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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

 

Après les ouragans de 2008

L'engagement des jésuites haïtiens

Dans la région des Gonaïves, les routes comme les maisons ont été largement détruites. La capacité d'intervention des jésuites là-bas est limitée d'abord du point de vue financier, mais aussi parce que notre Province n'a pas de maisons ou d'institutions dans la région. Un comité spécial a été formé pour assurer la distribution efficace et juste de l'aide à apporter à un certain nombre de sinistrés.

Comme l'avait expliqué Kawas François, le Délégué du Provincial pour l'apostolat et le financement en Haïti, sur notre site internet, une aide d'urgence a d'abord été apportée à des gens qui avaient perdu tous leurs biens et qui étaient recommandés par des confrères ou par des communautés religieuses avec lesquelles nous sommes en lien.

Cette aide a été possible grâce à un fonds spécial mis à la disposition de notre équipe par le FACSI, le fonds d'aide du Père Général (Rome).

Pour la suite, considérant les sommes relativement petites (devant l'ampleur des besoins) recueillies, les jésuites haïtiens ont pensé concentrer leurs efforts dans deux endroits, les environs de Cabaret et surtout Bombardopolis. Cette dernière communauté rurale du nord-ouest est un endroit parmi les plus pauvres et les plus oubliés du pays. Notre Province y entretient des liens particuliers avec la paroisse et une communauté de religieuses qui y travaille. C'est là que nos novices de 2 e année vont aller, une fois encore cette année, pour faire leur expériment pastoral long (janvier à mars). Les liens de confiance qui ont été tissés entre les jésuites et les gens permettront une intervention ciblée plus efficace que dans des milieux plus grands comme la ville des Gonaïves où, de toute façon, l'attention des agences d'aide est déjà concentrée.

Pour continuer à appuyer les efforts de nos confrères pour le relèvement du pays à la suite des ouragans de cet automne, on peut faire parvenir ses dons par l'entremise du Bureau des Missions.

 


Ouvres : Service jésuites pour les réfugiés et les migrants

 

Le défi de la migration haïtienne

La quatrième réunion du Réseau jésuites des flux migratoires des Caraïbes, qui s'est déroulée du 16 au 19 octobre 2008 en République dominicaine, avait comme thème principal : la migration haïtienne. La rencontre a réuni une vingtaine de participants du Canada, d'Équateur, d'Haïti, du Mexique, de la République dominicaine et du Venezuela. Dans un premier temps, la délégation haïtienne a mis en évidence les causes de la migration haïtienne qui sont principalement économiques, sociales et environnementales. Ces causes sont évidemment amplifiées par une absence d'action véritable de l'État haïtien en regard de l'ensemble de ces enjeux.

Chaque pays récipiendaire a ensuite dressé un portrait de la présence haïtienne au sein de son immigration et des défis particuliers qui la concernaient actuellement. Pour le Québec, ce fut l'occasion d'expliquer les deux vagues d'immigration très différentes qui ont caractérisé l'immigration haïtienne : celle d'avant 1980, principalement constituée d'intellectuels et de réfugiés politiques qui ont connu une intégration relativement bonne ; celle d'après 1980, caractérisée par la réunification des familles et une immigration beaucoup moins scolarisée qui vit dans des conditions socio-économiques de grande vulnérabilité. Le défi majeur pour le Québec est l'intégration des jeunes générations. Nous avons complété notre analyse des enjeux de la migration haïtienne par une journée de visite terrain à la frontière où nous avons pu prendre connaissance du travail réalisé par les jésuites haïtiens et dominicains.

Une autre journée de la rencontre a été consacrée à une réflexion théorique sur le travail de défense de droits et d'incidence politique. Cet exposé a été suivi de quelques présentations de luttes et de campagnes réalisées en République dominicaine, aux États-Unis et en Équateur. Cela a permis un échange très fructueux sur les différences d'interventions selon les contextes politiques, le rôle des instances internationales, notamment de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme et sur les collaborations entre les Provinces jésuites en ce domaine.

