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Les jésuites au Canada anglais

BIBLIOTHÈQUE DE THÉOLOGIE

C'était jour de fête pour les jésuites, à Québec,
le samedi 30 mai!


Vous pouvez sentir quelque peu l'atmosphère de prière et de joie qui régnait à l'église des Saints-Martyrs-Canadiens, à Québec, à l'occasion des ordinations jésuite de cette année.

M. le cardinal Marc Ouellet a ordonné :

  • André Brouillette, SJ, comme prêtre
  • Achange Siméus, SJ et Lissaint Antoine, SJ, comme diacres

Voici notre photo-reportage. Suit l'homélie du Cardinal Marc Ouellet à cette occasion.

Un grand merci à M. Jean-Claude Caron, photographe officiel à cette occasion, comme à notre confrère Marc Rizzetto, SJ, qui a aussi fourni une partie des photos.

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

 

Homélie de Monsieur le Cardinal Marc Ouellet :

ORDINATIONS JÉSUITES 2009

« Viens, Esprit Saint ! Pénètre le coeur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour ! »

Chers amis,

En mars dernier à Rome, j'ai refait un pèlerinage au Gesù, au tombeau de Saint Ignace pour demander quelques grâces particulières. Saint Ignace avait lui-même l'habitude de marcher pour obtenir des grâces. À son école, les Jésuites apprennent très tôt le message de Saint Paul aux Romains : « l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut » ; « L'Esprit Saint lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables ». Quand je pense au fondateur de la Compagnie de Jésus, l'image qui me vient spontanément à l'esprit est celle d'un pèlerin, un pèlerin de l'Esprit, ou mieux encore un mendiant de l'Esprit. De Manrèse à Paris, de Venise à Jérusalem et à Rome, Saint Ignace s'est déplacé comme un pèlerin-mendiant, qui ne cherchait au fond qu'une seule chose : discerner les orientations de l'Esprit et obéir à ses motions au quotidien, pour oeuvrer à la plus grande gloire de Dieu, Ad majorem Dei gloriam.

Au moment d'ordonner un prêtre et deux diacres jésuites, j'implore avec Ignace et tous les saints, l'Esprit Saint sur nous tous et sur les ordinands en particulier, afin qu'Il vienne en aide à notre faiblesse et nous fasse vouloir et accomplir tout ce que Dieu veut. Les Jésuites sont longuement formés au discernement des esprits dans le cadre des Exercices spirituels qu'ils pratiquent soit pour eux-mêmes, soit pour guider les fidèles à une parfaite ouverture à la volonté de Dieu. Mais leur formation vise surtout à ce qu'ils se laissent façonner par l'Esprit au quotidien, grâce à la pratique fidèle des voeux religieux de chasteté, pauvreté et obéissance. Contemplatifs dans l'action, l'amour qui les unit au Maître les rend prêts à participer même à ses souffrances afin de communier aussi à la puissance de sa résurrection.

Mais aujourd'hui, dans le cadre de cette ordination diaconale et presbytérale, quelque chose d'un tout autre ordre se produit pour les candidats à l'ordination. Nous serons témoins dans quelques instants non plus du lent travail de l'Esprit qui sculpte l'âme de son élu par la prière, l'amour et l'obéissance apostolique. Nous serons témoins d'une irruption soudaine, d'une descente verticale de l'Esprit, sans doute pas aussi radicale que la description du prophète Ezéquiel des ossements desséchés qui reprennent vie, mais tout de même comme un fort vent de Pentecôte que Jean rapporte en termes discrets dans son évangile en disant: « Jésus répandit sur eux son souffle et Il leur dit : Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez les péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ».

L'effusion de l'Esprit Saint dans le cadre de l'ordination diaconale ou presbytérale habilite le ministre à exercer un ministère spécifique avec une autorité nouvelle qui se fonde sur le don reçu gratuitement et non pas d'abord sur des vertus patiemment développées ou des compétences laborieusement acquises. Ce don objectif de l'Esprit est déposé gratuitement dans le sujet pour en faire le médiateur d'une rencontre immédiate des fidèles avec le Christ. Cette médiation est efficace parce que le Christ se lie par sa Parole à son ministre qui annonce l'Évangile, qui pardonne ou qui prononce les paroles sacramentelles de l'Eucharistie. Le Christ se lie aussi à la personne du diacre qui incarne d'une façon officielle et publique sa figure de Serviteur. Cette figure sacramentelle du Christ Serviteur appartient au premier degré du ministère ordonné, comme un signe permanent. Car ce signe perdure et rappelle toujours à celui qui accède au presbytérat ou à l'épiscopat l'esprit de service qui anime tous les degrés du sacerdoce ministériel.

