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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

Les Jésuites et le 400e anniversaire de Québec

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Une journée de pèlerinage

Le samedi 16 août, une des activités officielles des célébrations des fêtes du 400 e anniversaire de Québec avait lieu. C'était le pèlerinage jésuite qui reliait dans un trajet de 15 km des sites de la ville de Québec liés à l'histoire passée ou actuelle des jésuites.

De la « Vieille maison des jésuites » sur le Chemin du Foulon, les 185 pèlerins se sont dirigés d'abord vers le Centre de spiritualité Manrèse, dans l'arrondissement de Saint-Foy, pour aller ensuite à la Résidence Jacques-Couture, où vivent des étudiants jésuites en théologie, puis au Collège Saint-Charles-Garnier où ils ont pris la pause-repas. En après-midi, le trajet permettait de voir au travail des jeunes de la Maison Dauphine dans une création de murale au coin de René-Lévesque et Cartier. On passait ensuite devant l'Hôtel-de-ville de Québec, site du premier collège des jésuites en Amérique du nord, pour enfin terminer le trajet à la chapelle de la Maison Dauphine, coin Dauphine et d'Auteuil, pour une eucharistie d'action de grâce présidée par le supérieur provincial des jésuites, le P. Daniel LeBlond.

À chacune des étapes, deux textes - l'un à saveur historique, l'autre à saveur contemporaine - étaient proposés à la réflexion des marcheurs.

Les jésuites et leurs institutions associées remercient par particulier de leur participation les membres de l'Association québécoise des pèlerins et amis du Chemin de saint Jacques et les Chemins des sanctuaires .

On trouvera ci-après bon nombre de photos de cette activité-phare de même que les textes de réflexion utilisés au cours de la journée.

     
     
     
     
     
     
     
     

Nous remercions M. Jean-Claude Caron, du Collège Saint-Charles-Garnier, d'avoir bien voulu être le photographe officiel pour cette journée de pèlerinage.

 

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Pèlerinage

Les jésuites à Québec.
hier et aujourd'hui

Le samedi, 16 août 2008

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Ce pèlerinage est une activité accréditée du 400e anniversaire de Québec.
Il est organisé par la Compagnie de Jésus avec la collaboration des institutions jésuites ou proches des jésuites et de la spiritualité ignatienne.
Nous remercions aussi spécialement de leur participation
l' Association québécoise des pèlerins et amis du Chemin de saint Jacques et les Chemins des sanctuaires .


Mise en situation

La clôture de la participation des jésuites aux célébrations du 400e anniversaire de Québec se fait par la tenue d'un pèlerinage qui parcourra, un tracé unissant plusieurs lieux significatifs de la présence jésuite à Québec, aussi bien des endroits historiques que des institutions contemporaines. Chaque étape sera l'occasion de relire une page d'histoire et de prendre conscience d'une forme actuelle de présence de l'héritage jésuite.

 

Les 6 étapes

Le pèlerinage comprend 6 étapes. Selon ses disponibilités et ses capacités pour la marche, on peut s'y joindre à l'une ou l'autre des étapes :

  • La vieille maison des jésuites (2320, chemin du Foulon, arrondissement de Sainte-Foy-Sillery)
  • Le Centre de spiritualité Manrèse (2370, rue Nicolas-Pinel, arrondissement de Sainte-Foy-Sillery)
  • La résidence jésuite Jacques-Couture (824, avenue Monk)
  • Le Collège Saint-Charles-Garnier (1150, boul. René-Lévesque)
  • L'Hôtel de ville de Québec
  • La chapelle de la Maison Dauphine pour les jeunes (coin Dauphine et D'Auteuil, vieux Québec)

À chacune des étapes deux textes seront lus; le premier à caractère historique, le second plus contemporain. Des questions pour alimenter l'échange sont aussi proposées. À la dernière étape, à la chapelle des jésuites, une eucharistie d'action de grâce sera présidée par le père Provincial.

Bon pèlerinage!


