Forum de discussion des Jésuites
siteglc@jesuites.org

Participez à notre LISTE d'ENVOIS pour être informés des nouveautés et des activités. Inscrivez votre adresse de courriel et cliquez le bouton inscription.

Votre adresse E-Mail :

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

 


JEAN-MARC DUFORT


JEAN-MARC DUFORT

Jésuite né en Auvergne en 1881 et mort à New York en 1955, paléontologue, Pierre Teilhard de Chardin a découvert en Chine avec d'autres chercheurs l'un des plus vieux hommes fossilisés, le Sinanthrope, qu'il étudiera entre 1929 et 1945. C'est à lui qu'on doit le mot « hominisation », qui désigne le passage de l'instinct à la pensée, la spiritualisation du tronc humain. Le mot et son sens ont influé sur le concile Vatican II .

Quelle est la place du Christ dans la pensée et dans la vie de Teilhard? «La vraie science mystique [...], écrit-il vers 1923, est la science du Christ à travers tout.» Disciple de saint Paul, il a su unir dans sa vie le travail scientifique et la vie de foi : « Pour moi, écrit-il en 1927 à un ami, la recherche scientifique et l'effort mystique ne font qu'une seule puissance qui demande à se propager.»

À mesure que passent les années, il avoue : « Je sens l'intérêt profond de ma vie émigrer ailleurs. » Le véritable intérêt de sa vie, « c'est l'effort en vue d'une meilleure découverte de Dieu dans le monde» (à Léontine Zanta , 1936). Fait remarquable, son dernier essai intitulé Le Christique (1955) se caractérise par une vision personnelle. «Je tiens à son intégrité [...]. Je suis décidé à tout sacrifier plutôt que de porter atteinte, en moi ou autour de moi, à l'intégrité du Christ. » (Lettre, 8 octobre 1953)

Dès 1917, il compose un essai qu'il intitule Le milieu mystique où il écrit: «J'ai rêvé d'un Centre commun où toutes les choses plongeraient par la racine la plus vive de leur sensibilité et de leur énergie, d'un Centre universel, vivant et bienveillant, qui viendrait lui-même au secours de nos désirs de bien faire, quand nous ne savons ni les formuler ni les réaliser. » Ce Centre, il lui donnera bientôt un nom: c'est le Christ-Oméga qui, comme un élément universel, pénètre tout. Teilhard résumera toute sa pensée dans cette note rédigée dans son journal à Rome, le 11 octobre 1948 : « Le Cour de la Matière = Cour de Jésus = Centre de Jésus = Foyer de l'enroulement cosmique = enroulement christique = enroulement créateur . »

À la recherche du Christ
Le Christ des Évangiles (et surtout celui de Paul) apparaît comme le point de convergence de toute la recherche de Teilhard qui l'entend ainsi: pour faire tenir ensemble le monde moderne et Dieu, il faut passer par le Christ. D'où la nécessité, pour Teilhard, de faire aboutir au Christ toute affirmation concernant le monde. Cette nécessité est de nature apologétique : elle a pour but de réconcilier le christianisme avec la science. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, il y a conflit entre la science et la foi. Toute la vie de Teilhard et l'effort de sa pensée tendront à résoudre ce conflit.

L'intuition qui guide la recherche de Teilhard
Cette intuition est la suivante: il existe une merveilleuse harmonie, une harmonie libératrice entre une religion centrée sur le Christ et une évolution de type convergent. On pourrait qualifier ce postulat de Teilhard de « point de départ de l'apologétique nouvelle ». Teilhard écrira encore : « Évolutionnisme et christianisme ont besoin l'un de l'autre pour se soutenir et s'achever mutuellement. » Et il en donne la raison : le christianisme est la religion du progrès universel , et cela à cause de deux éléments :

  • la foi en la résurrection de la Terre : l'univers humain et ses aspirations fondamentales ne peuvent pas mourir définitivement. Pour Teilhard, ce thème est d'importance capitale: l'évolution a un sens positif, le monde ne s'en va pas vers une catastrophe finale ;
  • l'attente d'une consommation de l'Univers «dans le Christ Jésus». Teilhard se réfère volontiers ici au texte connu de la lettre de Paul aux Romains (8,19s.) : «La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu [...]; elle garde l'espérance, même soumise à la vanité, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire de Dieu. » Dans un essai précédant sa retraite spi- rituelle de 1943 et qui l'a inspiré durant cette retraite, Teilhard parle du Christ Évoluteur , «l'Animateur et le Collecteur de toutes les énergies biologiques et spirituelles de l'Univers ».

