Paul Deslierres, S.J.

UNE VOCATION JESUITE ET MISSIONNAIRE, éclose et mûrie dans une FAMILLE FERVENTE, AIMANTE ET HEUREUSE!

Plus on avance en âge, plus on découvre tout ce qu'on doit à sa famille, à ses éducateurs et à ses amitiés de jeunesse !

Aussi ce second message veut vous faire partager ma profonde gratitude envers les miens, et remercier le Seigneur "de qui tout don de valeur et tout cadeau parfait descendent d'en haut, du Père des lumières" (Lettre de St Jacques, 1,17). Et pardonnez-moi d'avance de trop de détails...c'est le Psalmiste (Ps 102,2) qui n'y invite au Bréviaire:"Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits!"

Le jour même de ma naissance, 15 janvier 1920, le médecin de famille Dr Roux, déclare à mes parents : "cet enfant est trop fragile et non-viable, faites-le baptiser aujourd'hui même." Ceci fait, église St-Vincent-de-Paul, la plus jeune soeur de ma mère, tante Germaine, suggère d'aller voir le Frère André à l'Oratoire St-Joseph, à qui l'on attribuait bien des "miracles". Le bon Frère André dit alors à ma famille: "Priez Saint Joseph dans la crypte: cet enfant vivra sûrement!" Et cet enfant a maintenant 86 ans depuis le 15 janvier 2006! DEO GRATIAS!

Voici ma famille: suis le 5ème de 7 enfants d'ULRIC DESLIERRES, de St-Bruno de Chambly, et de ZODIA SEGUIN, de Vaudreuil, mariés en 1911: les autres enfants : GERARD, décédé a 6 jours; GERARD-Donat, qui fut comptable agréé, maria Pauline Côté dont il eut 6 enfant : Madeleine. Jean, Thérèse, Marie, Lucie et Jacques, qui mourut jeune; les autres, mariés, professeurs spécialisés. Puis vinrent MARGUERITE, qui devint religieuse de la congrégation de Notre-Dame, qui enseigna musique et chant toute sa vie, et reste encore, à 90 ans, l'organiste et directrice du chant au Couvent de Dorval. Suivit PAULINE, devenue religieuse Augustine de l'Hôtel-Dieu de Québec, décédée en 2000. Décédés aussi : Maman, en 1964, Papa, en 1979, Gérard, en 1989. Alors que j'avais 3 ans, je perdis une petite soeur de 6 mois, THERESE. Puis vint le cadet, RENE, époux de Renée Lalonde, il décéda en 2002, à 74. Ils eurent un garçon et une fille: Michel et Paule. Etait Officier d'Air Force.

LA FAMILLE DE MON PÈRE: L'ancêtre RENE DESLIERRES, arriva de Bretagne, LA TRINITE DES MONTS, ville de LE MANS, à 211 kms de Paris, en 1717 et s'installa à Montréal, et maria Emérance Godard. La deuxième génération se fixa sur la Rive Sud: Longueuil, Boucherville, Chambly; enfin St-Bruno. D'une famille de 7, ULRIC était le cadet, fils de DAMSE et de MELINA VINCELETTE. Il mourut en 1912, mais j'ai bien connu ma grand-mère, une belle vieille, toujours souriante, qui aimait bien quand Papa allait la prendre en auto pour l'amener passer la journée en notre belle VILLA DES LIERRES, à Pointe-aux-Trembles. Elle mourut quand j'avais 5 ans. Selon la tradition au Québec, la terre ancestrale passa à l'aîné, WILFRID dit Bidoux, marié à Georgianna Boissy, n'eut que 2 enfants. J'ai bien connu les autres frères et sœurs de Papa: 4 garçons et 3 filles.