La prochaine rencontre aura lieu à Port-au-Prince en octobre 2009. Le Réseau a décidé de continuer à accorder une attention prioritaire à la migration haïtienne pour la prochaine année. Haïti doit approfondir davantage l'analyse des causes et des conséquences de la migration pour le pays d'origine alors que les pays récipiendaires doivent poursuivre leur recherche sur les enjeux touchant les migrants haïtiens chez eux. Le Réseau a demandé à la République dominicaine et à Haïti de faire une recherche sur le trafic et la traite des femmes et des enfants à la frontière, compte tenu de l'ampleur inquiétante que prend ce phénomène. Au niveau du travail d'intervention politique, la priorité doit être donnée à l'élaboration d'un document de revendications par Solidarité frontalière sur lequel pourra s'appuyer les interventions internes comme externes auprès du gouvernement haïtien, entre autres en ce qui a trait à l'obtention de document d'identité. Les pays membres du Réseau vont aussi tenter de faire pression sur le gouvernement dominicain pour qu'il mette en ouvre les décisions de la Cour interaméricaine concernant la nationalité des citoyens d'origine haïtienne.

Élisabeth Garant
Service jésuite pour les réfugiés et les migrants

 


 

Tempêtes tropicales en Haïti

Les jésuites haïtiens se mobilisent

Voici des extraits d'une lettre que le responsable jésuite du Secteur social en Haïti, le P. Kawas François, écrivait à ses confrères de la Province jésuite du Canada français et d'Haïti.

Devant la situation tragique que vivent tant d'Haïtiens de l'Artibonite, du centre et du nord-ouest du pays, les jésuites collaboreront avec des partenaires locaux pour assurer une aide efficace et rapide aux populations touchées.

Déjà le Père Général, supérieur des jésuites du monde entier, a réagi et a offert une aide financière à partir du fonds d'aide de la Compagnie de Jésus (FACSI). Le Bureau des Missions jésuites de Montréal est aussi prêt à faire parvenir vos dons aux jésuites haïtiens qui garantiront que l'aide rejoindra rapidement les nécessiteux.

On peut envoyer des dons (un reçu pour fins fiscale pourra être émis sur demande) à Missions jésuites, 25, rue Jarry Ouest, Montréal (QC) H2P 1S6

 

Aux Compagnons jésuites d'Haïti et du Canada
Aux amis de la Compagnie de Jésus en Haïti

Sujet: Rencontre de la Consulte d'Haïti et des Délégués
du Provincial autour de la situation d'urgence en Haïti

Chers compagnons, chers amis

La Consulte d'Haïti s'est réunie avec les Délégués du Provincial le vendredi 12 septembre  Nous avons passé plus de deux heures à réfléchir sur la situation d'urgence créée en Haïti par le passage des ouragans Gustav, Hanna et Ike. Nous nous sommes arrêtés sur les points suivants:

1.- Il est urgent que la Compagnie de Jésus intervienne dans cette situation et donne à la société et à l'Église un témoignage de solidarité.

2.- La situation est complexe et nous ne disposons pas de beaucoup de jésuites sur le terrain. Il nous faut donc inventer des mécanismes d'intervention rapides et efficaces en lien avec des partenaires fiables.

3.-  Nous ne pouvons pas agir comme nous l'avions fait pour la tempête Jeanne; nous étions alors intervenus durant la phase d'urgence en distribuant de l'argent aux familles directement ou à travers des partenaires sur le terrain; même si cela a été utile à ces familles sinistrées, il faut voir à plus long terme.