Les conséquences de ce principe d'harmonie que Teilhard appelle « une logique vivante » sont importantes :

  • si rien ne doit échapper au Christ des éléments du monde, « il ne s'agit plus pour le chrétien de s'évader des choses en les évitant, mais il lui faut les dépasser en les explorant, les mesurant, les conquérant jusqu'au bout » ;
  • le christianisme est seul capable de nous faire opérer ce dépassement, car il est seul capable de nous mettre en relation avec le Centre du Monde lui-même d'une manière non pas symbolique (c'est-à-dire hors du réel), mais à travers le monde. « II introduit la réalité de ce que par toute la structure de l'activité humaine nous attendons » : un ordre vital nouveau.

A quelle découverte cette intuition Va-t-elle conduit?
Cette intuition a conduit Teilhard à voir le Christ et la religion chrétienne comme faisant partie du phénomène de l'Évolution. Expliquons cela : il existe

une christogénèse , c'est-à-dire un processus :

  • dont les éléments sont composés d'un pôle de conscience suprême (OMÉGA) : double spéculatif du « Plérôme », c'est-à-dire réunion de toutes choses dans le Christ {cf. Ep 1,10-23), vers lequel s'orientent toutes les consciences élémentaires, où tout l'Univers trouve sa consistance et son sens ;
  • dont le mécanisme unificateur est l'incarnation, et l'effort élévateur est la Rédemption. Une méditation d'inspiration paulinienne insérée dans l'opuscule intitulé La vie cosmique (daté de 1916) accentue encore davantage le rôle du Christ, à la fois Chef de l'humanité et Maître de l'Univers. Le Christ est l'instrument, le Centre, la Fin de toute la création animée et matérielle ; par Lui, tout est créé, sanctifié, vivifié . En termes d'évolution, c'est dire qu'il existe une christogénèse , processus dont l'aboutissement est «un pôle de conscience suprême, vers lequel con- vergent toutes les consciences élémentaires du monde, dont le méca-nisme unificateur est l'Incarnation et l'effort élévateur la Rédemption... »

Dans ce processus d'évolution, Teilhard reconnaît en particulier un effort transformateur en la résurrection du Christ. En somme, le christianisme se compose comme un «phylum» (branche maîtresse sur l'Arbre de l'Évolution). Il forme un système cohérent et progressif d'éléments spirituels collectivement associés. Voilà la découverte de Teilhard, fruit de son intuition.

A quels problèmes se confrontera la pensée de Teilhard ainsi orientée?
Cette pensée se confrontera au problème de la réconciliation de deux phénomènes ou de deux axes partiellement autonomes : l'évolution du phénomène humain et la montée du Christ dans l'Univers. En d'autres termes, Teilhard veut réconcilier l' anthropogénèse , c'est-à-dire le rapprochement de la pensée individuelle avec tout ce qui pense sur la terre (les monades pensantes) et la chnstogénèse , «la montée dans l'âme d'une sorte d'Autre senti et vécu comme la Présence d'un divin incarné qui exige, pour se satisfaire, d'être par nature universelle». En langage biblique, chez saint Paul, cela s'appelle «le Plérôme», la plénitude de celui qui est rempli totalement.

Comment le Christ s'insère-t-il dans le phénomène de l'évolution ?
D'abord, par l'incarnation, qui est une rénovation, une restauration de toutes les forces et les puissances de l'Univers. «Par l'Incarnation, écrit Teilhard, Dieu est descendu dans la nature pour la suranimer et la ramener à Lui : voila le dogme chrétien dans sa substance. » « Un Dieu historiquement incarné est le seul qui puisse satisfaire non seulement aux règles inflexibles d'un Univers où rien ne se produit et n'apparaît que par voie de puissance, mais encore aux aspirations irrépressibles de notre esprit . »

