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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

ÉTHIOPIE

Le père Groum Tesfaye,
supérieur des jésuites en Éthiopie

Dans la dernière parution de notre revue, vous avez pu connaître l'histoire du P. Groum, premier jésuite éthiopien, entré dans la Province jésuite du Canada français puisqu'à l'époque où il s'est fait jésuite, l'Éthiopie était encore une « mission » de notre Province. Ce pays fait maintenant partie de la Province jésuite de l'Afrique de l'Est. Nous avions quitté Groum au moment où il pouvait enfin envisager un retour en Afrique. Laissons-le continuer son récit en insistant toutefois - pour la seconde partie de ce portrait - sur ses responsabilités actuelles comme supérieur des jésuites qui vivent dans son pays. Cet entretien conclut notre série spéciale sur l'Éthiopie.

Le père Groum, dans son rôle d'enseignant

Pierre Bélanger : Père Groum Tesfaye, dans une première rencontre vous nous avez raconté les diverses étapes de votre vie et de votre itinéraire jésuite jusqu'au moment où, après plus de 25 ans d'absence, la porte de l'Afrique s'ouvrait à vous en 1999. Mais ça n'était pas encore celle de l'Éthiopie. Dans quel contexte s'est fait votre retour sur le continent africain?

GT : Le Provincial d'Afrique de l'Est de l'époque m'a proposé cinq postes dans la Province, en dehors de l'Éthiopie où ça n'était pas certain que je pouvais déjà retourner après les difficultés administratives que m'avait faites le gouvernement de mon pays. De fait, les cinq possibilités étaient dans le domaine de la formation des jeunes jésuites : formation au noviciat, au théologat, ou dans d'autres contextes. J'ai choisi d'aller au noviciat qui, pour la première fois, allait s'ouvrir dans notre propre Province, en Tanzanie. Le père Maître cherchait un assistant pour commencer cette belle expérience. C'était aussi le premier noviciat qui serait sous la responsabilité d'Africains (plutôt que de jésuites originaires d'ailleurs dans le monde). J'y ai travaillé durant cinq ans.

PB : Ça n'a pas été trop difficile ce retour en Afrique? Avez-vous eu un choc?

L'adaptation a fait partie de la vie de Groum, à toutes les étapes.

GT : En souriant, on pourrait dire que le choc, ça n'est pas moi qui l'ai eu mais plutôt mes compagnons : ils ne comprenaient pas comment je pouvais m'adapter si facilement après tant d'années passées en Occident. En fait, pour moi, la vie était plus facile que ce que j'avais connu à Rome, par exemple : dans un noviciat, les choses sont ordonnées, elles suivent un horaire précis et on n'est pas dérangé la nuit par des urgences ou des gens en détresse!

Plus sérieusement, j'ai beaucoup aimé ce travail d'assistant du Maître des novices. Je vivais tout de même une peine durant ces années, c'est qu'il y avait des novices de plusieurs pays d'Afrique de l'Est, mais pas d'Éthiopiens. Finalement, il en est venu l'un ou l'autre, quatre de fait, et deux sont restés. L'un d'eux a justement été ordonné prêtre en juin dernier, l'autre le sera dans un an environ. J'ai compris que pour ces jeunes Éthiopiens en première formation, le fait que je sois de leur pays faisait une différence positive. Il faut dire que même si on est tous Africains, l'histoire de l'Église et les traditions spirituelles sont différentes d'un pays à l'autre.

Au noviciat d'abord, mais ensuite en Éthiopie, le P. Groum est un « formateur ».

PB : Une interrogation nous vient pourtant. La présence et la tradition chrétiennes sont plus anciennes en Éthiopie que dans bien d'autres pays africains, alors pourquoi n'y a-t-il pas beaucoup d'Éthiopiens qui sont jésuites?

GT : Il faut se rappeler que quand les jésuites sont revenus en Éthiopie à partir de 1945, après des siècles d'absence, leur activité était d'organiser l'éducation nationale. Ils avaient un rôle « séculier » et ils n'étaient donc pas connus comme religieux, comme jésuites. La population catholique n'était pas en contact avec les jésuites. Et puis, quand on a commencé à mieux les identifier, les gens pouvaient avoir l'impression que la Compagnie de Jésus n'était pas pour eux, que c'était seulement pour des étrangers! J'ai été le premier Éthiopien à devenir jésuite et je n'ai pas pu témoigner de mon appartenance à la Compagnie avant 1999! Mais maintenant les choses changent puisque la Compagnie fait plus de travail pastoral et qu'on a trois prêtres et quelques scolastiques originaires de ce pays. Il demeure certain aussi que les critères de la Compagnie pour accepter un candidat sont exigeants.

