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Journée nationale du 6 mai 2006 : Une relecture des principaux moments Par Lucille Madore, CVX-Manrèse Il n'est pas évident d'écrire une appréciation de la journée nationale lorsque la demande arrive près de quatre mois après l'événement. Mon premier réflexe fut d'aller voir les notes de relecture qui demeurent une marque tangible de cette journée. Mais arrive souvent pour moi la même constatation : j'ai peu écrit. De plus, une multitude de situations se sont présentées depuis, entre autres, les vacances d'été et le pèlerinage ignatien. Alors je laisse graduellement remonter le souvenir de cette journée nationale pendant laquelle certaines communautés ont présenté les trois personnages des fêtes ignatiennes que nous célébrons cette année, en lien avec la Compagnie de Jésus.
Le défi était grand pour ces communautés puisqu'il s'agissait de voir comment chacun de ces personnages nous interpelle encore aujourd'hui dans notre vie quotidienne, nous qui avons vécu les Exercices spirituels ignatiens et qui voulons continuer de vivre la spiritualité ignatienne. Quelle joie de voir que la communauté d'accueil 2 s'implique concrètement dans la présentation de Pierre Favre, sous forme d'acrostiche. De même, pouvions-nous attendre autre chose de la communauté CEJ que l'originalité dont Hiep sait si bien faire preuve. C'était tout un défi pour la communauté des Thérèse de nous aider à creuser l'expérience d'Ignace, parce qu'il est le plus connu des trois personnages. Le Père Bernard Bélair a su ramasser avec éloquence et précision les divers éléments présentés et les situer dans une réflexion priante. Cette première partie de la journée nous a mis en appétit d'approfondir davantage notre connaissance de ces trois personnages et le pèlerinage du mois d'août en fut une excellente occasion. La deuxième partie de notre journée nationale fut des témoignages, d'abord celui de Rita Laberge sur ce que lui ont apporté les Exercices spirituels dans son cheminement personnel et le témoignage de Amal et de Sam dans leur cheminement de couple à travers leur vécu dans la CVX, depuis le Liban jusqu'à aujourd'hui. Quelle richesse et quelle actualisation ont su nous apporter ces témoignages de ce que peut apporter la conscientisation de son histoire sous le regard bienveillant de Dieu. Et par la suite fut donnée à chaque personne de partager en petits groupes leur propre relecture de leur expérience des Exercices et de leur apport dans leur vie concrète. Des trésors de vérité, de recherches spirituelles et de grâces furent alors partagés qui ont concrétisé l'action de Dieu au cour des personnes de nos communautés. Quelle richesse de vie et d'action de grâces ! Outre ces éléments du contenu de la journée, se retrouver ensemble, partager le pain de la parole, le pain du repas et le Corps du Christ dans l'Eucharistie continue de creuser en nous le désir de faire corps pour la mission, à même nos diversités, mais aussi à partir de ce qui nous soude en profondeur : demeurer ensemble et avec Lui pour partager sa mission au cour du monde où chacun, chacune de nous vivons.
Ignace de Loyola par la communauté CVX - les Thérèses Dieu s'est servi de la réalité quotidienne d'Ignace pour lui faire vivre une conversion. Un chevalier qui voulait combattre pour son roi et séduire une dame. Lors de sa convalescence après sa blessure de guerre, il a lu des romans de chevalerie qui semblait intéressant mais le laissait insatisfait. Alors que, quand il lisait la vie du Christ ou des saints, même si cela semblait peu motivant à la lecture, cela le laissait satisfait. Dieu a voulu le convertir dans un temps assez long. Il a pu sentir, expérimenter et comprendre ce qui se passait en lui, discerner les esprits : les mouvements intérieurs qui sont de Dieu ou non. Nous sommes des êtres intelligents mais, dans le discernement, c'est tout l'être, son cour, son âme qui discerne, choisit, souvent différemment de ce que l'intelligence seule choisirait. Ignace a aussi fait l'expérience que tout vient d'en haut, que tout est don de Dieu. C'est l'amour de Dieu pour toute la création et tous les êtres humains qu'il veut transmettre en faisant vivre la démarche des exercices spirituels. Le cour des exercices, c'est de vivre l'élection fondamentale personnelle. C'est de découvrir qui on est dans le cour de Dieu depuis avant la création du monde (Éph 1, 4). Le cour de Dieu est comme un diamant et chaque être humain, depuis la fondation du monde, est une facette de ce diamant. Vivre l'élection est un moyen de découvrir de quelle couleur on est, notre identité profonde. Vivre la démarche des exercices spirituels se vit avec un accompagnement individuel. Ignace l'a même écrit dans son livre des exercices. C'est ce qui fait que, avec la prière des textes bibliques, cette démarche est ecclésiale et nous tient en lien avec la Tradition et l'Église. Nous avons la chance qu'Ignace ait répondu positivement aux demandes de ses compagnons pour écrire ce cheminement que Dieu lui avait fait vivre pour le partager avec d'autres, ce que sont les exercices spirituels. Ignace avait un grand désir d'aider les âmes en accompagnant d'autres personnes (les compagnons et d'autres) dans cette conversion que Dieu lui avait fait vivre. Ce cheminement particulier de fréquentation du Christ et de faire l'expérience de son identité profonde dans le désir de Dieu (vivre l'élection) est la richesse que nous apporte la CVX, son spécifique, inscrit au numéro 5 de nos Principes Généraux (Supplément Progressio #36, septembre 1990).