Au point de vue du phénomène lui-même, l'Incarnation apparaît comme l'insertion personnelle de Dieu dans l'Évolution. L' Incarnation joue ici le rôle d'un mécanisme unificateur dans un processus que Teilhard lui-même a appelé la christogénèse : le Christ Universel, synthèse consciente du Christ et de l'Univers, est au terme de ce processus. «J'entends par Christ universel, écrit Teilhard, le Christ Centre organique de l'univers entier», c'est-à-dire de la Terre, de l'Humanité et de toute croissance du corps et de l'esprit. Ensuite, par la rédemption, qui montre le côté douloureux de cette réconciliation. Ce mécanisme unificateur ne fonctionne pas sans peine. En fait, il prend l'allure d'une restauration et d'une rénovation de la création, et cela au point d'être symbolisé par une croix: « La concentration du Multiple (qui par son inertie s'oppose à l'Évolution) en l'unité ("Qu'ils soient un", Jn 17,21) organique suprême d'Oméga représente un extrême labeur (comme une naissance, dit Teilhard). » Chaque élément participe, suivant son degré, à cette synthèse laborieuse. Mais l'effort demandé au Terme supérieur de l'unification a dû être le plus grand de tous. Ainsi, l' Incarnation-Rédemption est tout ensemble une unification, une rénovation et une restauration de toutes les forces et les puissances de l'Univers .

Surgit une difficulté : l'Incarnation à tel moment du temps de l'histoire a- t-elle l'allure d'un météore ? ou suit-elle plutôt la loi de croissance de l'esprit qui serait précisément celle de l'Évolution? En réponse à cette question, Teilhard semble bien opter pour la seconde option. Il écrit dans Mon Univers (1924): «Ne nous scandalisons plus, sottement, des attentes interminables que nous a imposées le Messie. Il ne fallait rien moins que les labeurs enrayants et anonymes de l'Homme primitif, et la longue beauté égyptienne, et l'attente inquiète d'Israël, et le parfum lentement distillé des mystiques orientales, et la sagesse cent fois raffinée des Grecs pour que, sur la tige de Jessé et de l'Humanité, la fleur pût éclore. Toutes ces préparations étaient cosmiquement , biologiquement nécessaires pour que le Christ prît pied sur la scène humaine . » L' Incarnation suit l'application de la « loi de la naissance ». Le Christ, en s'incarnant, s'immerge dans la matière et, par là, il adopte la loi de la croissance de l'Esprit («II croissait en sagesse, en taille et en faveur auprès de Dieu et des hommes», Luc 2,52).

Dans le phénomène de l'Évolution, quel rôle jouent L'incarnation du Christ et la Rédemption ?
Par l'Incarnation, répond Teilhard, le Christ suranime et ramène la création à Lui, l'unifie en l'unissant pour en prendre la tête (II la « récapitule » : Ép 1,10), et ainsi, il devient le principe de vitalité universelle. Selon lui, il existe une relation physique entre le Corps du Christ, le genre humain et le monde matériel.

Teilhard distingue un triple rôle du Christ dans l'Incarnation. Il le résume en ces mots : unifier, restaurer et rénover la création. Le langage de saint Paul affleure dans cette vue enthousiaste du Christ et de son engagement dans le monde : « Par l'Incarnation, Dieu est descendu dans la nature humaine pour la suranimer et la ramener à Lui. » « Créer, achever et purifier le monde, lisons-nous déjà dans Paul et Jean, c'est pour Dieu l'unifier en l'unissant organiquement à soi. » Or comment l'unifie-t-il? En s'immergeant partiellement dans les choses, en se faisant «élément», et puis, grâce à ce point d'appui trouvé intérieurement au cour de la Matière, en prenant la conduite et la tête de ce que nous appelons maintenant l'Évolution. Principe de vitalité universelle, le Christ, parce que surgi homme parmi les hommes, s'est mis en position, et H est en train, depuis toujours, de courber sous lui, d'épurer, de diriger et de suranimer la montée générale des consciences dans laquelle il s'est inséré. Par une action sans cesse accrue de communion et de sublimation, il s'agrège le psychisme total de la Terre. Et quand il aura ainsi tout assemblé et tout transformé, rejoignant dans un geste final le foyer divin dont il n'est jamais sorti, H se refermera sur soi et sur sa conquête. Et alors, nous dit saint Paul, «il n'y aura plus que Dieu, tout en tous».

Par la Rédemption qui montre le côté douloureux de cette rénovation du monde , le Christ s'insère encore plus profondément dans l'évolution. En effet, par la rédemption, le Christ 1) épure le monde (pour Teilhard, le monde dans son ensemble avait besoin de rédemption; il croit au péché originel); 2) purifie la montée générale des consciences ; 3) transfigure le monde.

