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Les jésuites au Canada anglais

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Reportage

Les jésuites dans les médias
aux Philippines

Une qualité de niveau professionnelle par une équipe enthousiaste

Si les Philippines sont connues comme le seul pays catholique en Asie, s'il est vrai aussi que les Philippins ont, culturellement, un sens religieux développé, il reste qu'à bien des égards les jésuites philippins ont une tâche missionnaire immense considérant d'une part la pauvreté répandue dans une grande partie de la population et, d'autre part, les défis d'une jeunesse marquée par la sécularisation et la culture audiovisuelle ou électronique.
C'est dans ce contexte que la Province jésuite des Philippines accorde beaucoup d'importance à une de ses ouvres parmi les plus dynamiques : JesCom. Musique liturgique, vidéos catéchétiques, promotion d'ouvres d'Église, émissions de radio et de télévision, présence sur internet et même messages évangéliques diffusés sur téléphones cellulaires, aucun média n'est négligé par l'équipe de JesCom. Un travail missionnaire à l'intérieur du pays, un travail missionnaire moderne.
Le BRIGAND a rencontré le directeur actuel de JesCom, le P. Nono Alfonso, S.J., et son prédécesseur, le P. Ari Dy, S.J. Ils sont jeunes, comme bien des jésuites philippins; ils sont de la génération de ceux et celles qu'ils veulent rejoindre par toutes les approches audiovisuelles.

L'ancien directeur, le père Ari Dy, initie le nouveau, le père Nono Alfonso.

Le BRIGAND : Père Alfonso et Père Dy, quelle est l'implication de la Province des Philippines dans le champ des communications et quelle importance a ce ministère dans l'ensemble des ouvres de la Province?

Ari Dy  : L'apostolat des communications, dans la Province des Philippines, a une longue histoire, mais pas nécessairement une histoire « institutionnelle ». Pendant la 2 e guerre mondiale et immédiatement après la guerre, des jésuites, à titre individuel, écrivaient pour la radio ou intervenaient en ondes, d'autres publiaient des ouvrages populaires. Mais c'était toujours à titre individuel.

Avant que JesCom soit reconnu comme institution de la Province, ça a pris du temps. En 1968, juste après le concile Vatican II, je pense qu'il y a eu un effort au niveau international pour organiser le travail en communications des jésuites. Ce souci a alors rejoint les Philippines et on a commencé à parler de JesCom. Mais ce qui se faisait était toujours le fruit du travail d'individus isolés. Aussi je dirais que le JesCom qu'on connaît aujourd'hui a vu le jour au cours des 10 ou 15 dernières années : ça a été une époque de véritable consolidation.

Quatre responsables ont participé à cette institutionnalisation: le P. Nim Gonzales d'abord, puis le P. Johnny Go, puis Peter Pujol et moi-même. C'est maintenant le lot du nouveau directeur, le P. Nono Alfonso. Le caractère institutionnel devait être raffermi, sans quoi le bon travail qui se faisait n'aurait pas eu d'avenir.

Prenons l'exemple d'une de nos plus fortes présences dans le pays, le Jesuit Music Ministry. Cet apostolat musical - la production de CD principalement - s'est fait de manière assez informelle durant plusieurs années, en lien avec le scolasticat. Des étudiants jésuites qui avaient des talents musicaux utilisaient leur temps libre pour produire ainsi des CD de chants religieux ou de musique instrumentale pour la méditation. Il y a quelques années, le Provincial a demandé que ce travail soit intégré à JesCom, ce qui a été fait et bien fait. Le sérieux, l'énergie créatrice et les efforts couronnés de succès de cette ouvre ont été respectés par les responsables de JesCom, l'institution à laquelle le groupe de production musicale était fusionné.

Jesuit Music Ministry¸ une division de JesCom, produit de nombreux CD de musique religieuse.

Ainsi, comme plusieurs de nos productions musicales sont passablement populaires, les revenus des ventes de CD ont assuré une stabilité à l'ensemble de notre ouvre, y compris aux autres départements comme la production vidéo. En 2000, nous avons aussi commencé à publier des livres et, maintenant, 15% de nos ventes viennent de nos publications. Les CD demeurent tout de même notre plus grande source de revenus. Au cours des dernières années, les structures de JesCom ont aussi été renforcées : un Conseil d'administration s'est impliqué et il se réunit maintenant régulièrement pour décider des orientations et assurer la continuité.

Je pense que les responsables de la Province apprécient la variété des projets que JesCom peut accomplir. Bien qu'un seul jésuite travaille à temps plein pour JesCom, plusieurs autres y collaborent à temps partiel en tant que scripteurs, réalisateurs, acteurs, animateurs ou musiciens. D'autres institutions jésuites nous aident aussi beaucoup quand nous leur demandons des collaborations et on perçoit que, dans notre Province, la conscience que les communications sont une dimension de tous les apostolats est plus forte qu'auparavant. Par exemple, nous avons eu récemment une rencontre avec l'équipe de l'apostolat familial et spirituel, pour échanger sur les manières de rendre disponibles leurs services par internet ou dans d'autres médias.

