HOMMAGE À MES EDUCATEURS(TRICES) qui "se sont inscrits dans mon devenir" !
La MARCHE AU CATECHISME: c'était à l'Asile de la Providence, Maison Mère des Srs de la Providence, rue Fullum, qui nous ont très bien préparés à la Première Communion et à la Confirmation, reçue de S.E.Msgr FORBES, archevêque d'Ottawa, le 21 avril 1926, Eglise St-Vincent-de-Paul.
LE COURS ELEMENTAIRE: chez les mêmes Religieuses, au Jardin de l'Enfance du Mile-End, voisin de l'Eglise du
St-Enfant-Jésus: institution reconnue pour préparer en 5 ans les élevés destinés au Cours Classique. Selon l'opinion assez répandue alors, nos parents choisirent pour leurs 2 filles Marguerite et Pauline, et leurs 3 garçons; Gérard, Paul et René, le Pensionnat, considéré comme la meilleure manière d'éducation complète: messe quotidienne, 3 repas et goûter, étude complémentaire avant dîner et "étude sacrée" de 5 à 6h30, et après récréation du soir, étude de 8-9. Et grands avantages de nombreuses activités parascolaires et sports. Mes sœurs: Pensionnat C.N.D. de la Pointe-aux-Trembles ou nous avions notre Villa DES LIERRES pour l'été, puis l'Ecole Normale C.N.D. Les garçons: au Jardin d'Enfance du Mile-End, puis Collège Sainte-Marie et Jean-de-Brébeuf qui lui succéda! Mais ne nous plaignez pas : chaque Dimanche, nos parents faisaient le tour des enfants, en leur apportant a chacun(e) un gros sac de gâteries pour la semaine: fruits, friandises, gâteaux et même un pot de beurre d'arachides ou de confitures "home-made", pour enrichir les brioches officielles! Une fois le mois, congé pour moi; je pouvais les accompagner pour la tournée et revoir frères et soeurs. Toute là parenté savait que nos parents n'acceptaient jamais de réception les dimanches de l'année scolaire: ils étalent occupés avec les enfants. Rappelons aussi qu'alors, on avait une semaine a la Toussaint, deux au temps de Noël, et une à Pâques, congés pour nous réjouir en famille!
Au Mile-End, j'ai beaucoup apprécié le dévouement maternel et la compétence éducative des Srs de la Providence: on arrivait a maîtriser spécialement l'analyse grammaticale et logique, l'orthographe, le Catéchisme, l'Histoire du Canada, le bon parler français et la diction; les Fables de La Fontaine, souvent mémorisées et même chantées, nous enseignaient joyeusement la morale et l'humanisme à travers ces bijoux toujours valables; aussi le chant, la gymnastique, un peu de Théâtre. Elocution et gymnastique étaient enseignés par des hommes, pour ajouter du masculin à notre formation qui aurait pu être trop maternelle! Trop petit, il me fallait monter sur une chaise pour chanter des solos! Ainsi, après un Primaire très soigné, nous arrivions au Classique pour nous classer parmi les premiers!
LE COURS CLASSIQUE; Automne 1932, j'arrivais au Collège Jean-de-Brébeuf nouvellement bâti pour remplacer le Ste-Marie; mon grand frère Gérard en arrivait pour sa 2e année de Philo, et j'entrais en Eléments-Latins. Je garde de mes 6 ans à Brébeuf d'excellents souvenirs et aucun désagréable! Mes professeurs titulaires, des hommes éminents : Eléments Latins: P. Chs Richart, un Français très original et jovial, pédagogue expérimenté pour nous faire apprendre déclinaisons et conjugaisons latines habilement, rangés debout en concertations bruyantes! En Syntaxe : un laïc, M. Fouquet, sévère mais compétent pour nous initier au Grec.
Méthode: un père belge, P. Henri Schelpe, venu de St-Boniface ou il enseignait la Philo, pour "boucher le trou": ll s'était porte volontaire pour cette classe difficile: un gentleman, et très cultivé : on n'a pu oublier ses conférences du samedi après-midi! Nous étions 40, mais aucun problème de discipline. Avons passé une très belle année! En Versification, le P. J.-R. Tremblay, homme très timide et moins dynamique mais très dévoué pour chacun de ses élevés. Il était aussi le Bibliothécaire du Collège
En Belles-Lettres, nous avons eu un magnifique professeur de Littérature: P, Robert Bernier: malgré le nombre d'étudiants, 50, aucun problème de discipline: nous l'estimions tous au plus haut point. Il nous a fait rencontrer les grands auteurs comme de vrais amis, poètes ou romanciers. Comme j'aimais la lecture mieux que les sports, j'y trouvais une manne abondante pour compléter les cours : après les classiques comme Pascal, les romantiques comme Alfred De Vigny, Musset, Hugo, Flaubert et les auteurs surtout du Renouveau Catholique de notre siècle îles poètes comme Charles Péguy, Marie-Noël, Francis Jammes, Paul Claudel, et les autres grands : Jacques et Raïssa Maritain, Georges Bernanos, François Mauriac. P. Bernier ne perdait jamais une minute en classe et sa personnalité remarquable nous a tous profondément marqués; En Rhétorique, P. Albert Brossard, enthousiaste et éloquent, savait nous faire apprécier les orateurs de l'antiquité comme Démosthène et Cicéron, et les prédicateurs classiques de France : Bossuet, Bourdaloue, jusqu'à Lacordaire et des orateurs Québécois comme Papineau, Henri Bourassa, et des prédicateurs de Notre-Dame comme P. Paul Doncoeur et P. Pinard de la Boullaye! Autres profs de matières secondaires qui nous ont beaucoup donné : P. Lucien Sauvé, helléniste raffiné mais trop doux pour notre gros groupe! Sciences naturelles: Bernard Taché, Gabriel Des jardins; Physique: P. Buist; P. Gaudette qui nous initia à la Photographie; En Récréation, P.Lucien Thibodeau, qui fut longtemps le lien entre les Anciens et Brébeuf; le P. Ernest Lamoureux, qui devint missionnaire en Chine. J'ai beaucoup reçu des Activités para-scolaires à Brébeuf : Congrégation Mariale, J.E.C., Ligue Missionnaire des Etudiants, Conférence St-Vincent-de-Paul du P. Maurice Lamarche, qui nous a ouverts au monde des pauvres, et dirigeait aussi brillamment la Chorale et enseignait la Philo.