Se pose alors une question centrale : quel sens et quelle valeur revêtent la passion et la mort-résurrection du Christ dans l'optique de Teilhard?

a) Dans son essai Mon Univers, la mort du Christ est vue dans la ligne d'un processus évolutif, plus comme une métamorphose que comme une suite du premier péché. De même, la résurrection n'est pas un événement isolé dans le temps; elle a la valeur et la proportion d'un événement cosmique: elle marque l'entrée définitive du Christ comme Centre personnel de convergence. En fait, c'est l'Ascension qui a d'abord cette valeur et cette proportion. Dans la théologie de Jean, et aussi dans celle de Paul, les deux événements ne sont pas séparés {cf. Jn 20,17).

Auparavant, le Christ «se trouvait présent en toutes choses» à la façon d'une âme isolée qui rassemble avec peine tous les éléments du monde. Désormais, il irradie sur tout l'univers la plénitude de sa conscience et de son activité dont il a, même en tant qu'homme, toute possession. La pensée de Teilhard continuera de mûrir sur ce point important de la vie chrétienne. En 1952, trois ans avant sa mort, il écrira: «Ce que le monde attend de l'Église de Dieu à ce moment de l'histoire, c'est une généralisation et un approfondissement du sens de la Croix . » Teilhard voit en elle une Source d'énergie et de rayonnement où se trouve cachée la force ascensionnelle du monde.

De même, le sens de la mort nous est révélé par la mort-résurrection du Christ. Teilhard rappelle dans Science et Christ le sens de la mort chrétienne : la vie est changée, mais non pas détruite. Par sa propre mort, le Christ a vaincu la mort ( Rm 5), il a réunifié l'homme par avance sur un plan supérieur. La mort apparaît alors sous son vrai jour: non pas destruction, mais remise à Dieu de la personne tout entière (« Père, je remets mon esprit entre tes mains»).

Par sa résurrection, le Christ a pris effectivement sa place de Centre universel. La Résurrection n'est donc pas seulement un événement momentané, mais un «formidable événement cosmique.» Elle est le «rayonnement sur tout l'Univers d'une conscience et d'une activité maîtresses d'elles-mêmes ». (On voit là tout le sens des apparitions du Christ ressuscité). D'une activité maîtresse aussi de la mort, car Celui qui apparaît aux disciples est également le Crucifié.

b) En outre, la passion et la mort-résurrection du Christ mettent en lumière, selon Teilhard, le rôle majeur de l'Eucharistie comme Centre de rayonnement, Source d'énergie spirituelle, agent de transformation de l'Univers.

L' Eucharistie est vraiment la réponse divine à la question: comment se transmet actuellement à nous l'influence du Christ universel? Le prolongement « naturel » en quelque sorte de la mort-résurrection du Christ, c'est, pour Teilhard, l'Eucharistie. L' Eucharistie lui apparaît vraiment comme un sacrement qui consacre la communauté humaine pour en faire le Corps mystique du Christ. Teilhard distingue donc le «corps primaire» limité aux espèces du pain et du vin consacrés présentes dans l'espace-temps de nos vies quotidiennes sur nos autels ; et le corps « hyper-physique » du Christ entendu comme Oméga, Centre universel et spirituel de convergence, où le monde trouve son équilibre et sa plénitude organiques.

Enfin, l'eucharistie est, dans la spiritualité de Teilhard, l'agent principal de la transformation de l'univers. Non seulement le Christ sauve-t-il la création de la mort, mais il la transforme par sa puissance. Il domine les défauts de sa créature en les intégrant en quelque sorte et en les amenuisant par une plus haute spiritualisation. On connaît le mot célèbre du « Milieu divin » : « ce n'est pas assez que je meure en communiant, appenez -moi à communier en mourant ».

Plus encore, le Christ universel (synthèse du Christ et de l'Univers) est pour l'être humain comme un « Milieu mystique », le Milieu divin dont saint Paul dit: «En lui nous avons la vie, le mouvement et l'être. » II se manifeste par la circulation de la grâce sanctifiante qui s'épanouit en charité. La chair du Christ s'alimente de tout l'Univers. Le Milieu mystique recueille tout ce qui est énergie.