PB : Pouvez-vous ajouter quelques mots encore sur l'histoire de la présence moderne des jésuites en Éthiopie qui commence en 1945?

Célébration de l'eucharistie chez les Missionnaires de la Charité

GT : Même au temps où les jésuites n'étaient pas connus comme religieux, la présence de la Compagnie a été très forte dans la vie des communautés religieuses puisque bon nombre des jésuites ont offert leurs services comme conseillers ou directeurs spirituels. Ça a été une forme d'apostolat de présence. Peu à peu aussi, une partie de l'élite orthodoxe a reconnu l'intérêt pour une formation intellectuelle et pour les valeurs chrétiennes que pouvait offrir la Compagnie. La Compagnie de Jésus de cette première époque est encore vivante dans les souvenirs des gens qui l'ont connue. Tous les jésuites d'alors étaient du Canada français. Cette richesse de mémoire des jésuites d'alors nous fait du bien.

Pour donner un exemple, on a célébré en novembre 2007 les 50 ans d'existence de l'observatoire de géophysique d'Addis-Abeba qui a été fondé par le père Pierre Gouin. La célébration comprenait une présentation de sa vie et de ses « exploits » puisqu'il était connu un peu partout : il avait sillonné le pays dans sa Volkswagen pour faire ses recherches. Il ne parlait pas les langues locales, mais il avait un très bon contact avec les gens grâce à sa simplicité. Il y a eu plusieurs témoignages dont ceux de deux anciens étudiants, devenus des scientifiques renommés, et celui du directeur de l'université; tous trois ont souligné que le père Gouin avait mis l'Éthiopie sur la carte du monde, au point de vue scientifique.

PB : Et maintenant, au 21 e siècle, c'est une « petite » Compagnie de Jésus qu'on trouve en Éthiopie et elle n'a pas de projets aussi grandioses que l'établissement d'institutions universitaires? De quoi a-t-elle l'air?

GT : Je pense que nous sommes ce que saint Ignace imaginait comme congrégation, une petite « Compagnie », une petite communauté qui apporte quelque chose de spécifique pour la vie de la petite communauté chrétienne catholique en Éthiopie. Nous ne sommes pas ici pour nous-mêmes et les gens le savent. Un évêque du nord du pays, ami de la maison, a souligné que même si nous n'avions que quatre jésuites disponibles pour quatre diocèses, ceux-ci ont un impact important parce qu'ils donnent les Exercices spirituels à beaucoup de gens, les prêtres, religieux et religieuses bien sûr, mais aussi à des laïques. En cela tout particulièrement, notre présence actuelle est reconnue. De plus, on peut dire que cette petite communauté jésuite est ouverte et que nous sommes à préparer de nouveaux projets. Nous allons même sans doute renouer avec nos racines d'éducateurs dans le pays, en héritiers des jésuites du Canada français : nous pensons ouvrir une école primaire et secondaire car cela nous donnera une place dans les structures officielles de l'éducation au pays et il sera plus facile d'obtenir des permis de travail pour des jésuites étrangers - d'Afrique ou d'ailleurs - qui voudraient venir participer à nos apostolats.

PB : Vous êtes supérieur régional (pour l'Éthiopie, qui est donc considérée comme une « région » dans la Province de l'Afrique de l'Est). Qu'est-ce qui vous rend heureux dans le cadre de ces responsabilités?

À la maison pour les sidéens, une ouvre qu'il appuie quotidiennement.

GT : Je me trouve dans un des pays les plus pauvres de la planète; il y a donc beaucoup à faire! D'un côté donc, on peut être submergé et se décourager, mais on peut plutôt se dire : ce peuple éthiopien est très vivant, il trouve son bonheur dans la vie, même pauvre, qu'il connaît. Ce n'est pas parce qu'on a de bons souliers qu'on est heureux : un type qui court pieds nus pour aller au travail peut aussi être très heureux! Le secret, c'est que les gens d'ici croient beaucoup dans leur humanité. J'ai découvert ce « credo » de nos gens. Ils sont fiers, pas un orgueil qui regarde les autres avec mépris, mais la certitude d'être nobles.

Alors, ce qui me rend heureux, c'est la possibilité qui m'est offerte d'être au milieu d'eux. Cette proximité donne de la force à ma vie spirituelle et donc à ce que je peux offrir dans le domaine de la spiritualité. Il m'est possible d'entrer dans le secret de leur âme. Mais, de manière bien réaliste, je ne pouvais me dédier à tout le monde à la fois. J'ai donc choisi de donner priorité aux étudiants, surtout universitaires: c'est un milieu privilégié à mon avis. J'ai aussi un engagement auprès d'un autre groupe plus spécifique d'étudiants puisque j'enseigne au Grand séminaire d'Addis-Abeba, qui regroupe des séminaristes de presque tout le pays. Enfin, je dédie une partie de mes énergies à ceux et celles qui vivent des difficultés plus grandes : d'une part par mes liens avec les Missionnaires de la Charité (la congrégation religieuse fondée par Mère Teresa), d'autre part en appuyant le travail auprès de ceux et celles qui ont le sida, dans le cadre plus large du travail des jésuites africains qui, appuyés par AJAN (le réseau jésuite africain contre le sida), ont choisi de s'attaquer de diverses manières à ce problème social tout autant que médical.