Nono Alfonso  : J'irais dans le même sens que ce que le P. Ari vient de dire en ajoutant que, dans notre Province jésuite, on a commencé à être vraiment reconnu quand nous nous sommes fait une place dans les grands médias, à la radio d'abord. Avant ça, l'engagement apostolique dans l'audiovisuel était passablement méconnu : les jésuites peuvent parfois manifester une certaine allergie à ce qui paraît loin des apostolats traditionnels. Alors, les bases de l'appréciation de notre travail se sont construites grâce à l'action de mes deux prédécesseurs qui ont trouvé le moyen de sensibiliser des scolastiques à ce ministère. Moi, par exemple, j'étais scolastique quand le P. Johnny Go m'a séduit et m'a attiré dans ce type de travail. J'y ai contribué comme jésuite au cours des neuf dernières années, mais c'était une implication discrète. Quand on a vu nos réalisations dans les grands médias, alors bien des jésuites en ont parlé entre eux et maintenant plusieurs scolastiques s'offrent eux-mêmes pour contribuer à notre travail.

Ligth Talk, émission hebdomadaire produite par JesCom pour une grande chaine de télévision

Le BRIGAND : Ça n'est donc pas trop difficile de trouver des collaborateurs pour vos projets?

Nono Alfonso  : C'est exact, ça n'est plus un problème. Les jeunes jésuites sont attirés par ce type d'apostolat. Il faut dire aussi que quand le P. Johnny Go était directeur de JesCom, on a commencé à donner un cours de communications à tous les étudiants jésuites et les Provinciaux ont appuyé le projet. Actuellement, notre travail est reconnu et, récemment, le nouveau Provincial a clairement dit aux scolastiques que ce type d'apostolat était un apostolat d'avenir. Si un Provincial dit que les communications sont une priorité pour la Province et pour la Compagnie de Jésus en général, c'est tout un appui pour nous qui sommes impliqués dans ce type de ministère! Il y a eu une époque durant laquelle le travail en communications était considéré comme un hobby seulement. On vous faisait sentir que vous deviez aussi faire quelque chose de plus sérieux, dans des domaines comme la théologie, l'éducation, l'administration. Puisque plus récemment le travail de JesCom a eu plus de visibilité, on le considère de plus en plus comme un apostolat en soi, un apostolat qui a la même importance que bien d'autres.

Le BRIGAND : Parlez-nous de certains projets ou de réalisations dont vous êtes fiers

Les émissions spéciales de Noël et de la Semaine Sainte sont diffusées à la télé et distribuées en format DVD.

Ari Dy  : Au cours des années récentes, notre percée principale s'est faite en télévision. Nos émissions spéciales pour la Semaine Sainte et pour Noël ont été diffusées depuis trois ans et rien n'indique que ça va s'arrêter. Sur une base plus régulière, nous avons un talk show et une capsule de réflexion pour chaque jour de la semaine sur un grand réseau de télé. Ces activités ont demandé des investissements importants en dehors de notre budget ordinaire. Nous avons donc dû recueillir des fonds en insérant des commerciaux durant nos émissions de télé et nous avons réservé pour nos productions en radio et en télévision les revenus des services de téléphonie cellulaire que nous vendons.

Le père Nono a, pour sa part, élargi notre présence à la radio. D'une seule émission que nous avions sur Radio Veritas, il produit maintenant un radioroman quotidien et anime une émission de counselling le dimanche soir sur cette station . Sur les ondes d'une station commerciale, DZMM , il anime aussi une émission de counselling, le samedi soir cette fois.

Nos avancées en radio et télé sont un effort délibéré de nous faire plus présents dans les grands médias. Nous sommes conscients que seuls ceux qui ont un certain niveau de revenu peuvent acheter nos livres et nos CD. Si nous voulons rejoindre l'ensemble des gens, nous devons être à la radio et à la télé. La planification d'une présence plus forte sur internet est aussi à l'agenda.

Bannières promotionnelles à l'entrée de JesCom : « les nouveautés »,
« la radio avec une âme », « la télé avec une conscience »

Le BRIGAND : Est-ce que ça a été difficile de faire votre place dans les médias de masse? Est-ce que c'est plus facile aux Philippines pour une institution catholique que ça ne le serait ailleurs?