Chers amis André, Lissaint et Achange, vous allez recevoir ce don gratuit de l'Esprit pour le service des fidèles. Tout votre cheminement antérieur sera marqué et

fécondé par le don et le ministère qui vous sont impartis aujourd'hui. Dieu vous choisit et vous envoie pour être des témoins et des agents de l'avènement de Son Royaume. N'oubliez pas que la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Les pauvres en particulier sont un lieu privilégié d'éclosion du Royaume de Dieu, tant par leur souffrance unie à celle du Christ que par leur solidarité pour faire advenir un monde plus digne de l'humanité.

À la Basilique de Sainte Marie Majeure à Rome, on trouve dans la chapelle du Saint Sacrement un écriteau rappelant la première messe de Saint Ignace de Loyola le 25 décembre 1538, si ma mémoire est fidèle. Comme c'était alors la coutume, Saint Ignace s'était préparé pendant des mois après son ordination avant de célébrer cette première eucharistie. Je trouve ce souvenir émouvant. Il porte la marque de son époque, certainement, mais il témoigne néanmoins d'un sens très profond du mystère eucharistique. Le don des larmes accompagnait très souvent chez lui la célébration de la Sainte messe, qui occupait sans aucun doute le centre de sa vie sacerdotale. Qu'il nous aide par son intercession à puiser à la source du Coeur eucharistique de Jésus, l'Esprit de sainteté dont nous avons besoin quotidiennement pour notre vie et notre ministère.

À la veille de l'année sacerdotale qui prendra la relève de l'année paulinienne, demandons à l'Esprit Saint de sanctifier tous les prêtres, afin que notre ministère de la Parole de Dieu et des sacrements, et notre sainteté de vie, servent encore davantage à l'avènement du Royaume de Dieu dans le monde. Amen !

Marc Cardinal Ouellet
Église des Saints-Martyrs-Canadiens
En ce jour de la Pentecôte, 30 mai 2009

 

 

Évènement :
La « messe d'action de grâce »
présidée par André Brouillette, SJ
à l'église Saint-François Xavier de Rivière-du-Loup

Le lendemain de son ordination sacerdotale par le Cardinal Marc Ouellet, à Québec,
le dimanche 31 mai 2009,
André Brouillette a célébré ce qu'on appelle traditionnellement sa
« première messe » dans sa paroisse natale.

Ses parents, Alberte et Marcel Brouillette, remercie tous ceux et celles qui se sont unis à la famille en cette ocasion de fête.

Voici un reportage photographique de cet évènement.
On trouvera, sur cette même page web, après les photos, l'homélie que le père André a prononcée à cette occasion, fête de la Pentecôte.

Le photographe était Guy Dionne, de Rivière-de-Loup
().

 

 

 

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

Homélie

31 mai 2009 - Saint-François-Xavier - Ac 2, 1-11; Ps 103; Ga 5, 16-25; Jn 15, 26-27; 16, 12-15

Frères et Sours,

La foi, notre foi, est une quête, un projet ouvert.

L'un de mes premiers questionnements théologiques remonte à mon enfance, ici à Rivière-du-Loup. On nous avait demandé, à l'école primaire, quand était née l'Église. J'avais répondu : à la Résurrection de Jésus Christ, mais on m'avait corrigé : c'était à la Pentecôte. J'oserai me défendre, quelques décennies après les faits, pour dire que bien que la réponse qui m'ait été donnée ne soit pas fausse, la mienne ne l'était pas non plus et révélait ce qui est au cour de notre foi : le triomphe, en Jésus Christ, de la vie sur la mort. Mais cet épisode nous révèle aussi que comme croyants, nous sommes fondamentalement des chercheurs; nous sommes des êtres en marche, vers Dieu et vers la Vérité.

Bien que ce soit la Vérité que nous cherchions, et possédions, ce n'est pas comme une chose que nous l'appréhendons, mais bien comme Esprit . C'est l'Esprit qui est Vérité, c'est l'Esprit qui nous enseigne la Vérité, et c'est cet Esprit, Dieu présent parmi nous, qui est répandu généreusement à la Pentecôte.

Cet Esprit nous invite à relire notre expérience croyante comme mouvement vers Dieu .