Professeur au Grand Séminaire

PB : Avec les étudiants, qu'est-ce que vous faites?

GT : Je dois dire que mon expérience d'aumônerie à Concordia, à Montréal en 1984, m'a beaucoup aidé. Concrètement, je me fais présent à eux, en particulier aux étudiants et étudiantes catholiques qui sont une toute petite minorité et qui sentent le besoin d'un appui. Je n'ai pas ici de secrétariat ni de budget; tout ce que j'ai, ce sont les étudiants eux-mêmes. Et eux, ce qu'ils ont, c'est beaucoup de vie, de volonté de changer les choses pour que la vie soit meilleure autour d'eux; ils sont tournés vers l'avenir et ont le désir de devenir des personnes complètes. C'est vrai que mon travail se fait surtout avec les catholiques; il faut être prudent dans l'approche des orthodoxes car il reste de leur côté des réticences, l'idée qu'un jésuite puisse vouloir venir chercher leurs brebis.

PB : Il existe donc encore une tension entre chrétiens catholiques et chrétiens orthodoxes?

GT : Oui, malheureusement, mais je ne suis pas fermé du tout aux orthodoxes. Il y en a cinq qui participent actuellement à notre mouvement étudiant et ils savent bien que je leur « interdis » de changer de religion et de devenir catholiques. Mon opinion, c'est que le véritable ocuménisme, ce n'est pas que les gens changent de religion pour faire partie de la même Église, mais c'est plutôt de devenir un dans le Christ. Ces jeunes de la tradition orthodoxe aiment la recherche du sens de la vie que nous faisons, ils apprécient aussi les Exercices spirituels que je propose; alors, je suis très content de ça. Plus largement donc, j'ai reçu le titre officiel d'aumônier national des étudiants catholiques. J'ai donc pu aller rencontrer des étudiants partout : j'ai commencé avec un petit groupe de 6. et il y a maintenant entre 200 et 250 membres dans notre association.

PB : Pour ces étudiants, n'avez-vous pas mis sur pied une activité spéciale en 2008?

Rencontre d'étudiants africains; le P. Groum a été l'âme de ce rassemblement.

GT : Après plusieurs années durant lesquelles nous avons monté notre association, j'ai pensé que ce serait bien de mettre nos jeunes en contact avec les autres aumôneries africaines. Quatre ans auparavant, on avait organisé une rencontre avec tous les aumôniers jésuites dans des universités en Afrique. Nous étions une trentaine. À mon invitation, les autres ont choisi de venir ici puisqu'ils ont apprécié le caractère unique de notre association et de notre contexte. J'ai donc organisé en 2008, pour la première fois, un rassemblement de délégués de chaque pays. Nous étions 180 étudiants et nous avons fait coïncider ce rassemblement avec les quatre jours du congrès eucharistique national. Nous avions un programme spécifique pour nous durant deux heures chaque jour. À cette occasion, des étudiants sont venus de partout. Nous avons dû trouver de l'argent pour la nourriture, les matelas et d'autres éléments de l'organisation. Bien des gens ont été étonnés de ce que notre petite association d'étudiants catholiques a pu faire.

PB : En général, les jeunes Éthiopiens sont-ils attachés à la foi? Les traditions religieuses et l'aspect spirituel de leur vie sont-ils importants pour eux? Au Québec, on n'a pas le sentiment que c'est prioritaire pour beaucoup de jeunes.

GT : On se trouve dans un contexte minoritaire, si on parle des catholiques. Et donc, les jeunes catholiques sentent le besoin de connaître leur foi et de la renforcer; mais le défi est très grand. Le mouvement évangéliste ou pentecôtiste est très répandu sur les campus. Ces chrétiens ont tendance à attaquer la tradition catholique en donnant une image négative de la confession, de la dévotion à Marie, de l'importance des différents sacrements. Nos étudiants et étudiantes sentent une certaine angoisse devant ces contestations, en plus du fait qu'ils ne sont pas toujours bien vus des orthodoxes qui continuent de voir la religion catholique comme la religion des « étrangers ». Ils sentent donc le besoin de formation, d'une expérience spirituelle plus forte aussi. C'est justement par les Exercices spirituels, que je propose de diverses manières, dans le cadre de la Communauté de vie chrétienne (CVX) par exemple, que je cherche à les aider. Ça porte des fruits; j'ai d'ailleurs deux étudiants qui sont devenus officiellement assistants de l'aumônier.