4.-Notre action comportera donc deux phases principales:

     a) une phase d'urgence qui n'absorbera que 20 % des ressources financières que nous aurons collectées; c'est à dire aider les gens à curer leur  maison, à acheter les produits de première nécessité: vêtements, lits, matelas, ustensiles de cuisine, nourriture etc. Nous avons déjà reçu de Rome un montant pour travailler à cette phase.

     b) une phase qui vise davantage le long terme. Cette phase est pour nous la plus importante; elle absorbera 80% des ressources financières collectées. Elle consistera à aider les familles urbaines et rurales à réaménager leurs maisons détruites, à remettre en route les unités de production agricoles endommagées (achat de semences, d'engrais, de têtes de bétail etc.). Cette action visera également à remobiliser les gens autour de la reconstruction du pays en général, à renforcer leur conscience citoyenne, à assurer leur autonomie comme personne humaine

    c) Étant donné que les zones d'intervention de nos institutions jésuites ne sont pas directement touchées sauf à Dulagon,  notre action s'appuiera sur des partenaires locaux (congrégations religieuses, paroisses etc.).

5.- Un comité jésuite permanent est créé; il est constitué de:  Dérino Sainfariste, Mathurin Charlot ( vice-économe du territoire), Gilles Beauchemin, (économe du territoire), Kawas François, délégué aux ouvres (coordonateur du comité), Miller Lamothe, délégué aux communautés et à la formation, Pérard Monestime. D'autres jésuites présents à Port-au-Prince seront invités à participer à l'opération : Gabriel Dorino, Jean-Denis St-Félix, Marcel Charélus, Claude Souffrant, Ramiro Pàmpols. Ce comité a pour principales fonctions d'assurer la planification, le suivi et l'évaluation de l'action sur le terrain, la gestion des fonds, la sélection des partenaires locaux, la préparation des rapports d'activités et financiers pour les bailleurs de fonds.

6.- Le délégué aux Ouvres et au Financement  est chargé d'acheminer dans les meilleurs délais une demande de financement à des agences de financement et des institutions jésuites de par le monde.

Nous espérons que cette action commune au service des sinistrés contribuera a renforcer les liens entre nous, compagnons jésuites, à donner un témoignage vivant de notre solidarité avec les plus pauvres et à aider notre pays à se remettre debout.

Bien fraternellement dans le Christ,
Kawas François , SJ
délégué du P. Provincial en Haiti pour les ouvres apostoliques et le financement et coordonnateur du Secteur social


 

Information-cyclones

Résumé de la situation aux Gonaïves et dans les différentes régions touchées par les tempêtes tropicales au cours des dernières semaines.

Les inondations provoquées par les pluies qui se sont abattues sur Haïti, lors de la récente série d'ouragans, ont fait des centaines de morts et affecté des milliers de riverains Dans le sillage des ouragans Fay, Gustav et Hanna, des ponts importants ont été emportés par les crues et les éboulements de terrain, rendant des routes impraticables dans tout le pays. Partout à travers le pays, ce sont des ponts effondrés, des routes coupées et des villes isolées les unes des autres, des plantations dévastées comme c'est le cas dans de nombreuses régions du Nord et du Sud où les habitants sont dans le dénuement total. Le gouvernement a instauré l'état d'urgence à l'échelle nationale pour une période renouvelable de 15 jours, a annoncé jeudi le Premier ministre Michèle Pierre-Louis.

La ville des Gonaïves (151 kms au Nord de Port-au-Prince) est de loin la plus meurtrie. D es inondations provoquées par Hanna y a fait des centaines de morts; le niveau des eaux est encore remonté dans la nuit de samedi, poussant de nombreux habitants à regagner le toit de leurs maisons. Des milliers de personnes qui se trouvaient sur la Place du Souvenir des Gonaïves ou dans des abris fragiles, ont été évacuées vers des centres d'hébergement dans la ville même ou dans d'autres régions de l'Artibonite. Ainsi, plus de 2500 Gonaïviens ont été accueillis dans la ville voisine de Saint-Marc.