Le moment central de notre itinéraire est la figure du Christ , qui enracine la vie même de Dieu dans l'aventure humaine et nous révèle cette vie divine. Le Christ est l'image de Dieu, son icône, son visage, un visage offert à la contemplation et à l'imitation. Dieu, en Jésus Christ, est pèlerin sur nos routes humaines, un parmi nous. C'est le mystère de l'Incarnation, d'un Dieu qui veut se faire proche de nous et se montrer à nous tant et si bien qu'il prend chair, qu'il prend corps, formes, relations humaines. Il devient l'un de nous, mais nous montre aussi la voie vers le Père, vers un Dieu qui est tout don. Dieu, en Jésus Christ, nous montre un amour qui ne connaît pas de limite, qui ne craint ni la dérision ni la mort. Il se révèle, en cet amour, splendeur du Père et son Fils par excellence.

Le Christ, comme visage de Dieu, est un objet qui nous fait face. Comme on dit en allemand, c'est un «  Gegenstand  », quelque chose qui se tient debout, en face de moi. C'est donc un objet circonscrit, auquel on puisse se mesurer, voire s'abandonner, se laisser cueillir ou se recueillir. Nous sommes conviés à en être le miroir.

La fête de l' Ascension , que nous avons célébrée la semaine dernière, marque le début d'une ère nouvelle pour les disciples et l'Église : le visage de Dieu n'est plus visiblement visible. Il est absent, retourné auprès du Père. Mais l'Ascension ne commémore pas une autre forme de mort de Dieu, malgré le deuil de la présence physique, un deuil déjà annoncé à Marie de Magdala dans l'Évangile de saint Jean, lorsque le Christ ressuscité au matin de Pâques lui dit : « Ne me touche pas ». Déjà le Christ ressuscité était présent d'une autre manière à ses disciples. Mais à l'Ascension, il quitte pour de bon ce mode de présence physique. tout en ne nous laissant pas orphelins.

C'est de cette absence que naît une autre forme de présence ; c'est ce que le Christ promet dans l'Évangile : la venue d'un Défenseur, qui nous sera envoyé d'auprès du Père : l'Esprit Saint. L'Esprit n'est pas créé à ce moment, au contraire, il était bien présent aux moments cruciaux de la vie de Jésus, entre autres au baptême, qui marquait le début de la mission du Christ et témoignait de son identité divine. En Jésus Christ, l'Esprit, qui était avant tous les temps, gagne un visage; il est marqué de la chair du Christ.

Mais l'Esprit nous présente un autre visage de Dieu, celui du Dieu se faufilant partout, donnant vie et mouvement à tout être, présent en tous lieux et en tous temps. L'Esprit nous montre l'invisible présence constante de Dieu, souvent insaisissable, toujours nouvelle. Comme le dit le psaume d'aujourd'hui : « Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre. » L'Esprit est le visage de l'éternelle jeunesse de Dieu, renouvelant sans cesse le visage de toute la création.

Mais l'Esprit étant Esprit, il est difficile de saisir son image. Dans l'art chrétien, on le dépeint comme une colombe, comme des langues de feu, voire comme une figure féminine, lui qui est souffle ( pneuma ) et vie. Insaisissable, il n'en est pas moins actif, d'où l'intérêt de saisir l'Esprit en suivant la trace de son mouvement.

L' Évangile de cette fête de la Pentecôte esquisse pour nous ce mouvement de l'Esprit, mouvement dont l'origine et le terme sont Dieu. «  Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrais d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.  » L'Esprit témoigne donc du Christ; il est Esprit du Père et du Fils.

Selon l'Évangile, le témoignage de l'Esprit se décline en quatre moments.

Premièrement, il est orienté vers la vérité . Il ne saurait tolérer le mensonge, l'approximation, la paresse intellectuelle.

Deuxièmement, l'Esprit témoigne d'un autre , et non pas de lui-même. Cet autre, c'est le Christ.

Troisièmement, l'Esprit fait connaître celui dont il témoigne. Son témoignage est public, il est proclamation. Une lampe n'est pas faite pour être mise sous le boisseau, mais bien pour être mise sur la colline et éclairer de loin.

L'ultime moment de ce parcours est celui de la glorification . La « gloire » de Dieu est ce qui lui est le plus intime, le plus propre, ce qui démontre de la manière la plus éclatante sa nature; c'est sa splendeur, la beauté de Dieu. Être glorifié, pour l'Esprit, c'est partager la vie divine dans son intimité.