MEDERIC, menuisier: un pionnier alors de la motocyclette! EPHREN, maréchal-ferrant qui choisit ensuite le métier de boulanger: il excellait en ce métier, et nous aimions bien ses pains chauds, bien beurrés! Tante Marie-

Louise Lamarre, tenait le bureau de Poste de St-Bruno. Ils eurent un fils, Philippe, que je trouvais très drôle, et une fille : Marguerite, qui devint religieuse cloîtrée, du Bon-Pasteur d'Angers; le jour de ses 1ers Voeux, elle reçut l'obédience du JAPON: elle partit 3 jours après : Elle y oeuvra 38 ans, ou je pus la visiter, lors d'un congé, chaque 5 ans. Elle fut toujours ma plus fidèle correspondante; revenue au Québec, je la visite à leur Monastère de Pierrefonds, elle porte bien ses 95 ans! (Dans la famille, pour distinguer de ma soeur MARGUERITE C.N.D., nous l'appelons toujours: Marguerite du JAPON!) J'ai aussi bien connu les 3 sœurs de Papa: tante CLERINDA, épouse d'Arthur Thomas, vécut à Montréal, et eut 2 fils: Lucien et Adrien, et 4 filles: Marie-Reine, épouse de Delphis Pelletier dont elle eut un fils devenu prêtre, MARCEL PELLETIER qui fut Cure de St-Damase, de Ste-Geneviève, etc. et une fille Pierrette, dont j'ai célébré les funérailles en mars 06. Les 3 filles: Berthe, Blanche et Flore travaillèrent longtemps dans une manufacture de chaussures, pour aider leur mère, veuve, qui mourut en 1942. Maman était très amie de tante Clerinda, et avec mon père, aimait bien prendre une bonne soirée de cartes et apprécier ses petits plats. Une autre soeur de mon père, ALEXANDRINE, mariée à Napoléon Guay, policier de Montréal, eut un fils Roland, commis-voyageur chez un marchand de gros, Greenshield, ou se pourvoyait le commerce de Papa; Roland aimait bien jouer du piano par oreille et nous éblouissait! Il maria Carmen Voyer dont il eut 4 enfants. Tante Alexandrine eut deux filles, devenues religieuses des SS.NN. de Jésus et Marie. Leurs parents ont décédés le même été, de cancer, et mes parents étant parrain et marraine de la plus jeune Georgette qui n'avait que 10 ans, ils l'adoptèrent et elle devint comme une petite soeur; ses études achevées, elle rejoignit Gabrielle au Couvent. Âgée de 91 ans maintenant, je la visite de temps en temps à leur Infirmerie de Longueuil. Une autre soeur de Papa, ROSE-ANNA, maria un épicier de St-Bruno, Arthur Cadieux, qui avait un large terrain de base-ball, fort achalandé l'après-midi chaque dimanche! Ils eurent une famille de 16 enfants, dont seulement 2 filles; Germaine et Yvette. Oncle Arthur et tante Rose-Anna étaient mes parrain et maraine. Cette tante était la plus joviale personne que j'aie connue: très tôt le matin, elle faisait chanter ses serins, sans doute aussi pour faire lever a temps ses grands garçons qui étaient fleuristes aux grandes Serres de St-Bruno; BRUNO, neveu de Papa, qui hérita de la terre ancestrale, maria Emma Ricard, de St-Urbain: ils eurent une famille de 11 garçons et 2 filles. Dans mon enfance, nous les visitions souvent: la maison grouillait de petits, et Maman ne manquait jamais de leur apporter plusieurs mains de bananes dont ils raffolaient; en ces temps-là, c'était un fruit plutôt dispendieux qu'ils n'auraient pas eu occasion de manger souvent !

L'arbre Généalogique nous apprend qu'à la 2e génération, vers 1750, deux ancêtres furent gratifiés du surnom DESLIERRES-dit-BONVOULOIR. Je peux l'appliquer à mon Papa, homme plus silencieux que bavard, doux et empressé à rendre service (que de Soeurs il a transportées dans sa Buick!), il mérite aussi ce titre qui le décrit bien. Une des leçons qu'il me donna et jamais oubliée ; "II ne faut jamais mépriser quelqu'un à cause de sa pauvreté ou de sa couleur, ou de son métier : chacun a toujours des qualités et talents : fermier, docteur, plombier, coiffeur ou prêtre! qui dépassent les nôtres, et dont nous avons besoin!" OPTIME!

