Après mon retour définitif, deux miracles…
Pour clore ce communiqué, je veux dire quelques mots sur ce que j'ose appeler «deux miracles» ou deux voyages de rêve qui couronnent ma vie missionnaire : 1) Invitation à participer au jubilé d'or de notre paroisse chinoise «Mary the Queen», à Manille, le 30 mai 2004; 2) Une autre invitation pressante à participer à la onzième consécration épiscopale d'un prêtre de notre Séminaire pontifical de Dalat, le Père F-X. Le Van Hong, qui sera sacré évêque coadjuteur de Mgr Thé, archevêque de Hué, ancienne ville impériale du Vietnam, le 7 avril 2005.
A) Voyage à Manille : mai 2004
Le père Provincial du Québec, le P. Rodolphe Tremblay me permet aimablement d'assister au jubilé d'or de la paroisse chinoise. Occasion de revoir de nombreux confrères avec qui j'ai œuvré durant 28 ans dans ce grand pays chrétien des Philippines.
Arrivé à Manille le 29 mai, en la veille du Jubilé d'or, j'ai eu la joie de concélébrer avec le P. Georges-Étienne Beauregard, qui en fut le fondateur, dans la modeste ville de Pasig. Suivirent bientôt après la fondation du Collège Xavier School par le P. Jean Désautels, puis celle du Collège pour filles par les sœurs canadiennes de l'Immaculée-Conception. Entre ces deux institutions, on put ensuite acheter un terrain beaucoup plus vaste pour une église qui fut dédiée à Mary the Queen : une troisième paroisse chinoise dans la capitale. De nombreux missionnaires ayant dû quitter le continent chinois après la prise du pays par les rouges, en 1949, l'Église put alors exercer un apostolat chinois, avec une présence de plus d'un million de chinois aux Philippines. Bon nombre de chinois ont pu ainsi être évangélisés par les missionnaires venus de Chine.
Le lendemain, 30 mai, célébration du Jubilé d'or de notre paroisse Mary the Queen. Je concélèbre avec 17 prêtres, surtout jésuites, autour du nouveau Provincial, le P. Danny Huang. Foule immense à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église. Un testimonial dinner suivit la cérémonie pour honorer les nombreux Jésuites qui se sont dévoués au cours de ces 50 ans : curés et vicaires qui ont animé cette chrétienté dynamique et fervente par des mouvements divers et des œuvres caritatives, sociales, éducatives. Une équipe nourrie de laïcs appelés «ministres de l'eucharisite» apportent une aide liturgique précieuse. A leur demande, j'ai été heureux de faire mieux connaître les seize documents de Vatican II. J'ai aussi aidé des groupes de femmes dans le domaine des études bibliques. D'autres femmes m'aidaient dans mon aumônerie de l'Hôpital de Chong Hua : elles visitaient régulièrement les malades pour préparer la visite de l'aumônier. Baptêmes, confirmations et mariages étaient également bien préparés. Des avocats offrent gratuitement des consultations juridiques, tandis que des médecins ont des heures de consultation gratuite pour les malades. Nombreuses les personnes qui font du bénévolat.
Joyeux et rayonnant de fraternité fut ce repas qui groupait prêtres, religieux, religieuses et laïcs. Un Album de rare qualité artistique garde le souvenir de cet événement Au milieu des tristesses de la société québécoise où j'ai peine à me retrouver, j'ai connu des moments de réconfort. La semaine qui suivit a été remplie de joyeuses rencontres avec des groupes d'anciens paroissiens et d'amis de longue date.