ÉTAPE 1 : la Vieille maison des jésuites

1er texte : DU P. PAUL LEJEUNE

DES CHRÉTIENS DE SAINT-JOSEPH À SILLERY (1647)

« Une personne de mérite et de piété, ayant fait une aumône pour dresser en ces nouvelles contrées une petite chapelle, sous le nom de Saint-Michel, nous nous sommes efforcés de suppléer à ce qui manquait, pour en bâtir une petite église dédiée à Dieu, sous le titre de ce glorieux archange. La croisée fait deux chapelles, où la Sainte Vierge et son cher époux Saint Joseph sont honorés. Ce petit bâtiment, fait tout exprès pour les sauvages, n'a pas à la vérité la magnificence de ces grands miracles de l'Europe; mais il a quelques paroissiens, dont la candeur et la bonté est autant et plus agréable à Dieu que l'or et l'azur de ces grands édifices. Ces bons néophytes en sont ravis, notamment la famille dont le chef porte le nom de ce glorieux archange, selon les désirs de ceux qui l'ont particulièrement secouru.

Leur piété s'augmente tous les jours, la foi prend de fortes racines dans tous ces bons néophytes; et si leurs corps subsistaient plus longtemps, ils composeraient une Église plus riche des biens du paradis, que des grandeurs du monde. Mais vous diriez que le ciel est jaloux de leur demeure sur la terre, tant il les presse d'entrer dedans sa gloire.

Le Père qui a eu le soin de les instruire, leur ayant parlé le jour de la fête de sainte Catherine, de la foi et de la constance de cette amazone chrétienne, un Capitaine s'écria devant toute l'assemblée : «Voilà ce que c'est d'être chrétien; c'est faire état de la Foi et non pas de sa vie; faut-il qu'une fille nous couvre le visage de confusion?, on en voit trop parmi nous qui deviennent sourds et aveugles; ils ferment leurs oreilles aux instructions qu'on leur donne; ils mettent un voile devant leurs yeux de peur de voir ce que la prière et la Foi leur commandent; prenons courage, demeurons fermes et constants; que la faim, que la soif, que les maladies et que la mort même n'ébranlent point la résolution, que nous avons prises de croire en Dieu et de lui obéir jusqu'au dernier soupir de notre vie. Ces petites harangues inopinées dedans l'église même, ont bien souvent de plus grands effets que les plus longs discours. Le prédicateur en ces rencontres se tient bien honoré de devenir auditeur d'un sauvage. »

[Moment de silence et de réflexion]

 

DEUXIÈME TEXTE :

(34e Congrégation générale des jésuites; extrait du Décret 2)

Serviteurs de la mission du Christ

Les Jésuites en Amérique du Nord sont confrontés au défi des nouvelles formes de privation culturelle et économique. Ils travaillent en étroite collaboration avec beaucoup d'autres personnes à essayer d'influencer les structures complexes de la société où se prennent les décisions et où les valeurs se déterminent.

Nous sommes tous engagés dans la mission de la Compagnie en des manières adaptées aux différents contextes dans lesquels nous travaillons. Nous avons en effet une seule mission, partagée par les prêtres et les frères, et beaucoup de ministères que nous entreprenons comme un service du Christ et de son ouvre de réconciliation du monde avec Dieu.

L'Église, dont nous partageons la mission, existe non pour elle-même, mais pour l'humanité, proclamant l'amour de dieu et mettant en lumière le don intérieur de cet amour. Sa fin est la réalisation du Royaume de Dieu dans toute la société humaine, non seulement dans la vie à venir, mais aussi dans celle-ci. Nous exerçons notre mission jésuite au sein de l'ensemble de la mission évangélisatrice de l'Église, réalité unique mais complexe, qui se développe dans une grande variété de manières, à travers les dimensions essentielles du témoignage de vie, de la proclamation, de la conversion, de l'inculturation, de la naissance d'Églises locales, du dialogue et de la promotion de la justice voulue par Dieu. Dans ce cadre, en accord avec notre charisme et notre tradition et avec l'approbation et l'encouragement des Papes successifs, la mission jésuite contemporaine est le service de la foi et la promotion dans la société, de «cette justice de l'Évangile, laquelle est en quelque sorte le sacrement de l'amour et de la miséricorde de Dieu.»