Nono Alfonso  : Soyons francs: c'est difficile pour nous également. Je peux identifier trois raisons. Premièrement, pour les grands groupes propriétaires de médias, ce qui compte c'est le profit. Et donc, nous avons dû offrir nos productions gratuitement pour qu'ils les passent. Même dans ce contexte, on sent des résistances, car les propriétaires voudraient non seulement ne pas payer pour nos réalisations mais retirer des bénéfices de leur diffusion. Pour contrer en partie cette mentalité, on entretient des contacts personnels et pastoraux avec ces gens des médias, en particulier avec des anciens de nos institutions d'enseignement. Et ça fonctionne jusqu'à un certain point! Mais pour aller plus loin, nous avons dû chercher nous-mêmes des commanditaires pour les émissions qu'on veut passer dans les réseaux de sorte que ceux-ci puissent avoir un revenu quand ils diffusent une de nos productions.

La deuxième difficulté qu'on rencontre c'est que l'industrie des médias est très marquée par la sécularisation et qu'elle craint tout ce qui est religieux, même ici aux Philippines. Un exemple qui nous vient d'un réseau auprès duquel nous avons fait des approches. La directrice, formée à CNN aux États-Unis, considère que les médias et la religion ne vont pas bien ensemble au sens où si quelqu'un des médias peut interviewer des gens d'Église, ça n'est pas aux gens d'Église d'animer des émissions. Elle pense que ça n'est pas leur boulot. Mais plus largement, la sécularisation progresse nettement aux Philippines; les émissions religieuses n'attirent pas de grands auditoires. Les gens préfèrent les émissions plus légères, les rumeurs sur les artistes, etc.

Troisièmement, pour les artisans de nos programmes, animateurs, comédiens, musiciens, c'est un travail qu'ils doivent faire en surplus de leurs activités régulières, le soir, la nuit parfois. Prenons aussi mes émissions de radio en counselling : elles sont évidemment diffusées le soir tard, après ma journée de travail, car c'est à ce moment-là que les gens sont disposés à appeler la station. Ils sont plus ouverts le soir et profitent de l'anonymat de la nuit. Mais ça implique des horaires de travail difficiles.

Ari Dy  : Au chapitre des difficultés, j'ajouterais que les questions d'argent sont toujours un défi! Nous sommes continuellement à la recherche de moyens créatifs pour trouver du financement. La réserve que nous avions faite pour le talk show hebdomadaire sera bientôt épuisée et nous ne savons pas si nous pourrons continuer. Nous avons quelques entreprises qui nous soutiennent et c'est important pour nous de maintenir nos bonnes relations avec ces donateurs.

Du côté des scolastiques qui collaborent à notre travail, on doit reconnaître que les structures communautaires de la vie jésuite viennent parfois en conflit avec le travail en communications qui, lui, ne suit pas toujours des horaires de travail très réguliers. Mais ça fait partie du territoire et on peut trouver des aménagements!

Tournage du premier film de JesCom distribué dans les cinémas, sur les interrogations d'un séminariste à propos de sa vocation.

Le BRIGAND : Jusqu'à quel point votre travail rejoint-il la jeunesse? Est-il au diapason de leurs sensibilités et de leurs besoins?

Ari Dy  : Les jeunes qui fréquentent l'Église aiment nos productions parce qu'elles ont un son et une allure d'avant-garde, qu'elles n'utilisent pas une approche de piété qu'on a trop souvent connue dans l'Église. Nous sommes conscients, cependant, que « nous prêchons aux convertis ». Ça n'est pas mal, mais notre défi est de rejoindre ceux qui ne vont pas à l'église et qui constituent la plus grande proportion des jeunes. Ceux-ci sont catholiques de nom, mais ils sont facilement attirés par l'approche charismatique ou personnelle des Églises évangéliques protestantes. On constate ça aussi parmi les jeunes professionnels.

Nono Alfonso  : Le sentiment d'appartenance au monde catholique est certes plus fort chez les pauvres que parmi l'élite. Beaucoup des gens des classes ouvrières sont très impliqués comme catholiques. Ils participent par téléphone durant nos émissions de radio, par exemple. L'élite se laisse attirer par d'autres traditions de foi, par exemple le nouvel âge. Bien concrètement, la jeunesse parmi les pauvres est présente à l'église; la jeunesse plus en moyens n'est pas très engagée et sa participation régulière à la messe, par exemple, n'atteint pas 10%.

Le BRIGAND : Quel rôle pensez-vous avoir, dans ce contexte?