Le jeudi 3 juin, un ami me conduit au nouvel aéroport de Manille pour un vol vers Cebu, deuxième ville des Philippines, premier diocèse du pays et mon premier poste de ministère en 1976. Nous y avons une grosse paroisse chinoise et un grand collège. Mon dernier poste en ce pays a été la paroisse du Sacré-Cœur et, les deux dernières années, la charge d'aumônier de l'Hôpital. J'y ai salué le frère Louis-Joseph Tremblay, responsable de la maintenance de la paroisse et des écoles. Le fondateur de la paroisse, le P. Arthur Baur, décédait à 92 ans, et j'ai pu concélébrer la messe des funérailles présidée par le cardinal Vidal, archevêque de Cebu. A la paroisse, je retrouve mon ancien curé philippin, le P. Ramon Mores, nouvellement nommé supérieur de la maison de retraites. Je suis heureux de rencontrer de nombreux anciens élèves demeurés de fidèles amis. Un de mes premiers élèves (1976), devenu avocat, se spécialise en technique de médiation et de réconciliation. Il s'efforce de rendre justice entre plaignants, tout en satisfaisant les opposants. Véritable apostolat dans un pays où la justice est souvent gagnée par les plus offrants. Ces dernières années, il a dirigé une équipe de juristes venus à Ottawa pour participer à des sessions de recherche en droit. J'ai été heureux de le revoir à cette occasion et de l'accompagner à Québec par un froid de loup. Depuis, l'Internet me permet d'échanger quelquefois avec lui.

Le 6 juin, j'assiste au déjeuner mensuel des deux organisations principales de la paroisse : l'Association des hommes et celle des dames auxiliaires.
Je ne puis oublier de mentionner, parmi mes fidèles amis, le Dr Alex Tan, dont j'ai déjà parlé : c'est lui qui, grâce à sa compétence et son dévouement, m'a guéri des sérieux vertiges dont j'avais eu à souffrir, à Cebu, en 2002.
Derniers adieux à Manille
Départ vers Montréal, jeudi le 10 juin. A 11h.15, je monte dans l'avion pour Taipei où j'arrive à 2 heures; puis je m'envole vers Los Angeles, où j'arrive après douze heures de vol. Je suis accueilli par quelques anciens élèves de Dalat. Nous apprenons que le pape vient de nommer un dixième prêtre de notre Séminaire de Dalat comme évêque de son diocèse natal, au Nord, Thanh Hoa, depuis 30 ans sans évêque. J'ai déjà parlé de lui. Durant 14 ans, il avait demandé en vain la permission d'être ordonné. Après l'avoir enfin obtenue du gouvernement, il fut envoyé en France pour un doctorat. A son retour, il fut choisi par le pape et approuvé par le gouvernement du Vietnam comme évêque. Mgr Pierre Nguyên Soan m'invite à joindre quelques anciens, laïcs venus assister à la consécration. J'arrive à Montréal à 21h.13. Mon provincial d'ici, à qui je transmets l'invitation reçue, préfère qu'après mon voyage à Manille, je me repose.

B) Voyage au Vietnam : avril 2005
L'année suivante, le nouveau Provincial, le P. Daniel Le Blond. reçoit pour moi une autre invitation pour l'ordination épiscopale d'un onzième de nos anciens élèves, le P. F.-X. Le Van Hong, qui vient d'être nommé coadjuteur de l'archevêque de Hué. Le P. Provincial est heureux de m'accorder cette permission qui fera la joie des 250 prêtres du Séminaire pontifical de Dalat, de nos 11 évêques et de nombreux anciens.
Pour faire bref, je me contenterai d'aligner dates et événements :
31 mars – Envol vers Los Angeles. Mes anciens élèves, avec grande générosité, se chargent de mes frais de voyage.
2 avril - On apprend le décès de Jean-Paul II. Je concélèbre une messe pour le pape.
3 avril – Envol pour Séoul. 13h. 30 de vol. A Séoul, nous visitons la cathédrale. On nous offre de magnifiques photos du pape décédé. Encore 4 heures de vol vers Saigon.
4 avril – Arrivée tard en soirée. Nous sommes accueillis par le Père Jos Pham-ba-Lâm, curé de Hoa-Hung.
5 avril – Dès 5 heures, messe solennelle à la cathédrale de Saigon par le cardinal J.-B. Pham Minh Mân, entouré de nombreux concélébrants. Tous portent un bandeau blanc au front. Dans l'après-midi, visite à Thu Duc, résidence des Jésuites : tous vietnamiens.