Le service de la foi et la promotion de la justice ne peuvent être simplement pour nous un ministère parmi d'autres. Ce doit être l'élément intégrateur qui unifie tous nos ministères; et pas seulement nos ministères, mais aussi notre vie intérieure tant sur le plan personnel que sur le plan communautaire et notre union entre frères à la dimension du monde.

La justice ne peut authentiquement croître que lorsqu'elle comprend une transformation de la culture, puisque les racines de l'injustice plongent dans des attitudes culturelles aussi bien que dans des structures économiques. Le dialogue entre l'Évangile et la culture doit trouver sa place au cour même de la culture. Il doit se faire entre personnes qui se respectent mutuellement et qui ont ensemble une même visée : une liberté humaine et sociale partagée. De cette manière, aussi, l'Évangile en arrive à être perçu dans une lumière nouvelle; sa signification est enrichie, renouvelée voire transformée. Grâce au dialogue, l'Évangile lui-même, Parole toujours ancienne et toujours nouvelle, pénètre les esprits et les cours de la famille humaine. »

 

QUESTIONS POUR ALIMENTER LA RÉFLEXION ET LE PARTAGE DURANT LA MARCHE

 

  • Dans les deux textes, que vous venez d'entendre, qu'est-ce qui vous étonne et vous touche davantage ?
  • Comment imaginez-vous la mission des jésuites du XVIIe siècle. Peut-on parler d'immersion en milieu amérindien et adaptation de l'enseignement ?
  • Le service de la foi et la promotion de la justice, est-ce une piste en vue d'une nouvelle évangélisation de notre milieu ?
  • Vos commentaires sur les deux textes..


ÉTAPE 2 : Le Centre de spiritualité Manrèse

[ Vous pouvez en profiter pour vous arrêter à la chapelle, à l'étage.]

 

1er texte : Les deux esprits

Extraits de  Le récit du pèlerin. Autobiographie de saint Ignace de Loyola 

Alors qu'Inigo, en raison d'une blessure à la jambe, était forcé de rester au lit,] on lui apporta une Vita Christi et un livre sur la vie des saints. Il y faisait de fréquentes lectures et éprouvait un certain attrait pour ce qu'on y racontait. Quand il s'interrompait, il réfléchissait tantôt à ce qu'il avait lu, tantôt aux choses du monde qui, auparavant, retenaient habituellement sa pensée.

Ces pensées si diverses se succédèrent longtemps en lui.

Il y avait pourtant cette différence: à penser aux choses du monde il prenait grand plaisir, mais lorsque, par lassitude, il les laissait, il restait sec et mécontent; au contraire, à la pensée de se rendre nu-pieds à Jérusalem, de ne manger que des herbes et de se livrer à toutes les autres austérités qu'il voyait pratiquées par les saints, non seulement il trouvait de la consolation sur le moment, mais il restait content et joyeux après l'avoir abandonnée. Il n'y faisait pourtant pas attention et ne s'arrêtait pas à peser cette différence, jusqu'au jour où ses yeux s'ouvrirent quelque peu et où il commença à s'étonner de cette diversité et se mit à y réfléchir. Son expérience l'amena à voir que, certaines pensées le laissaient triste, d'autre joyeux, et peu à peu il en vint à se rendre compte de la diversité des esprits dont il était agité, l'esprit du démon et l'esprit de Dieu.

 

2e texte : Mystique de la vie quotidienne
Extraits de « Les Exercices et l'expérience chrétienne », Gilles Cusson, SJ, Cahiers de spiritualité ignatienne no 100, 2001

Une vie mystique, que je qualifierais d'authentique et de normale, peut se développer et croître, qui s'apparente, d'une part, à la vie spirituelle des grands mystiques classiques et qui peut, par ailleurs, s'en distinguer largement. Les expériences extraordinaires ne doivent pas nous tromper, nous laissant croire que la vie mystique se réduit à ces cas exceptionnels.

La « vie ordinaire », le «quotidien de l'existence chrétienne» est le lieu le plus normal pour rencontrer Dieu et faire l'expérience de son intime présence. Toute expérience authentique de foi, d'espérance et d'amour contient «une expérience anonyme de Dieu ». Dans tous ces cas, Dieu se communique en opérant dans nos facultés.