Nono Alfonso  : Pour rejoindre les pauvres, vous devez toucher leur cour; c'est la manière de les atteindre et l'audiovisuel est bon pour ça. Pour rejoindre l'élite, vous devez répondre à leurs exigences intellectuelles. Ils veulent aussi voir l'Église en action. Par exemple, un de nos confrères anime un des grands mouvements charismatiques aux Philippines et il a lancé un projet de constructions de maisons pour les pauvres. Ce jésuite a, depuis cinq à dix ans maintenant, adapté ce projet pour que des jeunes de nos universités, des professeurs et leurs familles aussi, y participent; et ça a du succès! C'est une façon de montrer aux universitaires une Église en action. Dans notre travail médiatique, nous faisons la promotion de telles initiatives et c'est une façon de rejoindre une autre partie des jeunes adultes. Je pense que nous avons eu un certain succès dans cette ligne parce que même les anciens de nos universités - des gens qu'on peut classifier dans l'élite du pays - ont été touchés par notre travail. Ce sont des gens qui peuvent devenir agnostiques, avoir l'impression que l'Église est dépassée ou qu'elle est trop moralisatrice ou conservatrice. Eh bien, plusieurs apprécient le travail et l'approche de JesCom.

Je dirais aussi qu'une des grandes forces de notre musique, c'est qu'elle rejoint tous les publics, qu'elle est populaire dans tous les milieux, auprès des jeunes comme des adultes. En ce sens, nous rejoignons les pauvres à travers elle. Quant à savoir si nous rejoignons les gens en dehors du cercle des fervents, des pratiquants, il est clair que notre présence dans les médias de masse se veut une réponse à cet autre défi.

Caméraman en action durant la production d'un vidéoclip

Le BRIGAND: Quels sont vos plans pour l'avenir?

Ari Dy  : Nous voulons vraiment continuer notre travail en radio et en télé. Nous voulons même amplifier notre présence dans ces médias. L'apostolat musical, lui, est à une étape où il doit se redéfinir. En créant de la bonne musique liturgique, JesCom a fait sa place dans l'univers catholique du pays, mais les goûts des jeunes sont toujours en changement. Comment suivre cette évolution dans la musique que nous allons offrir? Il y a du travail à faire dans cette ligne-là.

Et puis, l'apostolat sur internet doit aussi faire partie de nos stratégies prioritaires. JesCom a atteint une stabilité enviable, les défis principaux pour l'avenir sont de trouver continuellement comment demeurer pertinents et comment toucher de plus en plus de gens avec les valeurs qui nous animent.

Nono Alfonso  : J'insiste : le développement de notre présence sur internet est primordial pour notre avenir. Toute organisation vivante doit maintenant avoir un bon site web. Depuis plusieurs années, JesCom Philippines a utilisé son site pour diffuser de l'information sur nos produits. Récemment cependant, nous nous sommes bien rendu compte que les jeunes passent beaucoup de temps sur internet non pas seulement pour trouver de l'information mais pour se divertir, par exemple en clavardant. Nous sommes donc à transformer notre site pour qu'on puisse non pas uniquement y trouver des renseignements sur nous et sur nos productions, mais pour qu'on puisse y visionner des vidéos, écouter de la musique, envoyer aux responsables une question ou une demande. De fait, l'internet est devenu très accessible même aux plus pauvres, à cause de la multiplication des cybercafés. Le cyberespace, c'est là où les gens, les jeunes en particulier, sont rendus. Si nous n'y sommes pas, nous n'allons pas remplir notre mission.

Nous avons fait un essai lors de la Semaine Sainte, l'an dernier. Nous l'avons fait sur le site web de la Province jésuite des Philippines. Nous avons offert une retraite par internet et c'était interactif. Les retraitants pouvaient poser leurs questions et dialoguer avec les animateurs. Eh bien, le site a « gelé » : il y avait trop de gens à la fois qui cherchaient à participer à la retraite!

: Le P. Alfonso travaille au site web de JesCom - dont on voit ici la page d'accueil.

Le BRIGAND : Félicitations et bonne chance à JesCom Philippines! Auriez-vous quelques mots de conclusion à offrir à nos lecteurs et à nos lectrices?

Ari Dy  : J'ajouterais en terminant, dans le contexte de cette entrevue pour une revue missionnaire, que la mission aujourd'hui ne se conçoit pas seulement en termes de territoires géographiques. On doit penser à être missionnaire au cour de la culture contemporaine. Les Philippines connaissent peu à peu la sécularisation: alors nous devons repenser l'image projetée par l'Église pour qu'elle demeure pertinente dans sa manière de présenter Jésus Christ et les valeurs de l'évangile. C'est un beau défi, ça aussi!

Nono Alfonso : Il y a d'autres centres catholiques de production dans notre pays, mais nous voudrions être à la frontière, comme nous le demande la dernière Congrégation générale des jésuites, avec une présence diversifiée qui puisse rejoindre tous les publics. C'est notre manière d'être missionnaires.

Un reportage de Pierre Bélanger, S.J.
On peut mieux connaître le travail de Jesuit Communications Foundation
en consultant le site web : www. jescom.ph

 

 
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