé de bêtes et d'hommes également sauvages». Le BRIGAND sait présenter sans dramatiser les besoins réels de la mission à l'étranger aujourd'hui. Je souhaite que la revue continue à maintenir vivante cette flamme de l'esprit universel et missionnaire parmi ses lecteurs et lectrices. On doit toujours craindre la tentation, pour un chrétien, de ne pas penser au delà des limites de son propre pays et d'oublier les souffrances des populations moins favorisées dans le monde. Il est évident que tous ne sont pas appelés à laisser leur patrie, leur famille et leur culture pour se consacrer au service du Royaume dans une terre étrangère. Mais pour nous qui avons suivi cet appel, il est très réconfortant de se sentir soutenu par les communautés ecclésiales du «monde chrétien». Merci beaucoup.
+ Rodrigo Mejía Saldarriaga, S.J.
Vicaire apostolique de Soddo-Hosanna
(on peut le rejoindre en passant par le
Bureau des Missions jésuites de Montréal)
1Le BRIGAND, no 490, avril-mai-juin 2007.
2Suppléments des Cahiers de spiritualité ignatienne, ? 15.