Je me suis d'abord demandé si ce n'était pas traiter à rabais l'expérience mystique, que de parler ainsi. Mais, ne serait-ce pas plutôt le contraire, c'est-à-dire prendre très au sérieux les potentialités immenses et simples - trop souvent ignorées ou refoulées - que recèle la présence agissante de Dieu dans l'être humain? Le Dieu de la Révélation n'est pas un Dieu abstrait et impersonnel. Ni un Dieu qui tient un discours théologique sur sa propre essence, sur sa nature, sur ce qu'il est en lui-même, comme pour nous épater! Non, il est un Dieu qui se révèle en se communiquant lui-même. Si tu savais le don de Dieu! Et sa communication, qui est essentiellement relation, révèle l'être humain à lui-même en tant qu'être-de-relation-à-Dieu. Par nature, avant que ce ne soit par grâce, l'être humain est un être-de-relation-à-Dieu, à ce Dieu auquel il est relié viscéralement comme à son principe et à sa fin.

«Que nous en soyons directement ou non conscients que nous y soyons ouverts ou pas, notre être est totalement tourné vers le saint et aimable Mystère qui est la base de toute notre existence.

 

QUESTIONS POUR ALIMENTER LA RÉFLEXION ET LE PARTAGE DURANT LA MARCHE

  • Dans les deux textes, que vous venez d'entendre, qu'est-ce qui vous étonne et vous touche davantage ?
  • Avez-vous déjà identifié ce qui vous laisse triste ou joyeux de manière durable? Prenez-vous le temps de « discerner » ce qui vous décourage et ce qui vous dynamise?
  • Dans la vie ordinaire de la semaine qui vient de s'écouler, pouvez-vous identifier des moments où vous auriez pu identifier la présence de Dieu?

 

Étape 3 : la Résidence Jacques-Couture

 

PREMIER TEXTE

Extraits d'une lettre de Jacques Couture, S.J.

Jésuite, travailleur social dans les milieux ouvriers de Saint-Henri, puis député et Ministre de l'Immigration du gouvernement du Québec sous René Levesque, puis missionnaire à Madagascar.

L'évangélisation a nécessairement une incidence politique. Vivant au milieu des pauvres, le religieux partage des conditions concrètes d'injustice et tout en intervenant quotidiennement pour soulager cette misère humaine par une action caritative toujours indispensable, sa solidarité l'entraîne à participer à des actions et luttes visant à s'attaquer aux causes de cette misère. Il peut souhaiter s'en tenir au rôle d'animateur, de promoteur, d'éducateur, mais il arrive des circonstances où il est vraiment coincé et son implication personnelle le pousse à répondre à des appels précis. Les pauvres sentent d'instinct que tel religieux est plus disponible et plus préparé à prendre des risques pour faire avancer la cause. Eux n'osent souvent pas, trop accablés qu'ils sont par les problèmes. Ainsi, un religieux qui a pris au sérieux de vivre avec les plus démunis, qui les accompagne dans leur combat, peut éventuellement être appelé à militer au sein d'organisations qui deviennent des instruments concrets de libération. Drame quand s'opposent deux fidélités, celle à l'Église (qui interdit) et celle au petit peuple pour qui on veut souffrir et mourir... En théorie, la réponse est claire! Mais au cour de l'action, c'est autre chose. (.)

Cela doit être perçu avant tout comme un service, une action « prophétique » parce qu'elle fait choc, interpelle, provoque les chrétiens à prendre au sérieux l'engagement politique à cause de ses conséquences si grandes. Mais le pouvoir politique étant ce qu'il est, avec toutes ses ambiguïtés, ses compromissions inévitables, il ne peut rester longtemps « transparent » et « pur ». Les plus belles révolutions s'essoufflent vite au pouvoir et certaines des plus prometteuses sombrent parfois dans de tristes dégradations. (.)Si un certain radicalisme évangélique a conduit quelqu'un à l'engagement politique, ce même radicalisme le ramènera assez vite au milieu du peuple pour d'autres combats et rester critique et libre face à de nouveaux pouvoirs qui risquent de s'embourgeoiser (la nature humaine étant ce qu'elle est ... ) et d'abandonner les objectifs du début.