Dans cette perspective, ce qu'on appelle «le Corps du Christ», c'est le monde actuel et nouveau, mouvant, dans lequel les êtres humains sont unis biologiquement. Le Christ lui-même est le chef du monde cosmique et humain, récapitulateur de toutes choses ( Éph 1,10). En langage d'Évolution, le Christ est le Centre organique de l'univers entier, auquel est suspendu tout développement même naturel, toute croissance du Corps et de l'esprit, accédant au maximum de spiritualité dans le maximum d'unification.

Enfin, il faut ajouter que le Christ n'est pas le résultat de la somme des éléments de l'univers réunis. Il ne peut s'en déduire, malgré qu'il en soit attendu. Le Christ est la plénitude, le principe synthétique de l'Univers. « Car il a plu à Dieu de faire habiter en Lui toute la plénitude. » (Col 1,19)

* * *

La manière dont Teilhard perçoit le Christ nous met sur la route d'une nouvelle manière de présenter le christianisme.

  • Le Christ apparaît en effet comme Celui qui répond parfaitement aux exigences personnalistes qui caractérisent le sentiment religieux de notre temps: le Christ est par toute sa personne et par toute sa vie un Centre personnel de convergence.
  • Il apparaît en outre comme l'Auteur et le Consommateur de l'histoire humaine: en humanisant toujours davantage ce monde-ci, il le relève, le répare, le sauve par son Incarnation et sa Rédemption. «Pour un chrétien, le succès final de l'hominisation [...] est positivement garanti par la vertu ressuscitante du Dieu incarné dans sa création . »
  • Il est vu enfin comme Celui qui incarne parfaitement la charité active, et donc l'engagement réel dans l'Évolution. L' Incarnation et la Rédemption sont les temps forts de cet engagement.

La question des relations entre Dieu et le monde devient celle des relations entre le Christ et le monde. Il y a deux jalons dans ces relations:

  • Tout est orienté vers le Christ, terme de la Création (« Tout a été créé par Lui» (Col 1,16);
  • Le Christ peut être atteint dans et à travers le processus de l'Évolution. C'est cela avant tout, l'espérance des chrétiens. L'être humain ne sera jamais un étranger en ce monde, précisément parce que Dieu s'est fait humain.
  • En somme, la vision de Teilhard est valable pour tous, parce quelle établit une cohérence entre la chair et l'esprit et le cour. Elle est aussi valable parce qu'une vision évolutive qui s'achève dans le Christ et se fonde en Lui est contagieuse: elle appelle une adhésion; enfin, elle l'est parce qu'elle est signe de perfection à cause de sa totalité: tout l'univers est orienté vers le Christ. C'est la vision d'un saint Paul.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

PENSEURS ET APÔTRES DU XXe SIECLE

P. TEILHARD DE CHARDIN . P. TILLICH . H. U. VON BALTHASAR . K. RAHNER . U. R. HEINEMANN . B. LONERGAN . G. MARTELET . J. MARITAIN . M.-D. CHENU . E. SCHILLEBEECKX . L. et S. OEL VASTO . É. GILSON . A. VON SPEYR . C. DUPUIS . E. MOUNIER . G. GUTIERREZ . M.-j. LAGRANGE . S. WEIL . J. VANIER . T. DE LISIEUX . G. MARCEL . T. BELASURIYA . M. ZUNDEL . B. HÂRING . j. GUITTON . É. BAHR-SICEL . H. KÛNC . JEAN XXIII . J. LOEW . D. DAY . Y. CONCAR . A. SCHWEITZER

Au COURS DU XXe SIÈCLE qui vient de s'achever, le christianisme aura été troitement associé aux profondes transformations qu'a connues l'Occident. Dans un monde ébloui par les progrès fantastiques de la science et des prouesses technologiques qui défient l'imagination, dans un monde profondément marqué aussi par l'horreur des deux Grandes Guerres qui ont bouleversé l'échiquier planétaire, de grands penseurs issus du christianisme ont abordé avec un regard neuf les grandes questions existentielles que se pose une humanité plus que jamais en quête de sens. Leur ouvre - souvent considérable - a valeur de témoignage en la fécondité de la pensée qui s'ouvre à la Bonne Nouvelle du salut réalisé en Jésus Christ.

Réalisé sous la direction de Jean Genest, cet ouvrage regroupe les contributions d'une trentaine d'universitaires canadiens et français qui nous font découvrir ces penseurs.