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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

Expériment long des novices

Quatre novices de deuxième année (CDA) ont terminé leur expériment long à la fin du printemps dernier. L'un d'entre eux, Adam, a partagé son expérience par le biais d'infolettres. Daniel et Eric, pour leur part, alimentaient régulièrement un blogue. Quant à Edward, il a partagé quelques nouvelles par l'entremise de courriels à son réseau. Vous trouverez, ci-après, des extraits de ces différentes communications.

 

Adam Hincks (Nairobi, Kenya) :

Les jeunes fréquentant des écoles jésuites en Afrique ont été invités à rédiger des scénarios de courts-métrages sur le thème de la prévention du VIH-SIDA. Comme les ¾ des projets soumis provenait de pays francophones, on a demandé à Adam d'en faire la traduction anglaise. « C'est une expérience intéressante et enrichissante pour connaître les jeunes », écrit-il. Adam travaille avec le African Jesuit AIDS Network (AJAN) Il collabore aux programmes de prévention du VIH-SIDA dans les quartiers pauvres, ainsi qu'à la rédaction des publications du AJAN.

Il visite également différentes communautés de Nairobi, ce qui est une bonne façon de découvrir les jésuites de la région. Il raconte qu'il a été particulièrement marqué par sa visite de Kibera, l'un des pires bidonvilles au monde, situé dans les environs de Nairobi. Plusieurs centaines de milliers de personnes s'y entassent. Il écrit : « Kibera n'est pas un endroit plaisant. Son existence est un antidote à toute “vision romantique” de la pauvreté – surtout lorsque celle-ci est indigence. C'est un euphémisme que de parler des énormes défis sociaux que cette pauvreté représente. » Enfin, Adam mentionne entre autres qu'il a visité la région du Lac Magadi où des scènes du film « La constance du jardinier» ont été tournées.

Daniel Leckman (Manitoulin Island, Ontario) :

Dans cette communauté autochtone, la mort est très souvent présente. Daniel raconte que « parmi les nombreuses expériences extraordinaires et inspirantes qu'il a rencontré sur l'île, la plus commune est celle des funérailles. » Les décès y sont en effet nombreux. Pourquoi? « Je pense que la difficulté d'accès à des services médicaux adéquats est une des principales causes – poursuit Daniel. Les personnes ici ne peuvent souvent pas s'offrir les traitements requis, ou ils ne sont pas traités à temps. Cependant, au lieu d'être une expérience affligeante, cette proximité régulière avec la mort me fait réaliser combien la vie, ici, s'enracine dans la foi. Les funérailles se terminent souvent par une grande fête. Un jour, un tipi a été érigé à côté de l'église pendant trois jours. Il y avait des gens qui allaient et venaient durant tout ce temps. »

Pour Daniel, l'expériement à Manitoulin est une occasion d'œuvrer, entres autres, à l'éducation de la foi et à l'accompagnement des jeunes. Il découvre que « ce qui est essentiel, c'est d'exercer un ministère de la présence » auprès de toute personne dans la paroisse, particulièrement auprès des malades à l'infirmerie. Ainsi, il affirme : « Ce qui est particulièrement excitant, c'est que ma conception de la vocation de frère a grandi ici. » (Pour en savoir plus, voir le blogue de Daniel : http://broda2.blogspot.com/)

Eric Hanna (Kingston, Jamaïque) :

C'est autant par la prose que par le poème qu'Eric relate son expérience. Il a d'ailleurs reçu le certificat du « Meilleur nouveau membre » du club de poésie du Collège Campion – là où il enseigne et accompagne des retraites.

Faisant un rapprochement entre musique reggae et justice sociale, Eric écrit : «  La plupart des enfants, en Jamaïque, écoute de la musique pop et du hip- hop, ignorant totalement que la rencontre du rhythm & blues américain, dans les années 20, avec la musique africaine et celle des Caraïbes, a créé en Jamaïque le reggae et le ska – à partir desquels viendront le rap, le hip- hop, la pop , et même une part de la musique rock . La tragédie, c'est que cette musique qui a été la voix du peuple pour promouvoir la dignité des pauvres , l'égalité , la liberté de l'oppression et du racisme , etc. est maintenant, dans son expression la plus généralisée, essentiellement un produit marketing. »

En référence au poème de Tom Waits intitulé Seeds on Hard Ground , Eric développe aussi une belle réflexion : «  Les pauvres sont la Parole de Dieu , semés sur la terre dans l' espoir qu'ils porteront leurs fruits dans la charité des autres . Mais nous , individus et sociétés , sommes un sol dur . Nous n'écoutons pas la Parole de Dieu qui s'exprime si clairement dans les yeux de ceux et celles qui ont désespérément besoin de notre amour, de notre attention et de notre respect. » (Pour en savoir plus, voir le blogue de Eric: http://ericsprosepoems.blogspot.com/)

 

Edward Penton (Ville de Mexico, Mexique) :

Le Centre Miguel Pro pour les droits humains est une œuvre jésuite très respectée pour la qualité et le professionnalisme de son travail. Il a pour objectif de promouvoir et de défendre les droits humains et la démocratie dans la société mexicaine – avec un parti pris pour les plus vulnérables et les pauvres. Edward y travaille depuis environ trois mois. Il écrit : « En arrivant au Centre Pro , j'ai été très édifié de voir qu'ils s ont abonnés à la revue Relations ! Il y a une vingtaine de personnes engagées ici , en plus de deux bénévoles . Mon travail consiste, entre autres, à compiler des données sur l' utilisation d' un mécanisme juridique abusif par lequel un suspect peut être détenu pendant 80 jours , période pendant laquelle la police peut ouvrir une enquête pour déterminer s'il y a lieu de porter des accusations contre lui. » Edward, qui a une formation en droit, se dit « de plus en plus impressionné par le travail du Centro Pro  » Il collabore présentement à la rédaction d'un rapport sur le système de justice pénale mexicain. Ce travail lui a permis de rencontrer des victimes et de « mettre des visages humains sur des histoires d'emprisonnements injustifiés ».

Au-delà de ce travail dans le champ des droits humains, Edward a aussi eu la chance de vivre les jours saints dans une petite communauté autochtone de l'État de Veracruz : une expérience fascinante.

Enfin, il nous rappelle combien la violence est omniprésente dans ce beau pays qui compte en moyenne « 1000 assassinats par mois, liés à la guerre des cartels de la drogue ». Et cette violence ne se limite pas seulement aux forces de l'ordre et aux trafiquants. Elle atteint aussi des civiles et des défenseurs des droits humains.