LA FAMILLE DE MA MÈRE: ZODIA SEGUIN, d'une grande famille de VAUDREUIL: je n'ai pas connu mon grand-père DIEUDONNE, mort avant ma naissance, mais ma grand-mère MELANIE SAUVE nous était très proche, habitant Montréal : elle ne manquait jamais sa Messe de 5 hres du matin à l'église St-Jacques, hiver comme été. Elle nous choyait et gardait toujours des gâteries pour nous: biscuits au chocolat, petits poissons à saveur de cannelle, arachides en écailles. Toujours en robe longue noire avec blouse à pois, et cheveux lissés en toque. Nous fréquentions souvent les frères et soeurs de Maman : Tante ALBERTINE aux verres très épais, sans doute pour avoir brodé tant de belles nappes au "richelieu", elle était la bonté même, toujours un bon mot sur chacun ou chacune; je la regardais comme "la sainte" de la famille! ONCLE DONAT, concierge d'une grande école, marié à tante ALICE, dévouée à promouvoir le vote des femmes; leurs enfants, Raymond, de mon âge et grand ami, Jacqueline et Gilles. ONCLE MINI (c'est plus tard que j'appris son vrai nom : Herménégilde!) Un excellent chrétien, membre actif de la Société de St-Vincent-de-Paul, pour aider les pauvres, jusqu'à sa mort. Le samedi, il venait donner un coup de main à notre magasin... et courtiser une des serveuses, Jeanne, qui devint bientôt tante Jeanne-à-MINI, car une autre soeur de Maman était Jeanne-à-BENNY, à la grosse pipe en discourant de politique! Enfants de Mini : Thérèse et André, de mon âge, et ceux de Benny : Denise, Philippe, Jean-Paul, Solanges. Une autre soeur de Maman, tante MARIANNE, Mariée à GUY HAMELIN, qui devint Gérant de la Commission des Liqueurs à la Pointe-aux-Trembles, où nous avions notre Villa, avec un terrain pour le Jeu de Croquet, bien éclairé en soirée: oncle Guy était le seul qui pouvait battre mon père à ce sport alors à la mode! Cet oncle, pince-sans-rire, avait écrit à sa fiancée Marianne qui lui reprochait son écriture : "Comment veux-tu que ma main soit sûre, quand mon coeur trembler!" Parmi leurs six enfants: Claire, Madeleine, Jacques, Denis, Anne-Marie, JEAN était mon meilleur ami, artiste du bois: il avait souffert de polyo et marchait avec une prothèse. Enfin, la soeur cadette de Maman, GERMINE, qui avait étudié plus longtemps, était secrétaire au Canadien National (c'est elle qui, à ma naissance, avait proposé de m'amener à l'Oratoire pour me montrer au Frère André), maria un ingénieur Maurice GIROUX; ils eurent 2 fils et une fille, Pierre, Michel et Micheline, qui étaient jumeau et jumelle. Michel devint prêtre diocésain.

EN CONCLUSION: A la maison, nous avions un beau cadre écrit en belles lettres gothiques, avec ces mots qui sont un vrai portrait de Maman: "LE BONHEUR CONSISTE A FAIRE DES HEUREUX. "  Personne ne venait nous visiter sans repartir les mains pleines: pièces de lingerie de notre magasin, ou fruits de notre Villa, ou pots de confitures! Elle trouvait aussi le temps d'être bénévole très fidèle chaque Lundi, à l'Ouvroir Missionnaire des Soeurs Franciscaines de Marie, rue Laurier, et elle apportait à la maison de quoi continuer son travail: je ne sais combien de kilomètres de "ceingulons" elle a tricotés dans sa vie, qui furent envoyés aux églises des lointains pays de Missions ; Elle vivait vraiment ce qu'avait écrit la Petite Thérèse de l'Enfant Jésus, canonisée en 1925 et proclamée en 1930 (j'avais 10 ans!) PATRONNE DES MISSIONS, à l'égal de Saint François-Xavier, par le grand Pape Pie XI, surnommé le Pape des Missions:

" AIMER, C'EST DONNER, C'EST SE DONNER "!


11 avril 2006

 

Gérard, Marguerite, Pauline, Paul
1345 Lafontaine, 1923

 

à Brébeuf, 1932

1982

 


1946