Le SCOUTISME m'a beaucoup marqué, avec sa psychologie virile et ou je découvris d'excellents amis pour la vie : Guy Viau, avec qui je faisais les stencils pour notre petite revue scoute: L'Escoute: un artiste et un humaniste, qui deviendra aussi Conservateur au Musée Provincial de Québec puis d'Ottawa, avant de devenir une personnalité éminente du monde des Arts et de la Télévision. Aussi les frères Lamarre : Léo, futur médecin spécialiste des poumons, et Marc, devenu Juge: 2 grands sportifs! Les frères Laramée : Jacques devenu prêtre et monseigneur îles Docteurs François et Bernard, renommés; ils avaient eu 4 frères jésuites, dont le P. Jean, recteur à Brébeuf, et qui vient de décéder centenaire! Mais c'est surtout le camp scout, chaque été, 3 semaines, au Lac Memphrémagog, ou les Bénédictins nous prêtaient un coin de plage pour notre camp! Aumôniers remarquables : Paul Benoît, discret et humaniste raffiné, Oscar Bélanger, recteur mais donnant un bon coup de main a notre troupe; il fut aussi mon conseiller spirituel qui a soutenu ma vocation jésuite. Le dernier été, j'ai participé avec 9 Scouts-Routiers à une Route pour découvrir les beautés du Québec : longue marche de Beaupré à Tadoussac, et de Troîs-Pistoles à Ste-Anne-de-la-Pocatiere! Ces amitiés de Collège m'ont bien aidé : signalons-en quelques unes : D'abord, des amis que j'avais connus au temps du Mile-End : Gilles Lamontagne, devenu plus tard Maire de Québec et Lieutenant Gouverneur de la Province ; Pierre Laporte, devenu Ministre de la Justice à Québec, et tragiquement assassiné, au temps du FLQ; Roger Langlois, qui devint Directeur de Polytechnique. Rappelons quelques amis de Brébeuf : Denis Noiseux, scientiste, qui m'a aidé a aimer la nature, nous faisons quelques, incursions sur la montagne, découvrant métaux et fossiles; il avait même découvert une plante inconnue, à Sorel! Un ami, Léon Lebel, qui avait 2 ou 3 frères au Collège, et devint missionnaire à la Martinique; quelques confrères du Conventum 38: Le président Maître Jean De Grandpré; le vice-président Pierre Elliott Trudeau devait devenir Premier Ministre du Canada, et qui m'a visité au Vietnam comme en Chine, voyages privés dans sa jeunesse; mon ami Guy Viau était le secrétaire et moi le trésorier, malgré mon allergie aux chiffres! Et bien d'autres. Stanley Knox et André Gérin-Lajoie, mes compagnons de Tennis, le premier fut médecin et le second, devint aussi jésuite !
Outre le goût des Littératures, j'ai appris a développer le goût de la Musique classique et du Chant : déjà, enfant, avant d'aller me coucher, je n'acceptais qu'après avoir entendu un disque: mes parents étaient amateurs d'opéras et de musique classique: aussi ils revenaient à la maison avec de beaux disques : rappelons-nous qu'il n'y avait pas encore de télévision, même la radio était a ses débuts: seul trônait au salon le gros orthophonique (ou gramophone) pour nous divertir. Et a la maison, comme en voyage en auto, on chantait beaucoup en famille! C'était avant les Albums de l'Abbé Gadbois: LA BONNE CHANSON, et mon frère Gérard avait appris le violon, et mes 2 soeurs, le piano (nous avions un beau piano a queue) en notre résidence rue Hartland: on ne s'ennuyait pas! A Brébeuf, je n'ai jamais manqué aucun des Concerts Symphoniques qui se donnaient à la Salle du Plateau, où nous nous rendions à pied, un groupe d'étudiants, accompagnés du Père R. Bernier ou d'un autre Père! J'ai aussi aimé à suivre le cours spécial en Histoire de l'Art, donné par un maître, Maurice Gagnon, précieuse initiation qui m'a permis de belles heures durant ma vie, même en Missions! Au Collège, on avait souvent des pièces de Théâtre: j'ai joué quelques fois dans des pièces d'Henri Ghéon, ou du Molière!
Je peux affirmer que mes années au Mile-End et au Collège Jean-de-Brébeuf, furent pour moi de très belles et heureuses années, grâce aux maîtres jésuites qui se dévouaient à nous former a la vie dans la joie, avec compétence, dans la tradition du fameux RATIO STUDIORUM de la Compagnie de Jésus : Aucune ombre au tableau! Tous furent des transmetteurs fidèles des valeurs chrétiennes et humanistes, disciples de Jésus, formateur de ses Apôtres et donnant sa vie chaque jour comme preuve de son Amour l DEO GRATIAS!