6 avril - Très tôt, on se rend à l'aéroport de Tân-So-Nhat. A Huê : nombreuses rencontres et première réunion de nombreux anciens de Dalat : 9 évêques, des prêtres et laïcs. En soirée, promenade en bateau sur le rivière des Parfums. Chacun dépose une petite lanterne allumée. Atmosphère poétique, romantique!
7 avril – Grand-messe d'ordination épiscopale, suivie de la photo-souvenir. Nos 10 anciens élèves de Dalat, évêques, entourant leur ancien directeur spirituel, le seul en soutane jésuite blanche, portée dans les pays d'Asie, sauf au Vietnam, où l'on porte la soutane noire. Fusent les mots d'esprit sur le «pape de transition»!
7 avril – Visite du sanctuaire national de Notre-Dame-de Lavang, en reconstruction. Visite aussi au cimetière de Hué, à la tombe du scolastique Michel Martin, s.j., tué accidentellement, alors qu'il rentrait après une nuit de veille auprès d'un de nos étudiants, non chrétien, qui avait tenté de se suicider. Visite aussi du monastère bénédictin de Huê.
8 avril – Avion pour Hanoi avec Mgr Ant. Vu Huy Chuong, évêque de Hung Hoa. Son Excellence nous invite à visiter son diocèse, le plus grand et le plus près de la Chine. D'abord Son Tây, Centre des Amantes de la Croix. Une congrégation très méritante dans tout le Vietnam dont la fondation à été inspirée par le P. Alexandre de Rhodes. Souper avec les sœurs qui m'appellent «grand-père!» Au mur, des poupées illustrent les costumes successifs de la communauté. Après le souper, Mgr nous fait conduire à Thanh Hoa, où un ancien de Dalat a été consacré évêque dans son pays d'origine, resté longtemps sans évêque. Nouvel évêque depuis l'an passé, Mgr Jos Nguyên-Chi-Linh, cet autre ancien de Dalat, avait dû attendre 14 ans, après ses études, la permission du gouvernement pour accéder au sacerdoce.
10 avril – Nous nous rendons à la grande église de Ba-lang, centre important du diocèse. Sur l'immense place de l'église : une foule très nombreuse, bandeau blanc au front, venue célébrer une messe des défunts pour le pape Jean-Paul II décédé. Visite à la cathédrale de Thang Hoa, où Mgr Linh m'offre une belle chasuble brodée.
11 avril - L'économe du diocèse nous conduit aux deux églises fameuses des deux diocèses voisins : Phat-Diêm, avec ses tours élégantes de style asiatique et ses cinq chapelles mariales. Puis, l'église de Bui-Chu, avec son musée des martyrs : 30 gisants y représentent ses martyrs du siècle dernier. Ces deux diocèses ont donné un nombre considérable de vocations au Vietnam.
11 avril – Nous faisons retour à la capitale Hanoi, avec son grand lac au cœur de la ville. En soirée, on nous offre des billets pour un spectacle de marionnettes sur l'eau. Beaucoup de créativité et d'habilité. A proximité de Hai Phong, nous visitons en bateau les fameux rochers et grottes, dans la baie de Ha Long, reconnus récemment par l'Unesco comme patrimoine naturel de l'humanité.
13 avril – Nous nous envolons ensuite vers les Hauts Plateaux du Centre : Pleiku, aéroport et Kontum, ville épiscopale de Mgr Michel Hoang Duc Oanh, un ancien de Dalat. Y habitent de nombreuses paroisses de tribus montagnardes, devenues catholiques. Son Excellence m'offre quelques beaux vêtements tissés, aux motifs très colorés. Un Musée construit par Mgr Oanh conserve de beaux spécimens de la culture de ces minorités.
15 avril - Nous nous envolons vers Saigon, ancienne capitale du pays, au temps de l'Indochine française. Le P. Lam nous loge dans sa belle paroisse de Hoa-Hung.
16 avril – Le curé nous amène vers les diocèses du sud : d'abord à Mytho, pour saluer le P. Antoine Vu-Si-Hoang, prêtre de la première année de notre Séminaire; puis, vers Vinh-Long, où l'évêque est un ancien de Dalat : Mgr Thomas Tan.