Personnellement, je peux dire que je ne regrette pas ce passage de quatre ans au gouvernement. Expérience passionnante et riche d'enseignements. J'ai eu la chance de diriger un ministère à vocation sociale et internationale (Immigration -si important en Amérique -, accueil des réfugiés chiliens, cambodgiens, vietnamiens et interventions dans les situations de détresse de par le monde). Ce qui m'a amené à visiter des camps de réfugiés en Asie et en Afrique, à intervenir souvent pour libérer des prisonniers politiques et les accueillir, à sensibiliser les Québécois à la solidarité internationale, à organiser des secours. (.)

À aucun moment de cet exercice du pouvoir politique, je me suis senti moins prêtre ou moins religieux! J'avais le sentiment de rendre un service important et les expériences vécues avec le problème si dramatique des réfugiés, ces voyages, etc., m'ont été d'un grand enrichissement spirituel et c'est grâce à cela que j'ai développé ce désir de venir travailler dans le Tiers-Monde... Les voies du Seigneur sont impénétrables...

Il me semble qu'il y a eu témoignage en consacrant quelques années au service de la chose publique (.) et encore un meilleur témoignage en quittant, manifestant ce désir de rester libre et de continuer à vivre des solidarités à la base. J'ai appris aussi les limites de l'action politique et j'ai réalisé un peu mieux la grandeur de notre vocation de religieux, témoins de la vraie et totale libération...

 

Jacques Couture, S.J.

Février 1985

DEUXIÈME TEXTE

Extrait des Normes complémentaires aux Constitutions de la Compagnie de Jésus : La formation des jeunes jésuites.

« Il faut que tout le processus de la formation, à travers les différentes étapes allant du noviciat au Troisième An, favorise l'intégration dans le corps apostolique de la Compagnie, de telle manière qu'il prépare nos jeunes à remplir les missions et à exercer les ministères que la Compagnie voudra leur confier

Aussi le style et le cadre de vie, en ce qui concerne la vie personnelle et communautaire, doivent favoriser la formation apostolique, en sorte que les jeunes jésuites soient à même de connaître et de comprendre les aspirations, les souffrances et les besoins des femmes et des hommes parmi lesquels ils vivent; on encouragera d'une manière particulière la solidarité avec les pauvres, pour apprendre de ceux-là mêmes comment ils peuvent les aider.

Une expérience de vie au milieu des pauvres sera parfois nécessaire à nos jeunes pour les aider à dépasser les frontières peut-être inhérentes à leur propre origine sociale, et aussi pour affermir l'amour des pauvres. Cependant cette expérience se fera dans des conditions telles qu'elle soit vraie, sans illusion, et qu'elle conduise à une vraie conversion. Dans ce but, le contact avec les pauvres devrait être permanent et non pas seulement occasionnel; il doit être accompagné d'une réflexion attentive et intégré dans une formation à l'analyse socioculturelle.

Il est aussi d'une grande utilité que la formation soit vécue en étroite connexion avec les activités de la Province ou de la région. Le Supérieur Majeur prendra donc soin, par lui-même ou par d'autres, d'orienter les jeunes de façon progressive et par des expériences diverses, selon les dons propres à chacun et compte tenu des ouvres apostoliques, aussi bien de la Province ou de la région que de la Compagnie tout entière.

La formation apostolique de tous les jésuites doit être acquise de façon continue et progressive, sous la conduite d'un coordinateur compétent, susceptible de les diriger dans leurs activités apostoliques, de les amener à en faire un examen critique et de les aider à les perfectionner. Cette formation apostolique doit être intégrée dans le cours lui-même des études

Les activités apostoliques qui doivent être assumées en vertu d'une mission reçue du Supérieur, seront organisées de telle sorte qu'elles conduisent à approfondir la réflexion aussi bien spirituelle qu'intellectuelle.

Les futurs prêtres seront formés aux divers ministères sacerdotaux; quant aux frères, on les préparera à exercer les travaux propres à leur vocation, afin qu'ils participent pleinement, et d'une manière qui leur est particulière, à la mission apostolique de la Compagnie.

