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Les jésuites au Canada anglais

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LES JÉSUITES DEMANDENT À L'ÉTAT HAÏTIEN D'AGIR POUR AMÉLIORER LE SORT DES DÉPLACÉS ET DES MIGRANTS

28 mars 2011 

Le réseau du Service Jésuite aux Réfugiés (SJR) et du Service Jésuite aux Migrants (SJM) de la région des Caraïbes et du Canada s'est réuni du 25 au 27 mars 2011 à Port-au-Prince pour dresser un bilan de la situation des déplacés et des migrants haïtiens.

Nous tenons à:

1)  exprimer notre profonde préoccupation

  • pour la situation de faim, de promiscuité et pour les conditions d'hygiène extrêmement précaires dans lesquelles vivent des centaines de milliers de personnes sinistrées et forcées de quitter leurs résidences depuis plus d'un an, suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010;
  • pour la situation actuelle d'incertitude dans le contexte de transition politique;
  • pour la détérioration accélérée de la situation du pays qui oblige un nombre alarmant d'Haïtiennes et d'Haïtiens à émigrer.

2) Face à cette situation, nous demandons à l'État haïtien, autant au gouvernement sortant qu'à celui qui entrera en fonction :

a) concernant les personnes déplacées

  • de développer de façon urgente un plan pour nourrir et pour relocaliser les centaines de milliers de personnes toujours déplacées;
  • d'offrir à ces personnes les services élémentaires de santé, d'hygiène et d'eau potable pour rendre plus dignes leurs espaces transitoires de vie;
  • d'éviter les expulsions des familles déplacées vivant actuellement dans les camps aussi longtemps que l'État ne puisse garantir leur relocalisation.
  • d'accélérer le processus de reconstruction, de manière concertée avec les sinistrés, en vue de leur offrir un lieu de vie digne et sécuritaire.

b) concernant la situation politique actuelle

  • d'interpeller tous les secteurs de la société pour qu'ils laissent de côté leurs propres intérêts et qu'ils priorisent le bien commun, permettant ainsi une stabilité politique, la reconstruction du pays et le développement d'une culture de paix et de tolérance;
  • de garantir une transition ordonnée d'une administration à l'autre;
  • de privilégier la négociation et le dialogue entre opposants politiques pour résoudre les conflits et les problèmes qui se présenteront.

c) concernant les migrants:

  • de prioriser, dans son programme, l'élaboration et l'application d'une politique migratoire intégrale permettant l'accès à des documents d'identité pour les Haïtiens vivant au pays et à l'étranger, ainsi que la promotion d'un accompagnement et d'une protection consulaire dans les pays d'accueil, principalement là où se trouve un nombre significatif d'Haïtiens;
  • de mettre en place des politiques concrètes de prévention, de poursuite et de sanction contre les réseaux transnationaux de crime organisé qui abusent des migrants, surtout pour les situations de traite et de trafic des personnes;
  • d'organiser des campagnes d'information auprès des populations migrantes pour leur faire connaître les risques potentiels qu'ils encourent, leurs droits et responsabilités ainsi que les instances ou organisations de la société civile qui peuvent les appuyer et les orienter;
  • d'entreprendre des démarches auprès des instances régionales de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et de l'Union des Nations Sud-américaines (UNASUR) afin que les pays membres soient plus solidaires et traitent avec plus d'humanité les migrants haïtiens.

3) Enfin, nous voulons reconnaître la valeur, la dignité et la capacité de résistance du peuple haïtien face à l'adversité. Dans l'esprit du Carême, temps fort pour les chrétiennes et chrétiens, nous invitons tous les peuples des Caraïbes à un processus de réflexion, de conversion et de réconciliation afin que nous nous sentions tous responsables de construire un avenir meilleur pour notre région.

Délégations du Canada, de la Colombie, d'Haïti, de la République dominicaine, de Trinidad et Tobago, de la Jamaïque, du Venezuela, ainsi que du Réseau SJR et SJM des Caraïbes et du Canada