TAÏWAN
TAÏWAN :
Développement technique fulgurant
Présence chrétienne attentive
Qu'est-ce que des missionnaires jésuites originaires du Québec peuvent bien faire, de nos jours, à Taïwan, une contrée qui, du point de vue économique, a su sortir en un quart de siècle d'un état de sous-développement à celui d'un « tigre asiatique »? Oui, c'est incontestable, les indicateurs économiques ont été favorables sur cette île chinoise et on trouve à Taipei l'un des plus beaux métros du monde (notre photo).
J'ai visité Taïwan pour la première fois en 1985. La vie était très dure pour les milliers de travailleurs qui trimaient 10 à 12 heures par jour, 6 jours par semaine, à des salaires de famine, pour faire de l'assemblage de toutes sortes de produits de consommation vendus en Occident. Le taux de suicide - dont on ne parlait évidemment pas publiquement - était élevé car les valeurs familiales, enracinées dans les traditions taoïstes et bouddhistes, s'effritaient devant les impératifs du modernisme imposé par les conditions économiques. J'y suis retourné un peu avant l'an 2000 : les ouvriers avaient alors congé le samedi après-midi et les produits venant de Taïwan avaient acquis leurs lettres de noblesse. Quand je suis allé récemment préparer les reportages que Le BRIGAND vous présente à partir du présent numéro, l'horaire de travail était maintenant de 5 jours/semaine et une certaine richesse collective était évidente dans les rues commerciales.
Pourtant, les laissés-pour-compte du boom économique sont nombreux. Plus encore, le stress et la fragilité des valeurs posent des défis constants dans toutes les couches sociales. C'est le cas chez les aborigènes qui ont été peu consultés ou impliqués dans le développement du pays, aussi chez les jeunes qui se sont lancés dans la consommation pour oublier les questions essentielles qui les hantent. Il y a là tout un chantier pour des gens qui, comme nos jésuites, offrent des chemins pour trouver sens à la vie.
Si la santé du P. Marcel Legault lui permet maintenant de collaborer à la mission seulement par la prière, nous vous donnerons l'occasion d'apprécier dans les numéros de notre revue, cette année, comment le P. Georges-Étienne Beauregard continue son travail de pasteur, comment le P. Raymond Parent invente toujours des instruments nouveaux et modernes pour l'éducation à la vie et aux valeurs évangéliques, comment le P. André Lefebvre met ses connaissances et sa pratique de la psychologie au service des jeunes qui cherchent à voir clair dans leur vie. Et plus spécifiquement dans le présent numéro, vous pourrez mieux connaître le frère Gérard Aubin, un homme discret dont on parle peu souvent, mais un jésuite qui vit de manière exemplaire la charité chrétienne et l'engagement au service de la mission chinoise depuis près de 60 ans.
Bienvenue à la s érie Taïwan, qui vous permettra d'aborder ce coin de terre avec des yeux neufs, qui vous invitera aussi à mieux comprendre votre vocation missionnaire en vous associant à ceux qui, en votre nom, vivent l'évangile et en témoignent à l'autre bout du monde.
Pierre Bélanger, S.J.,Directeur
missionsjesuites@jesuites.org
PS : Nos remerciements à tous ceux et celles qui nous ont fait parvenir des félicitations ou un témoignage de leur soutien à l'occasion de la parution du 500 e numéro du BRIGAND.