François Xavier par la communauté CVX - CEJ Accepter de partir seul en mission en Asie à la dernière minute, à cette époque, tout en sachant les dangers du voyage (pirates & tempêtes durant les longs mois en mer), sans savoir quand sera le jour de retour, implique que saint François-Xavier était prêt. Il était prêt à choisir Dieu comme raison de sa vie, prêt à risquer sa vie pour Dieu. Répandre la Bonne Nouvelle à des peuples dont il ne connaissait ni la langue, ni la culture avec si peu de ressources est pour moi un projet « surhumain ». Sans aucune doute, Dieu était en arrière de saint François-Xavier pour parler de Son existence à des peuples qui se trouvaient à l'autre bout du monde. Dans ce sens, je dis que saint François-Xavier a choisi Dieu, choisi de faire Sa volonté et Dieu l'a aussi choisi pour réaliser ce projet si grandiose. Si vous remarquez, cette foi que saint François-Xavier a semée dans le cour des asiatiques est fondée sur une base solide car elle a pu résister aux oppressions politiques et religieuses durant des siècles pour subsister jusqu'à maintenant. Quand je pense aux misères que j'ai rencontrées lors de la transmission de ma foi à mes propres enfants, eux qui re-questionnent souvent leur foi à l'âge de l'adolescence, je me suis posée la question suivante : « Comment saint François-Xavier a-t-il pu convertir autant de gens en si peu de temps? C'était quoi son truc? ». Je ne dis pas que c'est mauvais de se re-questionner, mais probablement, ma façon de vivre n'inspire pas assez mes enfants à suivre le Christ. Quand on regarde la vie de saint François-Xavier, on s'aperçoit rapidement qu'elle a changé radicalement après sa conversion. Venant d'une famille noble, il a choisi de vivre une vie simple, sinon pauvre. On disait qu'il se servait d'une roche comme oreiller de nuit. Vivre « pauvre » pour être solidaire avec les pauvres, tout en se donnant entièrement à eux. Pour parler de Dieu à d'autres, il devait vivre une relation très intime avec Dieu ; par conséquent, la prière devait être un élément essentiel dans sa vie. Il a su répandre sur son entourage l'amour et la joie remplis dans son cour par Dieu. Et cela, a touché le cour des gens. Quant à moi, qu'est-ce que je fais des Exercices spirituels que j'ai eu la chance de vivre? Est-ce que j'ai utilisé tout ce que le Seigneur me donne (conditions de vie, épreuves, joies & peines etc.) comme moyens pour me rapprocher de Lui? Est-ce que je témoigne de l'amour de Dieu dans ma vie courante? Ce sont là des pistes de réflexion qui m'interpellent. Lorsque je médite sur la mort de saint François Xavier, je ressens à la fois la solitude qu'il a dû éprouver d'être loin de sa famille et de ses confrères, seul dans un pays étranger ainsi que la désolation de ne pas pouvoir aller évangéliser en Chine. Mais en même temps, c'est dans cette pauvreté (dans le sens large du terme) qu'il s'est abandonné entièrement à Dieu, Lui rendant son dernier souffle. Son âme devait être heureux, comme un enfant qui a tout fait pour son père, retourne à sa maison. Son courage, son désir de faire connaître Jésus aux gens afin de sauver leur âme, l'abandon total de soi au Seigneur, sont pour moi des exemples à suivre. En fait, il ne faut pas oublier que les saints sont des hommes comme nous, mais qu'ils ont dit « oui » à Dieu pour qu'Il fasse d'eux Son instrument.
