Un jour, Marie-Hélène me dit: "Monsieur, pourquoi ne pas
abandonner tous ces apparats critiques, ce langage scientifique,
et le reste....et nous raconter tout simplement la Bible.
C'est tellement beau, au fond , ce que vous nous dites..."
Que voulez-vous, c'était un cours d'anthropologie biblique que je donnais.
Surtout, au fond je n'étais pas prêt à raconter la Bible en langage de
comptine. Il me fallait cette longue, splendide et éreintante étude du riche
substrat des écrits bibliques pour passer à l'inspiration des contes qui sont
venus en leur temps.
Antoine de Saint-Exupéry écrit bellement dans
Pilote de guerre (édition de La Pléiade, p. 295):
"Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu
trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites!
Une illumination soudaine semble parfois faire
bifurquer une destinée. Mais l'illumination n'est
que la vision soudaine, par l'Esprit, d'une route
lentement préparée.
J'ai appris lentement la grammaire. On m'a exercé
à la syntaxe. On a éveillé mes sentiments . Et voilà
brusquement qu'un poème me frappe au coeur."
Telle fut, modestement, l'histoire du passage de mes études
aux contes bibliques que je présente ici. Et j'offre ces contes
à ces centaines d'ex- étudiants et étudiantes qui, pendant de
nombreuses années, au Québec, en Ontario, en Italie et aux
États-Unis, m'ont permis de creuser les secrets de la Bible,
au plan le plus humain qui soit, pour en découvrir mieux les
secrets divins mis à notre portée.
Étudiantes et étudiants, je vous dois beaucoup et je vous
exprime ici ma sincère reconnaissance.
G.C. |