Avec les membres d'un groupe CVX du milieu universitaire

PB : Vous venez de toucher un des défis que rencontrent les jeunes, celui du contact avec le monde pentecôtiste. Mais le contexte chrétien en Éthiopie, c'est celui d'une forte majorité orthodoxe. Quels sont les liens entre catholiques et orthodoxes?

GT : Il faut savoir distinguer entre le niveau des contacts officiels et celui de la vie quotidienne entre les gens. Sur plus de 70 millions d'habitants dans le pays, il y en a sans doute entre 30 et 35 millions d'orthodoxes (ils ont un patriarche et un rite spécifiques à l'Éthiopie); les catholiques sont environ 750 000. J'insiste sur le fait qu'au fond, nous sommes de la même famille : nous partageons les mêmes Écritures saintes, les mêmes sacrements, les mêmes traditions, les mêmes mystères. On partage donc beaucoup mais en même temps il y a une animosité entre nous depuis longtemps. L'histoire du catholicisme en Éthiopie au 17 e siècle n'a pas aidé. La façon de faire de certains jésuites à ce moment-là a causé une rupture avec Rome parce que des jésuites ont voulu convertir l'orthodoxie à la papauté au lieu de travailler à l'unité chrétienne d'un autre point de vue. Les catholiques ont donc été vus depuis comme les émissaires de la papauté et à cause de cela, les orthodoxes se méfient des catholiques. Ça a été renforcé par la colonisation européenne puisque ce sont des catholiques qui sont venus - en particulier d'Italie - avec un projet colonisateur. Au plan cultuel pourtant, nous sommes bien proches. Nous allumons des cierges, la Vierge Marie est importante dans les deux traditions, et - plus important encore - les gens n'ont aucun problème à vivre ensemble. Ça se vérifie aussi par des mariages mixtes qui sont solides, la religion n'étant pas un obstacle entre les mariés. De fait, les relations concrètes, dans la vie courante, sont souvent plus difficiles entre catholiques et pentecôtistes, par exemple. Entre les gens ordinaires encore une fois, il n'y a pas beaucoup de méfiance : les orthodoxes aiment envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques parce qu'ils savent qu'ils deviendront de très bons chrétiens. Mais sur le plan des relations officielles et sur le plan des échanges théologiques, sur ce qui pourrait être le tableau ocuménique, on ne discute pas. Par ailleurs, les gens peuvent tout à fait travailler ensemble.

Rencontre de jésuites africains avec des collaborateurs au Centre spirituel Galilée

PB : Pour conclure, père Groum, comment voyez-vous l'avenir de la Compagnie de Jésus en Éthiopie? Vous nous avez parlé de la possibilité d'ouvrir une institution d'enseignement, mais plus largement qu'est-ce que vous entrevoyez?

GT : L'avenir ici pour les jésuites et la Compagnie de Jésus, c'est de faire profiter plus de gens de la spiritualité ignatienne, un trésor que nous devons partager de plus en plus avec les laïques. Je crois même qu'avec un petit groupe de la CVX on pourrait ouvrir une école qui serait inspirée par notre spiritualité. Les laïques de la Communauté de vie chrétienne peuvent pleinement collaborer avec nous pour proposer un programme éducatif basé sur des valeurs chrétiennes. Alors, l'avenir de la Compagnie ne nécessite pas un grand nombre de jésuites mais un bon nombre de personnes marquées par la spiritualité ignatienne. Et pour en venir là, je serais bien heureux si deux ou trois jésuites d'autres Provinces, dans le monde, venaient m'aider dans ce projet de répandre notre spiritualité.

Je terminerais en insistant sur le fait que la Province jésuite du Canada français peut être fière de ce que les jésuites ont fait en Éthiopie : les jésuites originaires de chez vous n'ont pas construit des édifices ici, mais ils ont plutôt permis que des personnes se « construisent », qu'elles soient responsables. Et leur héritage est toujours bien vivant grâce aux services que la Compagnie a rendus à l'éducation, à l'enseignement supérieur par la fondation d'une université en particulier. Et puis, j'aimerais qu'au Québec on ne se dise pas que, parce qu'il n'y a plus beaucoup de jésuites, on n'est plus capable d'aider l'Éthiopie. Je pense qu'il est toujours possible d'envoyer quelqu'un pour une période définie, par exemple. Un ou une laïque lié aux jésuites, au Québec, pourrait aussi venir donner un coup de main ici. Car, je l'affirme du fond du cour : chez nous, c'est chez vous!

On peut communiquer avec Groum Tesfaye, S.J. à
courriel Groum Tesfaye

 
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