Tous s'habitueront à donner à d'autres les Exercices Spirituels sous la conduite de quelqu'un de plus expérimenté. »

(Normes Complémentaires, nos 106 à 108)

 

QUESTIONS POUR ALIMENTER LA RÉFLEXION ET LE PARTAGE DURANT LA MARCHE :

  • Y-a-t'il des liens entre la lettre de Jacques Couture et le texte des Normes complémentaires sur la formation des Jésuites ?
  • Dans les deux textes qu'est-ce qui vous rejoint davantage ?
  • Quelle est votre perception de la Compagnie de Jésus après avoir entendu ces deux textes ?

En quoi cela peut-il vous aider dans votre cheminement spirituel ?

 

Étape 4: Collège Saint-Charles-Garnier

 

1er texte :

Une présence qui a marqué l'histoire du Québec et de Québec.

Dès leur arrivée en Nouvelle-France, les Jésuites songèrent à la fondation d'un collège. La prise de Québec par les Kirke retarda la réalisation de ce projet. Les Jésuites ouvrirent une petite école en l634 (au temps de Champlain) et lui ajoutèrent une classe de latin l'année suivante : le Collège des Jésuites de Québec était fondé. Nous sommes présentement sur le site du premier Collège classique de l'Amérique du Nord. Ce Collège, comme il est si bien mentionné sur la plaque commémorative rappelant sa présence a constitué le foyer culturel de l'Amérique française pendant plus d'un siècle et demi. Cette institution sera connu officiellement sous le nom de du Collège des Jésuites de Québec.

L'inauguration du nouveau « Collège des Jésuites » eut lieu le 25 septembre l935 et Saint Charles Garnier fut choisi pour en être le patron. L'inscription au fronton du collège - LE COLLÈGE DES JÉSUITES SAINT CHARLES GARNIER - manifeste l'intention des nouveaux fondateurs. Ils voulurent, en reprenant la charte de l'ancien collège, lui conserver aussi son nom historique et par là, honorer nos saints Martyrs Canadiens et tous les Jésuites, pionniers de la Nouvelle-France , qui un jour ou l'autre, avaient séjourné à l'ancien Collège.

 

2e texte : Extrait de la mission du Collège Saint-Charles-Garnier

Le projet éducatif du Collège
La formation globale dans la lignée des pères jésuites

Le Collège Saint-Charles-Garnier est un établissement agréé aux fins de subventions et il donne la formation générale au secondaire à des jeunes garçons et filles de la région de Québec, ainsi qu'à des élèves étrangers.

Poursuivant l'ouvre fondée par les Jésuites en 1635, le Collège Saint-Charles-Garnier poursuit et prolonge à Québec la pédagogie jésuite d'inspiration humaniste. Le Collège Saint-Charles-Garnier dispense, à travers des activités pédagogiques et péripédagogiques, une formation globale, intégrale et équilibrée de la personne. Cette formation est axée sur le développement d'habiletés intellectuelles, du savoir et du jugement, sur la formation au discernement éthique et une ouverture à la foi, sur le sens du dépassement et la recherche de l'excellence, ainsi que sur l'ouverture sur le monde, afin de former des personnes instruites, équilibrées, ouvertes, tolérantes et capables d'assumer un rôle de chefs de file au service des autres et du développement de la société.

Conformément à sa devise « Scutum veritas » (Mon bouclier, c'est la vérité) et à son intention de former des hommes et des femmes pour les autres, le Collège Saint-Charles-Garnier se donne pour mission de cultiver la passion de la vérité et de la connaissance ainsi que le sens de la solidarité et de l'engagement, en accompagnant ses élèves dans leurs démarches de recherche de sens à donner à leur vie.


QUESTIONS POUR ALIMENTER LA RÉFLEXION ET LE PARTAGE DURANT LA MARCHE

  • Dans les deux textes, que vous venez d'entendre, qu'est-ce qui vous étonne et vous touche davantage ?
  • Qu'est-ce qui a été le plus important dans votre éducation? Qu'est-ce qui vous est resté de « vos années d'école ou de collège »?
  • Comment l'idéal de l'éducation jésuite, celui de préparer des personnes « pour les autres », est-il possible dans l'environnement social et culturel actuel?
  • Comment pourriez-vous faire profiter d'autres personnes de ce que vous avez reçu de meilleur?