Les Exercices dans mon histoire Par Rita Laberge, CVX-Manrèse Pour préparer ce témoignage, j'ai relu mon histoire religieuse et mon histoire humaine car les deux sont étroitement liées. C'est clair pour moi que les Exercices spirituels ont été la réponse à ma recherche de Dieu qui a toujours été là aussi loin que je remonte dans ma vie. Cette recherche m'a menée dans des sentiers bien différents avant de me conduire aux Exercices que j'ai vécus à l'âge de 50 ans. Je partais de loin... Ma mère avait une foi solide; elle avait une confiance très grande en la providence de Dieu qui, disait-elle connaît nos besoins mieux que nous. Mes deux parents étaient des fervents chrétiens selon la mentalité de leur époque. Ils auraient 100 ans maintenant. Ils ont eu 15 enfants ; ils en ont élevés 12 ; 3 sont morts dans leur première année de vie. Pour mener à bien leur tâche, ils ont cru bon d'être autoritaires et exigeants envers nous. Je me sentais souvent coupable de ne pas répondre à toutes leurs exigences. Très jeune, Dieu était pour moi le maître suprême qui me dictait ma conduite dans les moindres gestes, je le percevais comme très exigeant. Je me devais d'exécuter ses ordres sous peine de damnation éternelle. J'étais très loin du vrai Dieu. Je le craignais beaucoup comme je craignais mes parents. Je devais mériter ses faveurs. J'avais peur de lui mais en même temps, j'étais fortement attirée par lui; j'ai compris cette attirance beaucoup plus tard. J'ai été torturée intérieurement jusqu'au début de ma vie adulte; les exigences m'étouffaient; je ne trouvais pas de place pour m'exprimer à ma manière, pas de place pour moi. J'étais en fusion avec ma mère. Au début de la vingtaine, après quelques années d'enseignement au primaire, pour répondre à ma quête de Dieu, j'ai décidé d'étudier en catéchèse. Là, j'ai compris que ma peur de Dieu avait une origine qui n'avait rien à voir avec lui . J'ai saisi, dans ma tête, que j'étais unique pour lui et aimée personnellement, j'ai compris (dans ma tête) que j'avais droit à mon cheminement. J'avais un grand désir de vivre avec ce Dieu Amour que je venais de découvrir intellectuellement, mais j'en étais incapable, tous les conditionnements que j'avais intégrés étaient contraires à cette nouvelle perception. J'ai compris qu'il me fallait vivre un long cheminement humain pour intégrer cette nouvelle vision de Dieu dans ma vie. Une thérapie m'a aidée à sortir de l'emprise parentale, à découvrir mon identité pour ensuite devenir plus capable de vivre une relation avec Dieu selon mon désir, en lien avec ma nouvelle perception. J'étais alors dans la vingtaine. J'ai fait partie de plusieurs groupes de cheminement religieux. Je me suis même égarée pendant un certain temps dans l'ésotérisme. J'étais toujours déçue et insatisfaite parce que ces groupes me gardaient dans la dépendance; j'étais toujours brimée dans ma liberté. Mon vécu antérieur me rendait très vulnérable sur ce point. Après plusieurs années de recherche, quelqu'un m'a parlé des Exercices; j'étais sceptique après tant d'expériences insatisfaisantes. Mais j'ai décidé une autre tentative. Je me suis dirigée vers Manrèse pour vivre les Exercices dans la vie courante. J'ai senti tout de suite que j'étais à la bonne place. Au tout début, j'ai eu la chance de m'approprier mon histoire de vie, de l'intégrer au moment de la phase d'enracinement humain, phase que nous vivons avant d'entrer dans les Exercices proprement dits. J'ai compris l'importance de goûter la vie dans toutes les dimensions de mon être : physique, affective, intellectuelle autant que spirituelle. Là, j'ai compris et reconnu comment Dieu m'avait accompagnée depuis toujours, que, pendant que je le cherchais et que j'avais peur de lui, c'était lui qui venait au-devant de moi pour qu'enfin je puisse le rejoindre en me laissant aimer comme je suis. Pour moi, cette étape a été importante pour me permettre d'entrer dans la démarche complète des Exercices. Elle m'a préparée à entrer dans le Fondement; j'ai pu me laisser approcher par ce Dieu qui n'est qu'AMOUR; il m'a aidée à intégrer la souffrance dans mon histoire et à m'en libérer peu à peu.( Première Semaine ) J'ai appris à descendre sans peur à l'intérieur de moi, à écouter les mouvements de consolation et de désolation , à y reconnaître le langage de Dieu. Je pouvais cheminer vers la liberté. Avant de trouver mon identité, à l'époque de ma thérapie, dans la vingtaine, j'étais incapable de liberté intérieure; j'étais en survie, toute enfermée en moi-même dans la peur de l'existence. Ce mouvement d'écoute de moi-même m'a ouverte aussi à l'écoute des autres. Cela a été très important dans notre vie de couple. Nous sommes devenus tous les deux capables de beaucoup d'intimité dans nos échanges de tous les jours et cela sur tous les plans . Nous avons fait l'expérience de rencontrer Dieu concrètement dans nos partages physiques, affectifs, intellectuels, spirituels etc. Cela a transformé notre vie quotidienne. Nous goûtons beaucoup mieux la vie ensemble.