Dans le Bas Artibonite, les eaux libérées de la Centrale hydro-électrique de Péligre renforcées par les pluies de l'ouragan Ike ont causé de nombreux dégats dans la 5ème section de Bocozel (Saint-Marc), inondant des maisons et détruisant des plantations. Les victimes ont été accueillies au lycée Bicentenaire de Saint-Marc.

Dans le Nord, la Rivière Bouyara a détruit des habitations dans la commune de Saint-Raphael. 300 familles sinistrées ont été conduites dans des abris provisoires, selon le maire Jean-Robert Antiocris. Un grand nombre de communes ont été secoués par les vents et les inondations qui ont endommagé les plantations et emporté de nombreuses têtes de bétal.

Hinche, principale ville du Département du Centre, a été touchée par la crue de la rivière Guayamunc (qui arrive du Nord et se jette dans l'Artibonite).  De plus, il semblerait que dans l'un des quartiers bordant la rivière, le niveau d'eau a atteint « jusqu'à 2 mètres par endroit. », sur environ 4000 sinistrés, 3000 ont été accueillis dans des centres provisoires (3 écoles publiques mises à disposition) et les 1000 autres restants ont trouvé refuge chez des parents, amis ou autres proches.

A Mirebalais, à 68 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince, un pont jeté sur la rivière Latem, située sur la route Mirebalais-Pont sondé, vient de céder à cause de la pression hydrique.

 La situation est réellement catastrophique à Cabaret où 48 personnes dont 13 enfants ont péri sous les eaux, lors du passage dans la nuit du 6 au 7 septembre du cyclone Ike,.Les rivières Bretelle et Torecelle, en crue, ont inondé la ville, les corps flottaient dans les rues. Un premier bilan partiel faisait état de 30 morts, dans cette ville située à 24 km de la capitale, Port-au-Prince.La ville, établie entre deux rivières, celles de Bretelle et Torecelle, a vraisemblablement été « prise en sandwich » lorsque ces dernières ont débordé.

A Aquin dans le département sud du pays, les rues sont inondées et l'eau monte jusqu'à 1.50m.  C'est très difficile d'y aller, ne serait-ce que jusqu'à Petit-Goave. ll reste peu de réserve alimentaire. Les habitants se déplacent en barque, seul moyen pour approvisionner la ville en eau et nourriture. Le pont à proximité de l'étang de Miragôane est affecté et la route nationale n°2, qui relie Aquin à Port-au-Prince, est impraticable.

Le ministre haïtien de l'Agriculture, Joanas Gué, a fait savoir mercredi qu'une evaluation sommaire des dégâts causés par les dernières intempéries dans le pays, s'élèvent à environ 190 millions de dollars américains, pour le secteur agricole. Plusieurs dizaines de milliers d'hectares de plantations de riz, de bananes, de légumes et de fruits ont été ravagées et 21 systèmes d'irrigation détruits et d'autres endommagés dans plusieurs regions du pays. La faim et la sous-alimentation vont s'aggraver dans les mois à venir en Haïti si les agriculteurs déplacés ne peuvent pas retourner à leurs champs alors que la série de cyclones qui vient de frapper le pays a sérieusement compromis les moyens d'existence des communautés rurales, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Plus de 50.000 familles ont tout perdu et n'ont plus rien à manger, souligne la FAO dans un communiqué. Neuf départements sur dix ont énormément souffert. Les cultures sur pied (maïs, sorgho, fèves, manioc, patates douces) et les plantations de bananes ont été dévastées par les inondations, l'érosion et les glissements de terrain. Plus de 2.000 têtes de bétail ont péri noyées. Dans la majeure partie de l'île, les lignes électriques et les routes ont été également détruites, compliquant encore davantage la remise sur pied du secteur agricole et des marchés. D'après la FAO, « les ménages ruraux ont besoin d'une assistance immédiate pour assurer leurs moyens d'existence. La relance de la production agricole et la lutte contre la propagation des maladies animales nécessiteront pas moins de 10,5 millions de dollars ».