 

5 étape : Passage devant l'hôtel-de-ville de Québec

[Il n'y aura pas de textes lus publiquement ici. On se rappellera que c'est sur le site de l'actuel hôtel-de-ville qu'avait été construit le premier collège des jésuites en Amérique du Nord. La borne audiovisuelle qu'on trouve devant l'hôtel-de-ville fait entendre aux visiteurs le texte suivant :]

Nous sommes devant l'hôtel de ville de Québec. À l'époque de la Nouvelle-France, ce site accueillait le collège des Jésuites, à la fois le plus important et le plus ancien établissement d'enseignement d'Amérique du Nord. Plusieurs traces rappellent ce passé : les trois pierres du portail de l'ancien collège exposées à titre de mémorial et à gauche, les marques au sol dans le pavé du trottoir signalant l'emplacement de l'ancienne chapelle des Jésuites démolie en 1878.

L'ouvre d'enseignement des pères jésuites se poursuit aujourd'hui au Collège Saint-Charles-Garnier, situé sur le boulevard René-Levesque Ouest. Inauguré en 1896, l'hôtel de ville actuel, ouvre de l'architecte Georges-Émile Tanguay, s'inspire de l'architecture néo-romane en vogue aux États-Unis. À droite, les grandes fenêtres correspondent à la salle du conseil municipal. Incorporée en 1833, la Ville à élargi son territoire et compte, depuis 2002, 8 arrondissements et plus de 500 000 habitants.


6e et dernière étape : La Maison Dauphine pour les jeunes et la chapelle des jésuites, rue Dauphine

On se rend ensuite à la Maison Dauphine, à l'angle de la rue du même nom et de la rue d'Auteuil. C'est le siège d'une ouvre sociale des jésuites à Québec, la Maison Dauphine pour les jeunes , fondée par le P. Michel Boisvert, S.J.

Avant de servir à l'ouvre actuelle au service des jeunes de la rue, les jésuites ont offert des services de pastorale et d'accompagnement sur ce site. La maison et sa chapelle ont servi longtemps de lieu de rassemblement principal des Congrégations de la Sainte Vierge , une association laïque qui s'est transformée ensuite en CVX ou Communauté de vie chrétienne , mouvement pour les personnes laïques qui veulent vivre de la spiritualité ignatienne.


CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE

Pour terminer l'expérience du pèlerinage, tous et toutes sont invités à l'eucharistie de clôture des célébrations jésuites liées au 400 e anniversaire de la ville de Québec.

La célébration sera présidée par le supérieur provincial des jésuites de la Province du Canada français et d'Haïti, le père Daniel LeBlond, S.J.

Un feuillet de participation sera distribué à l'entrée de la chapelle.


Le pèlerinage jésuite du 400 e anniversaire de la ville de Québec était organisé par Le Comité « Jésuites - 400 e  » qui remercie tous ceux et celles qui ont rendu possible cette activité.

Membres du comité :

Hélène Laflamme-Petit (Centre Manrèse)
Roch Lapalme, SJ (Centre Manrèse)
Fernand Côté (Maison Dauphine)
Abdellah Jaafria (Maison Dauphine)
Mario Gagnon (Collège Saint-Charles Garnier)
Reinelde Landry (Collège Saint-Charles Garnier)
Marie-France Tremblay (Collège Saint-Charles Garnier)
Jean-Claude Caron (Collège Saint-Charles Garnier)
Bernard Bélair, SJ (Supérieur de la communauté Jacques-Couture)
Monique Bergeron (Coordonnatrice locale)
Pierre Bélanger, SJ - Coordonnateur provincial - Service des communications

Des remerciements sincères en particulier à mesdames  Erika Boisvert et Alexandra Moisan et à messieurs Serge  Allen et Jacques Dupuis, de la Ville de Québec ou de la Société du 400 e .

Voir aussi :

Les jésuites et le 400e anniversaire de Québec
Borne historique
Exposition
Pèlerinage