J'ai vécu avec joie toutes les étapes des Exercices. J'ai rencontré la personne de Jésus et son message dans l'étape de la Deuxième Semaine. Un grand désir de le suivre pour vivre en intimité avec lui est né en moi. Comme nous avons vécu les Exercices en même temps Jean-Yves et moi, Jésus est entré dans notre intimité commune. L'alliance qu'il nous invitait à vivre personnellement , a rejoint l'alliance de notre couple. Nous l'avons reconnu vivant dans notre relation et notre histoire de couple. Il nous a libérés aussi de la partie douloureuse de notre vie de couple. Ce qui a été le plus fort pour moi et qui continue à me guider et à nous guider, c'est l'outil du discernement qui permet d'avancer toujours plus loin sur le chemin de la liberté et de l'ouverture à plus grand que moi. Je suis unique pour Dieu, il me donne une mission unique à réaliser à sa suite (Élection). Plus je l'écoute au cour de ma vie, plus je découvre la route qu'il m'invite à prendre avec lui au quotidien. L'accompagnement reçu tout le long du parcours m'a été d'un précieux secours dans cet apprentissage. Le fait de partager mon cheminement avec quelqu'un d'autre m'a permis de me le dire plus clairement à moi-même, de me le préciser pour aller plus loin dans l'intégration de mon expérience. De plus, j'ai revécu les Exercices de façon intensive pendant 30 jours. J'ai pu en intégrer davantage les étapes. C'est un cheminement qui n'est jamais terminé. J'ai la chance de me retremper dans les Exercices tous les ans quand j'accompagne les stagiaires qui vivent la retraite de 30 jours. Je revis l'expérience pour moi d'une façon nouvelle chaque fois. En résumé, je dirais que les Exercices ont été ce long moment où le Christ a fait pour moi ce qu'il a fait avec les deux disciples d'Emmaüs. Il m'a expliqué les Écritures dans ma vie personnelle et de couple. Il m'a fait comprendre dans tout mon être et dans le concret de ma vie comment il a toujours été fidèle à son alliance d'amour avec moi et avec nous. Malgré le temps que j'ai pu mettre à le saisir, lui était là dès le début pour me guider doucement vers lui. Les Exercices m'ont permis de me découvrir, unique, personnelle, en cheminement avec la personne de Jésus-Christ qui me donne une vie abondante pour que je la transmette aux personnes qui m'entourent. C'est un appel à devenir de plus en plus libre pour trouver Dieu partout. Les Exercices ont vraiment orienté ma vie de retraitée. Ce sont eux qui m'ont menée à Manrèse et m'y ont gardée dans un engagement apostolique important depuis plus de 10 ans maintenant.
Une histoire de couple Par Amal et Sam Loutfi, CVX-Internationale Amal En 1984, mon frère m'a invité à aller à une rencontre de jeunes de 4 jours en me disant : ``je t'assure Amal que tu vas aimer ça. « J'ai pensé que c'était une occasion de rencontrer des jeunes chrétiens de mon âge. Quand je suis arrivée, j'ai appris que cette rencontre était une retraite Igniatienne et que l'animateur était un jésuite ! Ce n'était pas ce que je prévoyais : ce n'était pas une occasion de rencontrer des jeunes mais c'était une occasion de rencontrer le Bon Dieu. Ce fut une retraite magnifique et elle ma beaucoup marquée » Suite à cette retraite, j'ai ressenti un appel intérieur très fort « Suis-moi ». J'ai bien pensé et je me suis dit que j'avais deux choix soit la vie religieuse soit le suivre dans une vie conjugale. J'ai demandé très fort que soit facilité entre ces deux chemins celui qui me correspondait le plus profondément. En 1986, j'ai rencontré Sam, c'était pour moi la personne que le Bon Dieu avais mis sur mon chemin afin de le suivre ensemble. Sam Durant nos fiançailles Amal et moi, avons assisté à une retraite de préparation au mariage animée par des jésuites. C'était mon premier contact direct avec la compagnie de Jésus et la spiritualité Ignatienne dont je suis tombé en amour. Avant notre mariage, une grande difficulté s'est présentée à nous deux et nous avons décidé de suivre une retraite silencieuse organisée par les Jésuites pour discerner. C'était une retraite inoubliable; elle a été la pierre d'angle de ma vie conjugale. Après cette retraite nous avons tous les deux choisi de continuer notre