«  Vous aussi, vous rendrez témoignage.  » Nous aussi, à l'instar de l'Esprit, sommes invités à nous orienter vers la Vérité, à témoigner dans notre vie du Christ, à le faire connaître et à partager la vie même de Dieu.

Le verbe témoigner , en grec, est «  martyro  », ce qui a donné naissance au mot martyr, en français. Les apôtres inlassables qui peuplent les vitraux de la nef de cette église, presque tous martyrs, ont témoigné du Christ, à l'inspiration de l'Esprit.

Ce témoignage d'un autre est un élément essentiel dans notre vie chrétienne, puisque nous reconnaissons et voulons témoigner de cette présence, la présence de Dieu dans notre vie et dans celle d'autrui. Le couple chrétien, la famille chrétienne reconnaissent la présence d'un Autre en leur sein. Le diacre ou le prêtre se sait ministre, serviteur, héraut d'une Parole qu'Il reçoit. Le confesseur témoigne d'une miséricorde qui n'est pas sienne, mais bien divine. En ce sens, au cour même du témoignage, une certaine dépossession, une certaine humilité, un certain abandon se fait jour; même l'Esprit témoigne d'un autre .

Tout comme l'Esprit fait connaître et proclame, nous aussi devons le faire. La figure missionnaire du saint patron de cette paroisse, François Xavier, témoigne à merveille de ce zèle apostolique, de ce désir de faire connaître au monde cet autre qui nous a touché et qui est notre vie, parfois au risque de sa vie. Comme le dit la première épître de Jean, il est préférable que notre amour se démontre et se fasse connaître en paroles et en gestes.

Finalement, l'intimité de Dieu, atteinte par la glorification, n'est pas réservée au seul Esprit. Si Dieu est venu en Jésus Christ à notre rencontre, c'est pour que nous allions vers Lui et demeurions en Lui. Les martyrs et les saints témoignent de cette participation, dès maintenant, à la vie divine, mais ce sont tous les êtres humains qui y sont conviés; Dieu veut que nous le connaissions intimement et partagions sa vie.

Une autre manière d'approcher l'Esprit Saint est de voir son « entrée en scène » officielle et ses fruits. La scène du début des Actes des Apôtres, qui est notre première lecture, a des accents de théophanie, d'une manifestation éclatante de Dieu, avec ses grondements et ses signes merveilleux. L'auteur veut souligner la nature proprement divine de l'Esprit. La puissance de l'Esprit est révélée par les prodiges accomplis sous les yeux de la foule : créer de l'unité au sein d'une grande diversité; c'est l'anti-Babel, mais dans un mouvement qui respecte la diversité. Les premiers chrétiens sont invités à devenir polyglottes : à parler un langage nouveau, mais aussi à exprimer leur expérience de Dieu d'une manière que d'autres puissent saisir. C'est le défi de notre foi dans un monde distrait.

L'Esprit se révélera un acteur de premier plan pour les apôtres, comme on le voit dans les Actes, guidant leurs décisions et mouvements, façonnant avec eux l'Eglise. Comme le dit le théologien Congar, les deux mains du Christ sont l'Eglise et l'Esprit Saint! Mais cette découverte de la présence et de l'action de l'Esprit dans nos vies se fait souvent sous le mode de la relecture, un peu comme les disciples d'Emmaüs, alors que l'écoute de Dieu, au présent, fait place à l'« entente », a posteriori.

Finalement, c'est par ses fruits que l'on reconnaît la présence de l'Esprit, des fruits passés au creuset de l'épreuve, accueillis comme dons divins, mais espérés et préparés avec vigueur. «  Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité, maîtrise de soi  », voilà les signes, dans notre vie, que nous nous laissons bien conduire par l'Esprit.

Frères et Sours, en cette fête de la Pentecôte,

Dieu nous invite à vivre comme ses enfants, puisqu'il est notre Créateur et nous révèle notre identité profonde de fils et filles du Père et de frères et sours.

Dieu nous invite à vivre à l'image de Jésus Christ, qui est icône de Dieu et nous invite à sa suite.

Dieu nous invite à vivre, constamment renouvelés, sous la mouvance de l'Esprit Saint, Dieu présent en tous temps et tous lieux.

Frères et Sours, accueillons ce Dieu qui s'offre à nous habiter de son Souffle et nous invite à vivre de sa vie et à en rendre témoignage.

AMEN