17 avril – Messe spéciale, en plein air, pour les vocations. Foule nombreuse. Après la messe, on me demande de dire quelques mots de circonstances : les mots viennent du cœur, mais les accents sont parfois douteux.
18 avril – Mgr Stéphane Tri-Buu-Thiên, évêque de Can-Tho, nous conduit à son nouveau diocèse pour y visiter son grand séminaire où enseignent plusieurs prêtres, anciens de Dalat.
18 avril – Retournons à Saigon avec le P. Lam. L'évêque de Dalat., Mgr Nhon, avait prévu que je puisse me reposer un peu dans cette belle ville, avec ses cinq lacs et ses chutes nombreuses. Il nous amène visiter quelques belles églises montagnardes. Cette région est riche en plantations de thé et de café.
En route, nous apprenons, par radio, qu'après seulement deux jours de conclave, le cardinal Joseph Ratzinger, longtemps bras droit de Jean-Paul II, est élu sous le nom de Benoît XVI. Nous arrivons au grand Séminaire trappiste de Chau-Son, où nous récitons l'office du midi avec les moines, avant de partager le dîner de fête qu'ils nous ont préparé. Quelques-uns des moines du monastère avaient étudié à notre Séminaire pontifical.
Retour à Dalat pour rencontrer bon nombre d'anciens du Séminaire; prêtres ou laïcs. Puis, messe d'action de grâces pour le nouveau pape. Avec eux nous récitons les Complies, spécialement pour les jésuites décédés, et aussi pour ceux de la nouvelle génération.
20 avril – Visite du jardin de notre Séminaire, où deux tombes sont souvent décorées de fleurs : celle du P. Antoine Drexel, autrichien, et celle du P. Jean Motte, français. Malheureusement notre beau Séminaire a été utilisé comme université d'État. Mgr préfère que nous n'entrions pas. 14 000 étudiants sont inscrits : ce qui laisse entendre que le gouvernement n'est pas prêt à remettre ce grand bâtiment à la Conférence épiscopale, qui en avait fait plusieurs fois la demande, et obtenu la promesse…Le Domaine de Marie, belle chapelle possédée par les Filles de la Charité, n'a pu garder qu'une petite partie de la propriété. De même, le couvent des Oiseaux, éducatrices françaises qui avaient formé nombre de jeunes filles (dont la fille du dernier empereur Bao-Dai), et devenu centre gouvernemental pour examens de conduite automobile.
21 avril - On visite ensuite une grande pagode, récemment rénovée : Phat Dai Van Hanh. En soirée, nous sommes invités à une soirée montagnarde, près du Mont Lambiang, sommet des environs, avec ses deux pointes. Selon l'usage, il nous faut d'abord boire l'alcool de riz à la grande jarre, où des herbes multiples ont fermenté depuis des semaines. Mgr est comme le grand-père de toutes ces gens, jeunes et vieux. Quelle magnifique synthèse de culture et de foi! En costumes traditionnels, danses et chansons nous font passer une agréable soirée.
23 avril - Après nos chaleureux mercis à Mgr Nhon, nous nous envolons vers Saigon. Avant le souper, grande réunion de nos anciens élèves : prêtres et laïcs. Une quarantaine sont venus nous faire leurs adieux. La grande famille de Dalat, dispersée, reste cependant très unie et pleine de reconnaissance pour ses formateurs : de 1958 à 1975. Envol vers Seoul que nous quitterons pour un vol de 12h.30 d'un long voyage vers Los Angeles. Nous remercions chaleureusement nos cinq anges gardiens (3 anciens, laïcs, dont deux accompagnés de leur épouse) qui ont veillé sur nous durant ce beau mois ensoleillé au Vietnam, sans aucun incident fâcheux.
Conclusion
Trente ans après l'expulsion des missionnaires étrangers en 1975, ce mois passé au Vietnam nous permet de résumer la situation actuelle du pays.