chemin ensemble. Alors, nous sommes entrés dans l'aventure du sacrement du mariage, remplie de confiance que le Bon Dieu d'amour est avec nous. A ce moment, nous avons dit oui à l'engagement à vie pour le bien et pour le pire . Notre conscience était absolue que notre relation avec Jésus et notre bagage spirituel nous rendraient capables de traverser les vagues et nous emmènerait au bon port. Amal Nous sommes entrés dans l'aventure du mariage avec une foi solide et nous avons commencé un groupe de CVX avec un couple puis, notre groupe a grandit rapidement pour être composé de 6 couples. C'était une occasion pour nous de partager avec eux nos soucis, nos joies, nos problèmes, nos tristesses. Tout ce bagage nous a permis de dépasser toutes les difficultés sociales, financières, de maladies puis d'arriver à prendre la décision d'immigrer. Nous avions tous les deux la certitude que le Bon Dieu ne nous lâcherait pas. Souvent, nous chantons le Psaume 27 L'Éternel est ma lumière et mon salut : De qui aurais-je crainte ? Sam En 1993, nous sommes arrivés au Québec et quelque chose d'essentiel me manquait. J'ai senti le besoin profond de chercher cette source d'amour et d'espoir, cette fraternité que j'avais et que j'ai perdu.
Amal Sur mon chemin j'ai rencontré Père Louis Robert qui est le curé d'une des paroisses où je travaille. Il a offert gratuitement à tous ses catéchètes les Exercices Spirituels dans la vie courante. J'étais en train de raconter à Sam l'offre généreuse du Père Robert à ses catéchètes quand il m'a soudainement demandé si cette offre est aussi valable pour les conjoints des catéchètes. Père Robert a répondu que cette offre était ouverte à toutes les personnes intéressées. Sam Avec le Père Louis Robert j'ai passé une année 2004 agréablement riche sur le chemin des Exercices Spirituels dans la vie courante. Cette année, je l'ai appelé mon « année ignatienne » parce qu'elle a été déterminante et a marqué ma vie. Mes yeux se sont rendus plus sensible à la présence réelle et active de Dieu Trinité-Amour dans ma vie. Suite à cette année ignatienne et à la lumière de cette spiritualité, j'ai vécu une véritable résurrection de la mort, la mort de ma vie passée, une renaissance de ma vie future, un éveil de ma conscience, de mon âme et de mon esprit. J'ai découvert ce lien subtil fort qui uni toute l'humanité et moi dedans avec Dieu. J'ai entendu un appel à témoigner, à manifester dans ma vie cette grâce reçue. Les Exercices Spirituels m'ont conduit de l'ignorance à la lumière, une invitation à devenir un vrai chrétien non pas de « nom » mais par l'action, d'être actif dans l'Eglise d'aujourd'hui, de nager contre le courant du XXI siècle. Mon regard a radicalement changé :
Après avoir vécu les Exercices Ignatiens ma façon de vivre a complètement changé, je suis devenu de plus en plus libre, je mange différemment, je parle différemment, mes barrières de toutes sortes ont commencés à tomber les unes après les autres. J'ai commencé à me libérer de l'esclavage matériel, culturel corporel mentale et même au niveau de mes pensées. Ma conscience prend une dimension plus élevée. J'ai goûté et senti la paix du pardon , la joie de la réconciliation , la grâce d'être aimé , la tendresse de Jésus , la miséricorde et l'amour du Père . Je vis une purification continue . Quelques petits exemples parmi des centaines de ma vie quotidienne :
Je peux résumer que pour moi:
Amal À la suite de Sam, j'ai suivi moi aussi les Exercices avec le Père Robert. Pour éviter de répéter, je peux vous dire que j'ai senti, goûté la même chose que lui. J'ai développé après les Exercices l'habitude quotidienne de poser la question suivante : Qu'est ce que tu veux que je fasse Seigneur ? Qu'est ce que tu veux de moi ? Qu'est ce que je peux faire pour rendre telle personne heureuse ?
Cette année, pour la première fois, pendant le carême, j'ai plus mis l'accent sur mes pensées que juste sur mes actions. Quel beau cadeau du ciel, quels privilèges, quel émerveillement ! Je vous invite à écouter ensemble la chanson « Le vrai Soleil » de Fréderic Francois, qui résume notre regard après les Exercices. |
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