Point de vue économique et social
Dans les villes, tout le monde peut se trouver du travail. Même si les salaires sont très bas, un permis du gouvernement permet à quiconque le désire, d'avoir une table ou un établi pour exposer ses produits, parfois achetés moins chers dans un coin de la ville, et les revendre ailleurs avec un petit profit. On trouve, près des villes, des compagnies, même étrangères. Les routes sont bien asphaltées, mais encombrées, dans les villes, par bicyclettes et mobylettes. Les voitures automobiles sont encore peu nombreuses et accessibles seulement aux officiels du gouvernement et aux nouveaux riches. Bon nombre de maisons sont en construction dans les villes, étroites, mais avec deux ou trois étages. Les nombreux buildings gouvernementaux sont souvent d'anciens immeubles saisis par le nouveau régime (écoles et collèges catholiques, hôpitaux ou œuvres sociales, séminaires, maisons de formation religieuse). Rares sont les institutions partiellement remises au cours des dernières années. L'électrification se développe dans les campagnes.
Point de vue politique
Ces dernières années, on note qu'il y a moins de harassement par la police ou les cadres. Les policiers sont rarement vus en uniformes, mais on m'a affirmé qu'ils sont encore très nombreux sans uniforme. Par suite, il faut faire preuve de prudence dans les lieux publics. Les médias sont contrôlés, et la liberté d'expression ou de presse reste fort limitée. L'État est tout-puissant, avec un Parti unique. Aucune élection vraiment libre. Les cadres sont les grands privilégiés du régime. De riches et grandes demeures, avec de puissantes voitures, révèlent partout leur présence et leur train de vie fastueux. Dès lors, pas étonnant que soient souvent dénoncés des cas de corruption, que le gouvernement s'efforce de condamner. Parfois éclatent de grands scandales. Dans les campagnes, le peuple vit encore très pauvrement. Mais, dans les villes, s'ouvrent partout des centres commerciaux, pour favoriser la surconsommation et la dépense par ceux qui réussissent à accumuler des revenus. La valeur de l'argent est assez stable. Un dollar américain vaut environ 15 000 piastres vietnamiennes. La vie est moins chère que jadis. Un bol de soupe tonkinoise, excellente, avec nouilles et morceaux de poulet ou de bœuf, peut coûter 12 000 piastres. Le prix de base des taxis est de 10 000 piastres.
Liberté religieuse
Le progrès est sensible, même si les contrôles existent toujours, et des permissions multiples souvent exigées. Les grandes institutions catholiques sont encore aux mains de l'État, même si les églises, en général, sont ouvertes au culte, comme les pagodes bouddhiques, mais soumises à des contrôles incessants. Les séminaires et maisons de formation religieuse se voient encore très limités dans le recrutement des candidats. Beaucoup ne peuvent admettre que dix candidats, et à chaque deux ans seulement. Il est difficile de restaurer des églises ou d'en construire de nouvelles. Partout, les foules sont priantes et ferventes. Les relations entre évêques et autorités locales se sont notablement améliorées et on sent une meilleure compréhension réciproque. Au moment de ma visite, de grandes banderoles apparaissaient un peu partout pour célébrer le trentième anniversaire de la libération de 1975 : occasion de rappeler la propagande du régime communiste. De temps en temps, des promoteurs de la démocratie ou des critiques du régime rouge sont accusés ou emprisonnés comme ennemis de l'État. Mais les familles chrétiennes sont fidèles à transmettre la foi à leurs enfants, aidées en cela par des laïcs bien formés. Les vocations sont nombreuses un peu partout, mais délibérément très discrètes.
A la fin de ce voyage extraordinaire de 2005, après avoir été témoin de tant d'œuvres magnifiques accomplies par nos anciens de Dalat (évêques, prêtres et laïcs), malgré les souffrances qui les accompagnent, le vers de Malherbe me revient en mémoire : «Mais les fruits ont passé la promesse des fleurs». C'est à ces nombreux fils spirituels rencontrés récemment au Vietnam que s'adressent mes remerciements les plus sincères, les plus profonds pour leur hospitalité si généreuse et si chaleureuse. Mes prières leur sont assurées.
Montréal, le 31 juillet 2008